Israël et le nouveau Munich

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Les Iraniens n’ont fourni aucun indice de leur volonté de suspendre tout enrichissement de l’uranium.

S’adressant au comité des Affaires Etrangères et de la Défense de la Knesset mercredi 16 octobre, le ministre des Affaires Stratégiques Youval Steinitz a expliqué les préoccupations d’Israël au sujet des négociations nucléaires avec l’Iran à Genève. « Nous craignons que les pourparlers de Genève en 2013 ne s’achèvent comme ceux de Munich en 1938 ».

Bon, le temps des soucis est passé. Les déclarations du gouvernement Obama et de l’UE suivant la fin du premier round de pourparlers ont rendu parfaitement clair que Genève 2013, c’est Munich 1938.

La Maison Blanche a été incapable de retenir son excitation à l’idée d’une transaction avec la mollacratie génocidaire développant des armes nucléaires.

Le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney a déclaré : « La proposition iranienne est une nouvelle proposition d’un niveau de sérieux et de substance que nous n’avons pas vu auparavant ».

La chef de la politique étrangère de l’UE Catherine Ashton, qui dirigeait la délégation de six Etats face aux Iraniens, a dit que les pourparlers étaient « les plus détaillés que nous ayons jamais eus, de loin »

Ashton a aussi déclaré qu’elle est engagée à faire des concessions à l’Iran aussi vite que possible. Selon ses termes : « Quand nous avons parlementé, et au cours de nos discussions ces derniers jours, nous savions que nous devions en venir à une première mesure, une mesure de construction de la confiance, et nous savions que devions être clairs sur les dernières étapes et de le faire dans le contexte de l’objectif global ».

Les pourparlers étonnants comprenaient même une discussion bilatérale entre le négociateur en chef des USA, la sous-secrétaire d’Etat Wendy Sherman avec les Iraniens.

Le seul problème avec tous ces développements excitants, c’est que toutes les « propositions iraniennes sérieuses » vont arriver au même résultat : l’Iran doté de l’arme nucléaire. Il n’y avait rien dans les propositions qui puisse donner à qui que ce soit la moindre raison de croire que l’Iran est sérieuse dans l’arrêt du programme de développement des armes nucléaires. De fait, la seule chose que nous ayons apprise cette semaine c’est que comme les puissances alliées en 1938, le gouvernement Obama et les Européens n’ont pas le courage pour une confrontation, et ils veulent habiller un compromis avec un dangereux ennemi sous les oripeaux de la « paix » et du « progrès ».

Les Iraniens n’ont fourni aucun indice de leur volonté de suspendre tout enrichissement de l’uranium.

Dans sa conférence de presse à la fin du round de pourparlers actuels, le ministre iranien des affaires étrangères Javad Zarif a insisté sur le fait que l’Iran a le droit de poursuivre l’enrichissement de l’uranium. L’offre iranienne paraît impliquer la suspension des acticités d’enrichissement à 20 % et se contenter d’enrichir à 3,5 %.

Comme tous l’ont déclaré, depuis le Sénateur américain Mark Kirk en passant par le bureau éditorial du Washington Post avec l’ancien conseiller en chef du président des USA Barack Obama sur le programme nucléaire de l’Iran Gary Samore au cours des jours passés, suivant les capacité d’enrichissement de l’Iran, l’offre de l’Iran est dénuée de sens.

Au cours de l’année passée, L’Iran a mis en place un millier de centrifugeuses sophistiquées sur son installation nucléaire de Natanz. Ces nouvelles centrifugeuses permettent à l’Iran de transformer de l’uranium enrichi à 3,5 % en uranium de niveau bombe nucléaire (enrichi à 90 %) aussi vite que ses anciennes centrifugeuses étaient capables de transformer de l’uranium enrichi à 20 % à des niveaux de bombes nucléaires. Ainsi aujourd’hui, l’enrichissement à 3,5 % est un point de départ aussi confortable pour le programme d’armes iraniennes que l’enrichissement à 20 % l’était il y a quelques années. « La proposition sérieuse » de l’Iran est une blague.

Comme Samore l’a déclaré au ‘The New York Times’, « mettre fin à la production de l’uranium enrichi à 20 % n’est pas suffisant pour empêcher la percée, parce que l’Iran peut produire des armes nucléaires avec de l’uranium faiblement enrichi et un grand nombre de centrifugeuses ».

Au cours d’une conférence téléphonique avec « Israel Project » mercredi dernier , Samore a expliqué : « ce qu’ils offrent est vraiment non différent de ce que nous avions entendu du gouvernement précédent, du gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad au cours des deux années passées… Ils continuent de rejeter toute limite physique à leur capacité d’enrichissement – c.a.d. le nombre et le type de centrifugeuses, le stock de matériel enrichi dont ils disposent. Autant que je sache, ils ont continué de refuser de fermer l’une quelconque de leurs installations nucléaires… Je n’ai entendu aucun accord sur un arrêt de production ou de modification de la recherche sur le réacteur à l’eau lourde qu’ils construisent, qui serait bientôt opérationnel ».

Ainsi les Iraniens n’ont rien offert la semaine passée qu’ils n’aient déjà offert par le passé. Et comme un officiel de haut rang de l’administration l’a dit au ‘Times’, le programme iranien est déjà si avancé que pour qu’il reste du temps pour négocier un accord complet, l’Iran doit prendre d’abord des mesures d’arrêt ou même d’inversion de son programme nucléaire.

Et comme Samore l’a expliqué, aucun des rapports sur la conclusion du round de pourparlers de cette semaine n’a indiqué ma moindre volonté iranienne de prendre de telles mesures.

Les négociations de Genève ont une ressemblance troublante avec les négociations que l’Occident mena avec la Corée du Nord quand elle développait des armes nucléaires. Là aussi, les négociateurs occidentaux se vantèrent de « concessions » Nord-coréennes nouvelles, sérieuses et sans précédent.

Pyongyang utilisa les pourparlers pour saper la volonté occidentale d’arrêter sa progression nucléaire.

Exactement comme cela se produisit avec la Corée du Nord, de même avec l’Iran, la presse toquée d’apaisement nous rapportera des histoires sans fin sur de nouveaux documents de négociations sérieuses qui « assureront la paix ».

La dernière de ces histoires sera publiée le jour où l’Iran testera sa première bombe atomique.

Puisque les Iraniens font les mêmes offres dépourvues de sérieux que celles faites depuis des années, pourquoi les Américains et les Européens saluent-ils les pourparlers comme un nouveau commencement ? Pourquoi Ashton parle-t-elle de mesures de construction de la confiance ? Pourquoi les commentateurs et les Sénateurs américains parlent de diverses mesures que les USA pourraient prendre pour un compromis avec l’Iran ?

En milieu de semaine, la discussion allait bon train à Washington sur la perspective de dégeler quelques 50 milliards de dollars de fonds iraniens détenus sous séquestre dans des banques occidentales. Agir ainsi, nous disait-on, récompenserait les Iraniens d’être si « sérieux », mais n’impliquerait pas directement la levée des sanctions contre le régime.

Tout cela se produit parce les Américains et les Européens ont changé de jeu. Le seul développement sérieux cette semaine est la révélation de ce nouveau jeu.

Les Iraniens demeurent totalement engagés dans le développement d’armes nucléaires. Mais les USA et l’Europe ont arrêté de prêter la moindre attention à les arrêter. Au lieu de cela, les USA et l’Europe ont pour réel objectif de détruire l’opposition occidentale intérieure au programme nucléaire de l’Iran. C’est le nouveau plan du jeu américain / européens. C’est ce qui se cache derrière tous les pourparlers absurdes des propositions iraniennes « sérieuses ».

Avant sa réélection, Obama se sentit obligé de prétendre qu’il prenait au sérieux la nécessité d’empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires. Il s’opposa d’abord mais signa avec réticence des sanctions élargies adoptées à une immense majorité par les deux chambres du congrès. Il déclara à l’AIPAC qu’il soutenait Israël.

Mais maintenant qu’il n’est plus confronté à une réélection, les jeux sont faits. Le nouvel objectif d’Obama, qui est soutenu avec enthousiasme par Ashton et ses petits camarades à Bruxelles, c’est d’utiliser les nouvelles négociations avec les balivernes bruyantes du nouveau président « modéré » de l’Iran pour se donner une couverture politique et ouvrir la porte à l’acquisition de bombes nucléaires par l’Iran. Il veut se mettre à l’abri de la critique quand l’Iran aura la bombe.

Non seulement les mensonges de la Maison Blanche au sujet du « nouveau niveau de sérieux » de l’Iran donnent une marge de manœuvre à Obama prétendant agir de façon responsable, mais ils piègent Israël dans l’inaction. Après tout, comment Israël pourrait-il bombarder les installations nucléaires de l’Iran alors que celle-ci négocie si sérieusement, et se trouve « si proche » de passer un accord révolutionnaire ?

Nous ne devrions pas être surpris par cet état de faits. Obama n’a jamais agi de bonne foi avec Israël. Prenez par exemple les toutes dernières nouvelles sur la Turquie.

Jeudi dernier, l’éditorialiste du ‘Washington Post’, David Ignatius a rapporté que l’an dernier, la Turquie, membre de l’OTAN, a livré au renseignement iranien les identités de 10 des agents iraniens travaillant pour le Mossad après qu’ils eurent rencontré leurs officiers traitants en Turquie. L’acte de la Turquie a été une trahison choquante de ce qui était supposé être un objectif partagé avec Israël et les USA – empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. La Turquie a volontairement nui aux efforts d’Israël pour atteindre cet objectif en trahissant 10 agents israéliens.

Plutôt que de prendre des mesures contre la Turquie, ou seulement reconnaître que les actes du Premier ministre Recep Erdogan représentaient un changement fondamental du profil stratégique de la Turquie, Obama ignora la trahison de celle-ci. Les USA ne protestèrent même pas contre cet acte méprisable de la Turquie. Au lieu de cela, comme Ignatius le remarqua, « les relations turco – américaines ont continué de se réchauffer l’année dernière au point que Erdogan a été parmi les principaux confidents d’Obama ».

Quelques mois après que la Turquie soit entrée en collusion avec l’Iran contre Israël, Obama obligea le Premier Benyamin Netanyahou à présenter ses excuses pour l’opposition juridiquement légale à la pénétration maritime du Mavi Marmara alors qu’il cherchait illégalement à briser le blocus d’Israël sur la côte de Gaza contrôlée par le Hamas.

Sans doute, en faisant cette concession, Netanyahou croyait gagner la bonne volonté d’Obama. De la même manière, dans l’espoir d”apaiser Obama, Netanyahou a fait concession après concession aux Palestiniens – en diminuant de façon drastique les droits de propriétés juifs en Judée, Samarie et à Jerusalem et jusqu’à la libération de prison d’assassins palestiniens.

Pourtant dans tous ces cas, Obama a empoché les concessions d’Israël et exigé davantage de concessions.

Dans tous les cas, les alliés d’Obama ont utilisé les concessions pour présenter Israël sous un tableau à la fois d’allié ingrat et peu coopératif, et de gringalet. Dans le même temps, Obama a facilité les sanctions de l’UE contre Israël. Il a fait fuité dans les media des secrets de première importance sur les opérations du renseignement israélien. Il a de façon répétée menacé d’abandonner Israël face au Conseil de Sécurité de l’ONU. Il a soutenu les ‘Frères Musulmans’ en Egypte.

Et aujourd’hui, il est impliqué dans les négociations avec l’Iran qui conduiront inéluctablement à l’émergence de l’Iran comme puissance nucléaire.

S’appuyant sur les déclarations répétées de Netanyahou : « Israël ne permettra pas à l’Iran d’acquérir des armes nucléaires », il n’est pas évident de savoir s’il réalise ce qui arrive. Plus que tout autre chose, ces déclarations représentent une tentative de négocier avec Obama. Netanyahou continue de vouloir l’emporter sur Obama.

S’il y a jamais eu un seul argument en faveur du plaidoyer de Netanyahou, le temps en est passé depuis longtemps. En aucune autre occurrence, le théâtre diplomatique obscène de Genève la semaine dernière n’a rendu cela aussi clair.

Israël est seul. Nous n’avons aucune option diplomatique.

Peu importe ce que dit Israël, peu importe ce qu’il fait, ni les USA ni aucune autre des puissances occidentales ne sera jamais convaincue de prendre la seule mesure qui mettra à plat le programme nucléaire de l’Iran : bombarder ses installations nucléaires. Peu importe que, ni Obama ou n’importe quel dirigeant européen ne soutienne jamais une frappe militaire israélienne sur les installations nucléaires de l’Iran.

Israël est dos au mur. Voilà la signification des pourparlers de Genève. Si nous ne sommes pas prêts à vivre avec un Iran doté de l’arme nucléaire, nous devons cesser de jacasser et commencer à agir. Et nous devons commencer de préparer l’enfer diplomatique qui éclatera peu après.

Par CAROLINE B. GLICK

Jerusalem Post 17/10/2013

jpost.com Article original

Adaptation française de Sentinelle 5774 ©

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