La Grèce et le Portugal affolent les marchés LEMONDE.FR

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es Bourses d’Asie plongeaient à leur tour, mercredi 28 avril, gagnées par les craintes de propagation de la crise grecque à d’autres pays, mais l’euro se redressait quelque peu face au dollar après des déclarations rassurantes du président de la Banque centrale européenne (BCE). A la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei perdait 2,47 % à la mi-séance, tandis qu’à Hong Kong l’indice Hang Seng lâchait 1,53 % dans le courant de la matinée. Vers 4 h 25 heure française, Sydney cédait 1,39 %, Séoul 1,25 %, Singapour 1,23 %, Taipei 1,19 %. A Shanghaï, l’indice composite ne reculait que de 0,15 %.

Ces pertes étaient plus modérées que celles de la plupart des Bourses européennes la veille. Mardi, Paris avait dégringolé de 3,82 %, Londres de 2,61 %, Francfort de 2,73 %, Milan de 3,28 %, Bruxelles de 3,34 %. A New York, l’indice Dow Jones avait abandonné 1,90 %. Selon Koon Goh, économiste chez ANZ Bank à Wellington, “les nouvelles dégradations de la note de la Grèce n’étaient qu’une simple question de temps, mais l’action agressive de Standard & Poor’s a pris les marchés par surprise”.

“Les projecteurs vont maintenant davantage se tourner vers d’autres pays lourdement endettés de la zone euro, et les investisseurs vont probablement exiger des primes de risque plus élevées pour acheter des obligations d’Etat”, a-t-il prédit.

Outre la Grèce et le Portugal, l’Espagne et l’Irlande sont considérés comme les pays les plus risqués de la zone euro. Ce groupe d’Etats est parfois désigné en anglais par l’acronyme peu flatteur de “PIGS” (“cochons”, Portugal, Ireland, Greece, Spain). Les Bourses de Madrid et de Lisbonne ont chuté respectivement de 4,19 % et 5,36 %, dans le sillage de la Bourse d’Athènes, qui avait perdu près de 6 %, sa plus forte baisse depuis octobre. L’Irlande, également dans l’œil du cyclone à cause de la taille de son déficit, a vu son indice se replier de 3,70 %.

Tombé mardi sous la barre de 1,32 dollar pour la première fois depuis fin avril 2009, l’euro se redressait légèrement mercredi matin en Asie après les déclarations de M. Trichet. Vers 4 h 45, il valait 1,3203 dollar, contre 1,3174 dollar à 23 heures. Il est “hors de question” que la Grèce ou n’importe quel autre pays de la zone euro fassent défaut sur leurs emprunts, a lancé le président de la BCE, Jean Claude Trichet.

EURO
Crise grecque : un nouveau sommet européen «autour du 10 mai»

Il y a urgence, et pourtant. Au lendemain de la plongée boursière, le président de l’Union Européenne, Herman Van Rompuy, annonce la convocation d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Eurogroupe «autour du 10 mai».

«Sur la base d’un rapport qui sera finalisé dans les prochains jours, les chefs d’Etat et de gouvernement décideront de l’activation du versement de l’aide actuellement en discussions entre la Commission européenne, la BCE et le FMI, et bien sûr le gouvernement grec», a ajouté le président de l’UE, mercredi, à Tokyo, où il devait participer à un sommet entre l’UE et le Japon.

Les dirigeants auront pour objectif de donner le feu vert au plan d’aide à la Grèce, consistant en des prêts de 30 milliards d’euros des pays de la zone euro pour 2010 et de quelque 15 milliards d’euros du FMI, si la Commission européenne et la BCE jugent la requête d’Athènes justifiée. Herman Van Rompuy a précisé qu’il n’était «pas question de restructurer la dette», emboîtant le pas à Jean-Claude Trichet, président de la banque centrale européenne, qui a souligné hier qu’aucun pays de la zone euro ne devait faire défaut sur ses emprunts.

Les Européens tentent de calmer l’inquiétude des marchés quant à la solvabilité de la Grèce, qui s’est aggravée avec l’abaissement par l’agence de notation Standard & Poor’s de la note de la dette de la Grèce de trois crans, de «BBB+» à «BB+», la reléguant dans la catégorie des investissements spéculatifs.

L’agence a en outre réduit la note souveraine du Portugal de deux crans, de «A+» à «A-», accroissant l’inquiétude quant aux risques posés par l’endettement d’autres pays du de la zone euro. Outre la Grèce et le Portugal, l’Espagne et l’Irlande sont considérés comme les Etats les plus risqués.

Le Fonds monétaire international (FMI) envisage désormais de débloquer une aide financière de 10 milliards d’euros supplémentaires à la Grèce, a rapporté le Financial Times, citant des banquiers et de hauts responsables de la finance à Washington et Athènes. S’il se confirmait, cet appui porterait à 25 milliards d’euros le soutien de l’institution.

Leparisien.fr

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