Israël lance une école anti-piratage informatique

0
11

Trois hackers cagoulés penchés sur leur écran d’ordinateur dans la salle de contrôle dernier cri testent les réactions d’employés d’entreprises israéliennes à repousser des cyberattaques.

L’action se déroule dans un centre surnommé “cyber-gym”, installé dans plusieurs petits bâtiments proches de la centrale électrique de Hadera, la plus importante d’Israël. Il a été inauguré récemment par la Compagnie israélienne nationale d’électricité, cible privilégiée de très nombreuses cyberattaques.

Trois hackers cagoulés penchés sur leur écran d’ordinateur dans la salle de contrôle dernier cri testent les réactions d’employés d’entreprises israéliennes à repousser des cyberattaques. Menahem Kahana

“Israël est le pays le plus visé par les cyberattaques. Et la Compagnie d’électricité est l’entreprise civile la plus attaquée, ce qui nous donne des possibilités uniques pour entraîner d’autres entreprises dans le monde”, déclare à l’AFP le directeur du centre et employé de la compagnie, Ofir Hasson.

Quelque 10.000 attaques par heure visent la Compagnie israélienne d’électricité, explique son président Eli Glickman.

“Nous sommes un groupe de professionnels de l’armée, des services de sécurité, et certains directement de l’université”, explique un instructeur portant le pseudonyme de “Monsieur”, qui refuse de se faire filmer.

Il lance des cyberattaques simulées contre les systèmes d’exploitation des ordinateurs de ses élèves, qui se trouvent dans un bâtiment voisin.
“C’est un parc de jeu pour simuler de réelles cyberattaques”, explique-t-il depuis la salle de contrôle, décorée d’affiches de la Guerre des étoiles et de PacMan, et des files d’écrans diffusant des lignes de code sur des attaques en cours.

L’objectif est de placer ceux qui suivent cette formation dans des situations la plus tendues possibles. Assis dans une pièce, ils doivent gérer en temps réel une offensive, tandis qu’un contrôleur vérifie leurs réactions.

“Chaque attaque est différente, si bien qu’il n’y a pas moyen pour chaque équipe de tricher. Il n’y a pas un scénario prévu d’avance ou d’attaques automatiques. Tout est géré par des hackers en direct qui se trouvent à côté”, assure l’instructeur.

“Si les hackers l’emportent, les lumières s’éteignent et le système cesse de fonctionner”, ajoute-t-il.

Dégâts matériels

Plonger la pièce dans l’obscurité n’est qu’un des moyens d’illustrer le résultat d’une cyberattaque.

“Une telle attaque peut endommager les équipements ou provoquer un blackout d’Israël”, ajoute Ofir Hasson.

“Dans le domaine du cyber, lorsque vous échouez à protéger votre système, cela peut se traduire par des dégâts matériels”, poursuit-il.
Les dirigeants politiques et militaires israéliens ont lancé de multiples mises en garde contre le danger que représentent les hackers.

Le chef d’état-major le général Benny Gantz a évoqué en octobre un scénario d’attaque simultanée sur le terrain doublée d’une offensive dans le cyberespace.

“Il est possible qu’une cyberattaque vise des sites fournissant des services quotidiens aux civils israéliens, que les feux rouges cessent de fonctionner ou que les banques soient paralysées”, avait expliqué le général Gantz.
En novembre également, les services de sécurité israéliens avaient repoussé, selon les médias, une cyberattaque et une tentative d’espionnage industriel qui serait partie de Chine.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé en juin l’Iran d’intensifier ses cyberattaques notamment par l’intermédiaire du Hezbollah chiite libanais.

Mais les responsables de la formation et de la Compagnie d?électricité préfèrent rester muets sur l’origine de la plupart des attaques qui visent l’entreprise.

“Cela vient du monde entier”, se borne à affirmer Eli Glickman.
Le ministre de l’Energie Sylvan Shalom qui a inauguré le “cyber-gym” est lui aussi resté dans le vague.

“Nous ne pouvons donner aucun détail”, a-t-il affirmé.
Dans un premier temps, cette formation est destinée aux entreprises israéliennes, mais son activité pourrait s’étendre. “Il est possible qu’il s’ouvre à des compagnies américaines, européennes et asiatiques”, prévoit le vice-président de la Compagnie d’électricité, Yaakov Haïm.

AFP- Le Parisien.fr Article original

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here