Kiev : la foule fait tomber une statue de Lenine

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La communauté juive craint une montée de l’antisémitisme dans le cadre de la contestation nationale.

Plusieurs centaines de milliers d’Ukrainiens pro-européens ont réclamé dimanche à Kiev le départ du président Viktor Ianoukovitch, dans une nouvelle démonstration de force suivie de la chute très symbolique d’une statue de Lénine.

Dans un acte de défi envers Moscou, une trentaine de manifestants a renversé une statue du leader de la révolution de 1917 Vladimir Lénine située dans le centre de Kiev et qui servait de point de rassemblement aux communistes locaux.

Les manifestants accusent le président ukrainien, qui a tenu des négociations vendredi avec Vladimir Poutine, de vouloir jeter l’Ukraine dans les bras de la Russie.

Deux députés du parti ultra-nationaliste Svoboda (Liberté) ont assisté à cette scène, selon un photographe de l’AFP sur place, qui a vu les assaillants, masqués, attacher le cou de la statue de 3,4 mètres à une corde et tirer pendant dix minutes avant qu’elle ne cède.

Le député d’opposition Andriï Chevtchenko a assuré que l’acte avait été accompli par un groupe isolé sans la bénédiction du mouvement dans son ensemble.

Plus tôt dans la journée, devant les manifestants, l’un des dirigeants de l’opposition, Arseni Iatseniouk, avait de son côté appelé à « élargir la contestation » et à « bloquer le quartier gouvernemental ». Anatoli Boiko (AFP)

Une partie des manifestants a installé plusieurs tentes près du siège du gouvernement et a commencé à ériger des barricades avec des corbeilles à fleurs dans ce quartier.

Dans le même temps, les services spéciaux ukrainiens (SBU) ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour tentative de « prise de pouvoir » suite « aux agissements illégaux de certains hommes politiques » non désignés. De tels actes sont passibles d’une peine allant jusqu’à dix ans de prison.

Près de 20.000 opposants au pouvoir se sont par ailleurs rassemblés à Lviv, dans l’ouest du pays traditionnellement pro-européen, tandis que des rassemblements plus modestes ont eu lieu dans plusieurs villes de l’est, économiquement et culturellement plus proche de la Russie.

« Nous voulons que la justice règne pour tout le monde et que le pouvoir cesse de voler », a expliqué à l’AFP Viktor Melnitchouk, un retraité de 52 ans, dans la capitale ukrainienne.

De son côté, la communauté juive s’inquiète de l’antisémitisme de certains groupes de l’opposition.

« Maintenant que les rues ukrainiennes sont pleines de civils, la sécurité de la communauté est notre principale préoccupation », explique Oleksandr Feldman, un député ukrainien et président du Comité juif ukrainien, dans un communiqué publié mercredi par le quotidien israélien Maariv.

Feldman a qualifié les protestations de « tour de force orchestré par divers partis d’opposition, des libéraux qui soutiennent les liens avec l’Union européenne, et des ultra-nationalistes anti-russes du parti Svoboda ».

« La participation de Svoboda « et d’autres éléments aux tendances antisémites peuvent conduire à une situation où la communauté juive deviendrait un bouc émissaire » , a averti Feldman . « Nous sommes en état d’alerte ».

Feldman a ajouté: « Dans une large mesure la communauté juive d’Ukraine soutient la promotion d’un chemin vers la fusion dans l’Union européenne (…) mais il est important d’adopter une position neutre et complète ».

refus du pouvoir de signer fin novembre l’accord d’association avec l’UE négocié depuis trois ans et les violences contre les manifestants il y a une semaine ont plongé ce pays de 46 millions d’habitants dans une crise politique sans précédent depuis la Révolution orange de 2004 qui avait porté au pouvoir des pro-occidentaux.

La tension est montée d’un cran après la visite vendredi du président Viktor Ianoukovitch en Russie où il a discuté avec son homologue Vladimir Poutine de « partenariat stratégique ».

Genya Savilov (AFP)

i24news.tv Article original

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