La Syrie n’est pas un enjeu pour les Occidentaux.

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    la guerre civile qui sévit actuellement en Syrie a de nombreuses raisons d’inquiéter les chancelleries occidentales. Les dernières nouvelles montrent à la fois une recrudescence des combats à proximité de la capitale, mais aussi une violence accrue de la répression menée par l’armée de Bachar el Assad. Certes on fait état de nombreuses défections au sein des forces syriennes, mais selon les informations des dernières heures, et qui ont été confirmées par le chef d’état-major israélien, Benny Gantz, la Russie procède depuis plusieurs semaines à des livraisons massives d’armes sophistiqués.

    Le porte-avions Amiral Kouznetzov faisant escale en ce moment à Tarsus en Turquie doit se rendre à proximité des côtes syriennes pour y déposer du matériel de combat. Alors que l’axe Iran, Syrie, et Hezbollah au Liban semble s’affaiblir de jour en jour, les russes viennent au secours de leur dernier allié dans la région, le régime dictatorial alaouite de Bachar el Assad. Pourquoi ce soutien massif à un tyran sanguinaire que personne ne regrettera, même si vraisemblablement, il risque d’être remplacé par un régime islamiste, comme dans les autres pays arabes de la Méditerranée?

    Quelle est la stratégie de Moscou qui a d’ores et déjà annoncé qu’il mettrait son véto au Conseil de sécurité, si celui-ci adoptait la résolution proposée par la Ligue arabe d’exiger la démission d’Assad d’ici deux mois? Nul n’ignore que ce départ révélerait, entre autres, la complicité de Moscou dans les projets nucléaires syriens, annihilés par l’attaque israélienne en septembre 2007.

    La Russie veut garder une influence au Proche-Orient, c’est compréhensible sur le plan géopolitique, mais est-elle en mesure de contrôler Assad qui, on le sait, a déjà massacré près de 5000 de ses concitoyens et a menacé d’embraser la région si son pouvoir était menacé.

    Pour ceux qui n’auraient pas compris, cela signifie en clair que le seul moyen pour Assad acculé à la démission de ne pas perdre le pouvoir est d’attaquer Israël et d’entrainer d’autres partenaires dans cette aventure. Les observateurs sont partagés dans leurs estimations sur la volonté et la détermination de Bachar el Assad de défendre coûte que coûte son régime.

    Son père n’avait pas hésité à massacré des dizaines de milliers de sunnites ou de kurdes pour briser l’opposition car il est évident que la perte du pouvoir entrainerait un massacre des alaouites ou au mieux un exode forcé de cette minorité, qui ne représente que 15% de la population mais tient le pays d’une main de fer depuis plusieurs décennies.

    La mollesse et la complaisance des pays occidentaux à l’égard de la Syrie sont telles que la plupart des commentateurs pensent que Bachar el Assad va tout simplement plier bagage sous les faibles pressions et nous expliquent que c’est compliqué là-bas, on ne peut pas intervenir comme en Lybie. Bah oui c’est vrai il n’y a pas de pétrole en Syrie.

    Et les savons d’Alep ce n’est pas un enjeu stratégique alors ???

    Chronique du 2 février 2012

    Tet Be Chevat 5772

    Michael Bar-Zvi

    michaelbarzvi@gmail.com

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