Israël: le poème de Grass sur le nucléaire est « minable »

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Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié jeudi de « minable » le poème du prix Nobel allemand de littérature Günter Grass défendant l’Iran et estimant que « la puissance atomique d’Israël menace la paix mondiale ». « Ce passage de Günter Grass de la fiction à la science-fiction est de très
mauvais goût, son poème est minable et manque totalement de grâce », a affirmé à l’AFP un porte-parole du ministère, Yigal Palmor.

L’historien Tom Segev a pour sa part estimé dans le Haaretz (opposition de
gauche) que l’écrivain allemand était « plus pathétique qu’antisémite ».

« La comparaison entre Israël et l’Iran est injuste car contrairement à
l’Iran, Israël n’a jamais menacé d’effacer de la carte un autre pays », ajoute
Tom Segev.

Dans le quotidien Maariv (centre droit) le commentateur Shai Golden estime
que les déclarations de Günter Grass « n’attestent pas forcément d’un
antisémitisme mais de son refus d’assumer sa responsabilité pour ses crimes
historiques ».

« Je suis d’accord avec presque tout ce qu’il a dit.

Mais il n’a tout simplement pas le droit moral et historique de le dire », estime le commentateur, invoquant « la trahison du principe de l’expiation auquel chaque Allemand doit s’engager pour toujours en parlant d’Israël et des juifs ».

Intitulé « Ce qui doit être dit », le poème en prose paru dans le journal
allemand Süddeutsche Zeitung dénonce d’éventuelles frappes israéliennes contre des installations nucléaires iraniennes comme un projet qui pourrait mener à « l’éradication du peuple iranien parce que l’on soupçonne ses dirigeants de construire une bombe atomique ».

Dans le même temps, il y a « cet autre pays, qui dispose depuis des années
d’un arsenal nucléaire croissant – même s’il est maintenu secret – et sans
contrôle, puisque aucune vérification n’est permise », poursuit le Nobel de
littérature 1999, visant Israël sans le nommer immédiatement.

Grass dénonce « le silence généralisé sur ce fait établi » – qu’il qualifie
de « mensonge pesant » – parce que « le verdict d’antisémitisme tombera
automatiquement » sur qui le rompra.

En 2006, Günter Grass, connu pour ses positions de gauche, avait reconnu
avoir fait partie des Waffen SS dans sa jeunesse, lui qui a souvent renvoyé
l’Allemagne à son passé nazi.

JERUSALEM, 5 avr 2012 (AFP)

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