L’opposition armée syrienne ne menace pas le régime

0
11

Les groupes armés de l’opposition syrienne sont trop dispersés pour renverser le régime fortement militarisé du président syrien Bachar al-Assad, a estimé mercredi un analyste de l’Institut international d’études stratégiques (IISS). Toby Dodge, chargé du Moyen-Orient à l’institut de recherche basé à
Londres, estime que les forces d’opposition, bien que “capables d’irriter le
régime, ne constituent pas une véritable menace”.

Selon lui, l’opposition armée au régime est “fracturée, très localisée au
niveau du village ou de la banlieue d’agglomération”.

De son côté, le régime syrien est capable de réprimer des zones
spécifiques, mais ne peut pas supprimer totalement l’opposition,
a-t-il estimé
lors d’une conférence de presse à Londres.

On est dans une guerre d’usure sanglante”, a-t-il ajouté, le régime contrôlant les grands centres urbains et la majorité de la population, tandis que l’opposition occupe des quartiers en périphérie avant d’en être expulsée.

Mais selon lui, “il n’est pas possible pour une force peu armée, peu
centralisée, de menacer directement le régime, sauf si elle suscite de la part
de Damas une réponse telle -y compris le recours aux forces aériennes et
l’usage d’une violence supérieure à ce qui s’est passé à Homs (centre)- que la
communauté internationale soit contrainte d’intervenir”.

Pour le directeur général de l’IISS John Chipman, la stratégie de Bachar
al-Assad est de réprimer l’opposition tout en évitant un niveau de conflit qui
entraînerait une intervention internationale.

Le spécialiste des opérations terrestres à l’IISS, Ben Barry, a pour sa
part jugé sans intérêt de déclarer des couloirs humanitaires sans disposer de
moyens militaires pour assurer leur protection.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les violences
dans ce pays ont coûté la vie à 8.458 personnes depuis le début de la révolte
il y a près d’un an.

Parmi elles, figurent 6.195 civils et 2.263 membres des
forces gouvernementales, dont 428 déserteurs.

LONDRES, 7 mars 2012 (AFP)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here