Kochavi (AMAN) : Le Califat Syrien aux frontières d’Israël

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Al Qaeda se déploie en Syrie pour Instaurer le Califat Islamique– Chef des Renseignements Militaires israéliens (AMAN)

Le Général-Major Aviv Kochavi, Chef des Renseignements de Tsahal (AMAN) –de retour des Etats-Unis- a alerté du fait que “des milliers de combattants d’Al Qaeda affluent en Syrie, en provenance de la région (notamment d’Irak : 500 évadés de prison, il y a deux jours) et de partout ailleurs, dans le monde. Leur but n’a jamais été de chercher, seulement, à renverser Bachar Al Assad, mais de remplacer son régime par un Etat ou Califat Islamiste ». S’exprimant mardi, lors d’une remise de grades des officiers de Tsahal, Kochavi a prévenu que cela avait et aurait un impact sur la région toute entière, particulièrement pour le Sinaï, où les Jihadistes sont en marche, à la frontière-Sud d’Israël.

NDLR : Au retour des Etats-Unis du Général-Major le mieux informé d’Israël et au-delà, ces mises en garde prennent un sens très lourd : on a, en effet, beaucoup insisté, ces dernières semaines, sur les éliminations de commandants de l’Armée Syrienne Libre par Al Nusra et consorts, et sur les règlements de comptes, embuscades, menés par les uns contre les autres.

Pour autant qu’on le sache actuellement Article original, ces « informations » s’intègrent dans une campagne de l’ASL pour démontrer son détachement à l’égard des Islamistes et prouver qu’elle les « combat ».

Plus prosaïquement, les rangs de l’ALS sont extrêmement poreux et les Islamistes, mieux armés- notamment grâce aux pétrodollars qataris, la protection des Frères Musulmans et d’Erdogan- continuent d’attirer les rebelles et d’assécher le Marigot pro-occidental. On évalue à 3000 combattants minimum le nombre de Rebelles passés chez Al Nusra, et ces « désertions » affecteraient environ 1/4 des effectifs de l’Armée Libre. La grande crainte de l’ASL est de ne plus être prise au sérieux par les services de renseignements occidentaux et de ne pas pouvoir mettre la main sur des armes performantes, lui permettant de retrouver l’équilibre des forces. C’est ce qu’analyse, par exemple, Michaël Weiss, dans : « Que se cache t-il, derrière les « tensions » entre l’Armée Syrienne Libre et Al Qaeda? » Article original. L’observateur américain dément que Kamal Hamami, alias Abu Bassir al-Ladkani, membre des 30 dirigeants les plus importants du Commandement Militaire Suprême (SMC) de l’ALS, le 11 juillet, ait pu se faire tuer par un autre chef d’Al Qaeda. Mardi dernier, le Conseil Militaire des Rebelles d’Alep a confirmé que l’émissaire des l’Armée Libre avait été tué par les forces de Bachar al Assad, non par des Islamistes.

Selon Charles Lister, expert anti-terroriste du Magazine Janes Article original, toutes les rumeurs de cet acabit, mentionnant des combats acharnés entre « Rebelles » et « Islamistes » proviennent, soit de sources non-islamistes, soit se sont avérées fausses avec le temps, grâce aux démentis de sources impliquées sur le terrain et reconnues.

Il s’agirait donc d’une campagne désespérée, menée par des éléments modérés, à l’extérieur de Syrie, pour s’attirer les bonnes grâces des Occidentaux. Par contre, une part de cet opportunisme désinformateur tente, en fait, d’exploiter le Schisme qui se creuse, non entre Rebellion légitime et Al Qaeda, mais entre les deux différentes tendances de la mouvance islamiste Article original, elle-même : Jabhat al Nusra et Al Qaeda pour l’Etat Islamique au Levant (en provenance d’Irak). Ce dernier est dirigé par Abu Bakr al-Baghdadi (Irakien comme son nom l’indique) qui parvient à attirer bien plus de combattants étrangers que son concurrent : essentiellement, Egyptiens, Tunisiens et Irakiens. Surtout, très récemment, alors que des négociations semblaient engagées, entre les Taliban, le pouvoir à Kaboul et les Américains, les « étudiants en religion » ont profité de la suspension apparente des hostilités, pour dépêcher des groupes jihadistes et des armes, en Syrie.

Cette convergence de Nord-Africains, de Levantins et de Pakistanais crée une nouvelle plateforme internationale, comparable aux méfaits conjugués d’une Afghanisation, doublée d’une Irakisation. Mais, cette fois, Israël se trouve livré à lui-même pour faire face, à sa porte, aux conséquences des guerres américaines abandonnées en cours de route ou perdues.

Pour Israël, le même défi se présente, donc, sur, au moins, deux frontières, par le Golan, aux portes du Sinaï et par les tunnels vers Gaza. Le Hamas et les divers groupes gazaouïs mettent toutes leurs forces dans la balance, aux côtés d’Al Qaeda et des Frères Musulmans en déroute, au Caire. C’est encore sans compter sur la menace du Hezbollah au Sud-Liban et depuis la Syrie, où il est engagé aux côtés des loyalistes d’Assad…

DEBKAfile 24 juillet 2013, 6:48 AM (GMT+02:00)

http://debka.com/newsupdatepopup/5116/

Adaptation : Marc Brzustowski.

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