L’expérience des combats augmente la menace de guerre avec le Hezbollah.

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TEL AVIV — Ce bilan peut paraître contre-intuitif, lorsqu’on relate les pertes nombreuses du Hezbollah en Syrie et son discrédit interne. Sur le plan strictement militaire, la milice chi’ite pro-iranienne n’a fait que s’aguerrir en Syrie, même en allant, parfois, « au sacrifice ».L’armée israélienne a détecté un redéploiement du Hezbollah parrainé par l’Iran, qui ne fait qu’aggraver les risques de guerre. Des responsables affirment que le Hezbollah a pré-positionné des troupes et des moyens militaires tout le long de la frontière libanaise avec Israël. Ils affirment que ce redéploiement du Hezbollah au beau milieu de son intervention en Syrie voisine, est destiné à faciliter toute attaque surprise éventuelle contre l’Etat Juif.

Contrairement à ce qu’on peut croire, a priori, les affrontements ou escarmouches, au Liban (13 morts à Tripoli, ces derniers jours) ne détournent pas l’attention de la milice chi’ite de sa cible principale, mais augurent, plutôt, de débordements plus réguliers, pouvant entraîner rapidement le pays du Cèdre dans un état généralisé de guerre civile. Une issue possible serait, alors, d’ouvrir le front avec Israël.

Depuis plusieurs semaines, on annonce la bataille imminente de Qalamoun Article original, au nord de Damas et à la frontière libanaise, ville stratégique au carrefour de tous les grands axes de la Syrie, actuellement détenue par les rebelles. Le Hezbollah devrait y être engagé pour que le régime syrien dispose des forces nécessaires à une reconquête. La proximité de cette bataille avec le Liban pourrait constituer un tournant, au risque de le faire basculer dans le même type de situation que celle observée en Syrie.

Si cela reste peu probable que le groupe chi’ite s’engage, dans l’immédiat, sur deux fronts à la fois, il suffirait d’une impasse dans les négociations sur le nucléaire iranien et d’un risque accru de frappe sur ses installations pour radicaliser la situation.


Qalamoun, centre névralgique d’une extension régionale du conflit en Syrie?

Le Hezbollah est lourdement armé, bien plus que beaucoup de pays occidentaux, mais il est aussi dissuadé d’attaquer, jusqu’à présent, à cause de la force de frappe israélienne.

De plus, il est dans l’obligation de remplir la mission confiée par ses maîtres de Téhéran, de renforcer le régime Assad dans la guerre civile, un mouvement d’ingérence qui a provoqué la colère des Jihadistes sunnites Article original. Ce changement conduit le Ministre de la Défense, Moshe Ya’alon à déclarer : « Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, il y a déjà une guerre civile au Liban. Le Jihad global sunnite, s’est infiltré au Liban et s’attaque au Hezbollah, fait exploser des voitures à Dahiyeh quartier sud de Beyrouth, chi’ite »>Article original, tire des roquettes contre ce quartier et la Vallée de la Beqa’a, où est basé le Hezbollah.


Les combattants du Hezbollah ont joué un rôle majeur dans la reconquête de la ville stratégique d’al Qusayr par les forces du régime Assad.

“L’engagement du Hezbollah dans la guerre en Syrie n’a pas interrompu ses préparatifs en vue d’une guerre contre Israël », prévient le Colonel Yaron Formosa, de Tsahal.

Formosa, officier en Chef de l’artillerie, au sein du Commandement de l’armée pour la région Nord, explique que le Hezbollah a amélioré ses capacités militaires, en participant à la guerre civile en Syrie. Il est convaincu que les artilleurs du Hezbollah ont hautement accru leurs aptitudes en Syrie et qu’ils sont, désormais capables de toucher et de faire des dégâts au cours de batailles cruciales de tanks et contre d’autres atouts militaires importants.


Combattants du Hezbollah montés sur des chars syriens

“Nous les avons vus marquer les positions de nos propres canons de l’artillerie, de façon à pouvoir les prendre pour cible, au cours d’une guerre” a déclaré Formosa au site internet Ynet. « Pour prendre des contre-mesures, nous en sommes à remblayer et élever des talus pour protéger les armes et les munitions ».

Hezbollah also successfully spied on Israel, especially in the period until the 2006 war.

Le Hebollah a aussi réussi à espionner Israël, particulièrement au cours de la période précédant la guerre de 2006.

« Le Hezbollah a été capable de recruter et de diriger un réseau complet d’agents, à l’intérieur même d’Israël… dont certains ayant des relais dans l’armée et la police avec des accès à l’information classifiée » araconté Shlomo Shapiro, chef de département de science politique de Bar Ilan à Media Line. Ils ont pu obtenir pas mal d’information qu’Israël cherchait à leur cacher et on a pu constater leurs succès opérationnels, fondés sur des renseignements exacts et en temps réel ».

Shapiro affirme que ces agents ont bien appris l’hébreu, et ont pu procéder à des écoutes d’appels téléphoniques de soldats israéliens. Depuis 2006, Israël a développé beaucoup d’efforts pour tenter de briser les capacités d’espionnage du Hezbollah, et y est parvenu, au moins, partiellement.

Les responsables militaires israéliens exposent que le Hezbollah a formé, au moins, cinq bataillons entraînés pour attaquer Israël. Ils précisent que la révolte sunnite en Syrie a marqué le premier test crucial pour les bataillons d’infanterie du Hezbollah et ses forces des opérations spéciales.

Gilad Erdan, responsable du front intérieur et de la protection du territoire, affirme aussi que le Hezbollah a transféré des roquettes et missiles plus près de la frontière avec Israël, en disposant un lance-missile ou/et un stock d’armes dans une maison sur dix de chacun des villages les plus proches, chaque toit ayant un dispositif pour s’ouvrir, au moment opportun, pour déclencher un déluge de feu contre le territoire israélien.

Si on lui ajoute les capacités des groupes alliés, comme le Hamas, le Jihad Islamique, à Gaza, et les transferts de l’Iran et de la Syrie, le supplétif de l’Iran posséderait un potentiel d’environ 200 000 missiles et roquettes, dont ceux de précision d’une portée de 300 kms, pouvant atteindre chaque recoin du territoire hébreu. Le Hezbollah peut se permettre de tirer près de 1500 missiles et roquettes par jour sur Israël, durant au moins 3 semaines, sans discontinuer, augurant de guerres bien plus longues et dévastatrices. De son côté, depuis le dernier conflit de novembre 2012, le Hamas a accéléré et démultiplié sa production de missiles M-75 -fabrication locale, sur des plans d’origine iranienne-, ce qui laisse entrevoir que ces tirs, d’une portée de plus de 70 kms, ne seraient pas de nature sporadique (comme ceux sur Tel Aviv, Jérusalem, Bat Yam, Rishon Lezion, en 11/2013), comme lors du précédent cycle de violence, mais bien plus intensifs.

Un nombre toujours accru de projectiles du Hezbollah, prévient Erdan, est constitué d’armes précises, à guidage laser, avec lesquelles l’organisation terroriste cherchera à frapper les sites d’infrastructures nationales israéliennes, comme les centrales de production d’électricité, les bases militaires et autres points névralgiques.

“Ils n’ont de cesse de préparer une guerre contre nous, et un incident isolé à la frontière peut conduire à un embrasement généralisé”, prévient Formosa.

Un scénario envisagé par l’armée israélienne consisterait en une attaque de missiles depuis des villes et villages à partir de tout le Sud du Liban. Et de fait, le Hezbollah se servirait de boucliers humains et de la population pour stopper toute percée israélienne et limiter l’ampleur des représailles. Il pourrait aussi lâcher ses bataillons et forces spéciales en Galilée, par des tunnels et prendre des otages, en visant à couper l’accès aux routes de secours pour les troupes redéployées fonçant vers la frontière.
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“Le Hezbollah a la capacité et pour objectif d’empêcher les civils de fuir les zones de combat au Nord », rappelle Formosa.

“Nos ennemis” dit Erdan, “veulent briser le mental des Israéliens, et faire en sorte que nous cessions de croire que nous puissions jamais avoir une vie normale, dans cette région en effervescence”.

“Nous avons besoin de créer des mécanismes qui permettent une fonctionnalité ininterrompue du front intérieur, et ne pas avoir à revenir aux scènes de la Seconde Guerre du Liban, en 2006”. « Aucun autre pays n’est confronté à une menace d’une telle envergure régionale que le nôtre, aujourd’hui ».

Giora Eiland, ancien chef du Conseil National de Sécurité (qui conseille le Premier Ministre), a affirmé, lors d’une récente conférence au Centre Sadate-Begin de Tel Aviv, qu’Israël devrait rejeter l’idée qu’il doive combattre des organisations de guérilla terroriste, dissimulées dans des zones civiles, et en revenir à l’idée fondamentale qu’il combat des Etats ennemis ou des Etats-faillis ennemis, c’est-à-dire, sans marquer le moindre égard envers des gouvernements qui collaborent ouvertement avec ces entités terroristes.

« Il est impossible de vaincre des forces de guérilla, argumente Eiland, par contre, si l’ennemi et son territoire sont définis comme un Etat hostile, la victoire redevient possible »

“Si la guerre éclate “ ajoute t-il, “Traiter le Liban en tant qu’ennemi mettrait un terme au conflit en trois jours, et non en trois semaines”, prédit Eiland. « Cela implique de bombarder les ponts et d’autres cibles dépendant de l’Etat lui-même, tout en se tenant à l’écart des lieux civils comme les écoles et les hôpitaux », insiste t-il. « Ce n’est pas juste, pour nous d’accepter de devoir combattre au niveau imposé par les combats de basse intensité dans des conflits contre-terroristes. Nous devons porter l’intensité à celle d’un système de conflit inter- étatiques, pour faire comprendre à l’adversaire ce à quoi il s’expose ».

Sources : gatestoneinstitute.org Article original

Special to WorldTribune.com Article original

now.mmedia.me Article original

Linda Gradstein/ The Media Line Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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