Israël sur le point d’expulser 50 000 migrants africains en Ouganda

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Les deux pays seraient parvenus à un accord, probablement contre des armes et de l’argent

Le gouvernement israélien envisage d’expulser plus de 50.000 migrants illégaux en provenance d’Érythrée et du Soudan vers l’Afrique via l’Ouganda, a déclaré le ministre de l’Intérieur.
Bien que confirmé par des sources israéliennes, l’Ouganda a démenti avoir participé à un accord. “Nous ne sommes pas au courant d’un tel accord. Il est impossible que l’Ouganda ait négocié un tel arrangement, ” a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères d’Ouganda, Elly Kamahungye.

L’avocat de l’Association pour les Droits Civils en Israël Oded Feller a déclaré samedi qu’il doutait de l’existence d’un tel accord.

Les déclarations au sujet d’un accord d’expulsion des demandeurs d’asile vers un pays tiers ont pour but “d’influencer les membres de la Cour Suprême de ne pas abroger la loi contre l’immigration clandestine en Israël et de faire pression sur les demandeurs d’asile afin qu’ils quittent le pays de quelque manière que ce soit, même si cela met leur vie en danger”, a déclaré Feller.

Le ministre de l’Intérieur Gideon Saar a déclaré jeudi qu’Israël allait bientôt commencer un processus en plusieurs étapes en vue d’expulser les migrants.

Gideon Saar a annoncé qu’un accord a été conclu avec l’Ouganda, qui va absorber les migrants. Ils seront bientôt appelés à ” partir de leur plein gré. ”

Israël a connu un énorme afflux de ces migrants clandestins venant en Israël via l’Egypte depuis 2006. Alors que certains migrants affirment qu’ils sont des réfugiés fuyant la violence au Soudan et en Érythrée, Israël considère les migrants africains comme des visiteurs clandestins à la recherche d’ avantages économiques et rejette les allégations formulées par les groupes de défense des droits de l’homme soutenant qu’ils cherchent l’asile politique.

Michal Rozin , présidente de la commission des travailleurs étrangers de la Knesset et les membres du parti de gauche Meretz (opposition), ont cité des “rumeurs” qui laissent entendre que l’accord avec l’Ouganda aurait été en échange d’armes et d’argent . Les rumeurs n’ont été confirmées ni par les sources israéliennes ou ni par les sources ougandaises .

Michal Rozin a fait pression sur le gouvernement pour qu’il révèle plus de détails sur le plan, y compris sur le fait de savoir si des garanties ont été données que les migrants ne seraient pas renvoyés de force au Soudan ou en Érythrée, où ils pourraient avoir à craindre pour leur sécurité.

En 2012, Israël a adopté une loi qui autorisait les migrants sans permis de séjour officiel à être emprisonnés jusqu’à trois ans. Depuis l’adoption de la loi, quelques milliers de migrants sont soupçonnés d’avoir quitté Israël .

Un petit groupe d’Érythréens a reçu 1500 dollars des autorités israéliennes pour repartir de nouveau en Erythrée. La Hotline des Travailleurs pour les Migrants (HPM), une organisation israélienne pour les des droits de l’homme, a dénoncé la décision comme étant une “grave violation des droits de l’Homme», en raison de la mauvaise situation des droits de l’Homme en Erythrée ainsi que l’incapacité d’Israël à garantir la sécurité des migrants.

D’autres migrants se sont vus offrir de l’argent pour partir de leur plein gré.

Depuis la création du Soudan du Sud et l’assouplissement progressif des tensions dans la région, un groupe de migrants africains a été raccompagné hors d’Israël vers le pays nouvellement établi. Toutefois, 2.000 migrants africains sont encore dans des centres de détention dans le sud d’Israël .

La fortification qu’Israël réalise de sa frontière de plus en plus tendue avec l’Egypte a également fait sa part pour endiguer le flot des migrants se frayant un chemin à travers le désert et la frontière auparavant perméable. En 2011, les migrants arrivaient à un rythme de 2.000 par mois

I24-NEWS

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