Israël : Espions au coeur de Damas.

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La guerre secrète du Mossad contre le système d’Armes de Destruction Massive syriennes.Selon deux anciens hauts- responsables des renseignements militaires avec lesquels j’ai parlé récemment, les agences de renseignements ont longtemps pensé qu’ Assad n’utiliserait pas ses armes de destruction massive (ADM) et qu’il conserverait son arsenal chimique comme une monnaie d’échange et de chantage, lui garantissant un éventuel asile politique, pour lui-même, sa femme fidèle et ses proches associés, si nécessaire. Israël avait tort.

Le 10 mars 2013, des sources du renseignement israélien ont commencé à révéler que le régime syrien avait fait usage de ses armes chimiques. Un certain nombre de sources différentes et recoupées ont confirmé cette information. Parmi elles : des sources qui se sont livrées à des écoutes des fréquences tactiques de l’armée syrienne et provenant des satellites de surveillance qui observent les mouvements depuis l’extérieur d’un bunker dont on sait qu’il contient des armes chimiques.


Général Itaï Brun, analyste en chef de l’Aman.

Israël a partagé ses découvertes avec les Etats-Unis, mais Washington n’a pas voulu reconnaître la véracité de ces informations. Il était clair, pour les Israéliens, que les Américains percevaient ces renseignements comme une « patate chaude » que le Président n’était pas d’humeur à tenir entre ses mains. Sans vraiment saisir la profonde signification politique associée au fait de rendre ces informations publiques (ou, peut-être, en le faisant de manière si intentionnelle, pour mettre la pression sur Washington Article original), le Général de Brigade Itaï Brun, le chef du Département de recherche de l’AMAN, a déclaré ouvertement, le 23 avril, dans un discours à l’Institut des Etudes de Sécurité Nationale, à Tel Aviv, que le gouvernement syrien avait utilisé des armes chimiques contre ses citoyens.

Cette liberté d’expression a mis hors d’elle l’Administration américaine et l’a fortement embarrassé Article original. Washington a bégayé durant plusieurs jours et exigé des « clarifications » de la part d’Israël. A la fin, et à la suite d’un rapport transmis aux Nations-Unies Article original par la Grande-Bretagne et la France, L’Administration Obama a dû fini par admettre que l’information était, de fait, exacte. Depuis lors, afin d’éviter autant d‘agitation, les officiers supérieurs de l’Aman se voient interdits d’apparaître, lors de conférences publiques.

D’un autre côté, la coordination entre Israël et les Etats-Unis n’en a pas, pour autant, souffert et Israël continue de partager, avec les USA, l’énorme volume d’information qu’il détient sur la Syrie. Des reportages publics, comme le Wall Street Journal Article original l’a soutenu, créditent Israël de livrer « des renseignements de l’intérieur même d’une unité spéciale syrienne qui supervise les armes chimiques d’Assad », après l’attaque massive au gaz sarin du 21 août.

“Nous avons une connaissance très extensive de ce qui se passe en Syrie. Notre capacité de recueillir des informations va très en profondeur au sein de l’appareil d’Etat. Israël reste les yeux et les oreilles, parfois exclusivement, d’autres fois, en tant qu’aide complémentaire, de tout ce que les renseignements américains sont capables ou incapables de recueillir par eux-mêmes », m’a confié le Général-Major Uri Sagi, l’ancien chef des renseignements militaires d’Israël, le 19 septembre. Alors que la menace d’une attaque américaine contre la Syrie – et une éventuelle contre-attaque syrienne contre Israël – est, pour le moment, suspendue, les efforts israélo-américains pour infiltrer le régime Assad, se poursuit. Ceci est le récit attestant de ces efforts.

En mars 1990, le Premier Ministre nord-coréen s’est rendu en visite à Damas et les deux états ont signé un accord secret de coopération militaire et technologique, centré sur la livraison, de missiles Scud C et de lanceurs de missiles à la Syrie. Au début de février 1991, la première cargaison de quelques 30 missiles a été convoyée par bateau, vers le port syrien de Latakieh. La NSA et les renseignements israéliens ont appris, plus tard, que quelque chose de cet ordre était en cours, mais Washington s’est abstenu d’informer Jérusalem, par crainte que les Israéliens tentent d’intercepter la cargaison et se lancent dans un nouveau conflit moyen-oriental.

Cependant, Israël disposait de ses propres sources. Le Mossad gardait un œil sur le cargo. Des agents de la division Césarée, entraînés à pénétrer les pays arabes, attendaient le navire au Maroc, qui naviguait depuis la Corée du Nord et avait fait escale dans un certain nombre de ports africains, en route pour la Méditerranée et le port de Latakieh. Deux agents du Mossad, travaillant sous couverture, comme touristes, ont plongé sous le bateau et réussi à coller un puissant transpondeur sous sa coque.

Un F-15 de combat israélien devait lancer un missile répondant au signal émis du bateau et détruire le vaisseau en mille morceaux. Au moment crucial, cela dit, le Premier Ministre israélien Yitzhak Shamir a décidé de suspendre l’opération, par crainte qu’elle déclenche une conflagration majeure au Moyen-Orient, du fait que la Guerre du Golfe était en cours, avec la présence d’une division syrienne aux côtés des Américains.

Rétrospectivement, deux anciens responsables des renseignements israéliens avec lesquels j’ai échangé au début septembre, – l’un issu du Mossad, l’autre, de l’Aman – ont exprimé des regrets à propos de cette décision de Shamir.

“Si nous avions marqué le point à l’époque”, m’a confié l’un d’entre eux, “alors nous n’aurions pas permis à la Syrie de développer ses missiles pour transporter des ADM, et nous ne serions pas, actuellement, menacés par un énorme arsenal de missiles, capables d’atteindre n’importe quel endroit d’Israël avec des armes chimiques ».

Continuellement, l’agence de renseignements israélienne, le Mossad, a recruté des agents au sein de l’armée et du gouvernement syrien et infiltré ses propres opérateurs sous de fausses identités en Syrie, pour y mener diverses missions. Au même moment, les renseignements militaires israéliens ont recueilli un matériel crucial sur les systèmes de défense syriens.

Tout au long de ces années, les Syriens sont parvenus à capturer certains de ces espions. Le récit le plus connu reste celui d’Elie Cohen, envoyé en Syrie, au début des années 1960, sous les traits d’un marchand syrien retournant au pays, après des années où il avait fait fortune en Amérique du Sud. Cohen a nourri d’excellentes relations avec des responsables de l’armée et des renseignements syriens. Au cours de la partie à haut risque qu’il a menée, depuis son appartement cossu, juste en face des Quartiers Généraux de Damas, il a pu tirer d’eux de nombreux secrets d’état. L’officier traitant de Cohen, Gedaliah Khalaf, m’a confié de quelle façon il transmettait les toutes dernières informations à un rythme quotidien, à partir d’extraits de bavardages, de la part du plus haut échelon en Syrie, à l’aide d’une machine à transmettre le Morse, cachée dans son appartement.

David Kimche, ancien officier du Mossad et, plus tard, directeur-adjoint de l’organisation, a décrit comment le Mossad passait certaines des informations obtenues par Cohen et d’autres sources à la CIA : “Nous voulions prouver aux renseignements américains qui nous étions un atout important, pour eux, au Moyen-Orient, capable de recueillir une information qu’ils n’étaient pas en mesure de découvrir par eux-mêmes », a affirmé Kimche, dans une interview en 2002.

L’implication de l’unité 8200 a été particulièrement importante dans ce contexte, puisque responsable de l’interception des communications ennemies. Employant des milliers de soldats, elle centralise les messages, brise les codes cryptés, traduit et analyse les matériaux. Lors de la guerre des Six-Jours, Israël a remporté une victoire éclair décisive contre la Syrie et l’Egypte, en grande partie, grâce à la haute qualité de l’information livrée par l’Unité 8200 et d’autres branches des renseignements.

C’est à cette époque qu’Israël a aussi dévoilé, pour la première fois, les capacités de l’Unité 8200. Le Président syrien Hafez al Assad et le Président égyptien Gamal Abdel Nasser, qui perdaient la guerre et leurs forces aériennes dès les premières heures, ont menti au roi Hussein de Jordanie, quant à la réalité de la situation, de façon à le persuader de s’impliquer dans le combat. L’Unité 8200 écoutait la conversation et Israël, histoire d’embarrasser un peu plus les pays arabes, a décidé de la publier Article original.

Les erreurs stratégiques de l’échelon décisionnel israélien, en octobre 1973, ont eu une conséquence toute autre : Amos Levinberg, un officier de l’Unité 8200, doté d’une grande clairvoyance en matière de sécurité et d’un accès illimité à des secrets innombrables, a été fait prisonnier par les Syriens. Il avait une mémoire phénoménale, mais il souffrait, aussi, de claustrophobie. Les Syriens sont parvenus à le convaincre que leur offensive était un succès et qu’Israël avait été détruit, ce qui l’a amené à révéler tout ce qu’il savait. Le contenu de ses interrogatoires étaient directement transférés à Hafez al Assad, assez stupéfait par ce qu’il apprenait. Israël avait entendu à peu près toutes les communications militaires, y compris celles entre Assad lui-même et ses Commandants de division. Il s’est aussi révélé que les services israéliens avaient pénétré sur tout le territoire syrien et installé des dispositifs d’écoute, branchés sur tous les câbles de communications syriennes et qu’ils relayaient toutes les informations vers le central de l’Unité 8200.

Les confessions de “l’officier chantant”, comme on l’a surnommé en Israël, a causé d’énormes dégâts aux renseignements israéliens, dont les méthodes secrètes et le type de matériaux utilisés étaient, à présent, éventés. Quand il est revenu en Israël, dans le cadre d’un échange de prisonniers, l’un de ses officiers supérieurs a même publiquement suggéré qu’il ferait mieux de se suicider. De leur côté, les Syriens étaient convaincus qu’ils avaient réussi à rendre les Israéliens aveugles et surtout, sourds, pour les années à venir.

Grave erreur. Le 1er avril 1978, un travail de maintenance était mené sur le principal câble téléphonique relayant la Syrie à la Jordanie. Profondément enterré dans le sol, les ouvriers ont découvert un étrange dispositif.

Le personnel des services secrets et de l’armée envoyé sur place était persuadé qu’il s’agissait d’un nouvel appareillage sophistiqué d’écoute des Israéliens, et ils ont tenté de creuser tout autour, pour l’extraire du sol. Mais il était piégé et a explosé, tuant 12 d’entre eux. La Syrie a émis une plainte officielle contre Israël au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Au cours des années suivantes, les Syriens ont continué à découvrir d’autres engins identiques profondément enterrés dans le sol. Lors des occasions suivantes, ils ont fait attention de ne pas les manipuler, et ont, plutôt fait appel à des agents du GRU, la branche des renseignements de l’armée soviétique, qui disposaient d’équipements spéciaux pour manœuvrer les engins piégés. Mais, eux aussi ont commis des erreurs, et quatre d’entre eux ont trouvé la mort dans une explosion.

En juin 1982, la Syrie a, une fois encore, essuyée une défaite amère, quand, approximativement, 100 de ses avions de chasse ont été abattus au cours de l’invasion israélienne du Liban, sans que la Syrie ne parvienne à abattre le moindre aéroplane israélien. C’était dû, entre autres raisons, au superbe niveau de renseignements qu’Israël avait amassés, concernant l’air force syrienne et ses batteries anti-aériennes Article original.

Après la guerre, Assad, lui-même ancien commandant des forces aériennes syriennes, a commencé à attribuer ses ressources vers d’autres options qui auraient un peu plus d’efficacité. Il a drastiquement réduit le budget de l’armée « régulière » syrienne et a misé l’argent récupéré, à la fois sur la réhabilitation de l’armée de l’air, mais surtout sur l’acquisition de missiles.

Ainsi, en 1984, la Syrie a signé un contrat avec la Chine pour la livraison de missiles M-9, alimentés par un propulseur solide et qui atteignait une portée plus grande que les Scuds précédemment achetés à l’Union Soviétique. L’accord, cela dit, a été annulé, grâce à de fortes pressions des Etats-Unis, eux-mêmes sous la forte pression d’Israël, qui avait obtenu des renseignements sur le contenu de l’accord imminent, de la part d’un agent de haute voltige à Damas.

De même, lors de l’alliance passagère de la Syrie avec la coalition menée par les Etats-Unis, durant la première Guerre du Golfe, le commandant de la division envoyée combattre en Irak, est retourné au pays, plein d’admiration – sentiment partagé par le chef d’Etat-Major de l’armée syrienne, le Général Hikmat al Shihabi –pour la puissance de la machine de guerre américaine. Ils étaient, en particulier, très impressionnés par la précision des missiles et bombes dont l’armée de l’air américaine avait fait un usage massif, dont certains étaient, pour la première fois, déployés en combat.

A la suite de leurs comptes-rendus, Assad a convoqué une série de réunions, dans la seconde moitié de 1991, qu’il a présidées en personne et auxquelles assistaient les chefs des forces armées syriennes, des renseignements et de l’agence du pays pour le développement de l’armement, le Centre d’études et de recherches scientifiques (CERS, basé à Jamrayia, bombardé en janvier 2013). Les renseignements israéliens sont parvenus à obtenir le contenu de ces rencontres au sommet.

Assad a informé ses subalternes qu’en ce qui le concernait, l’hypothèse fondamentale devait être que si les Américains possédaient un arsenal aussi précis qu’impressionnant, les Israéliens devaient aussi disposer d’une balistique quasi-identique.

En d’autres termes, l’écart technologique et qualitatif entre les armées syrienne et israélienne était encore plus profond qu’auparavant. Assad a déclaré que, selon lui, il n’y avait pas pas moyen de combler ce retard dans un avenir proche.

Ainsi, Assad décidait d’investir dans la puissance d’une nouvelle génération de missiles – confiée à une division de l’armée de l’air sous son commandement direct et principalement dirigée par des Alaouites fidèles, comme lui. Assad a aussi décidé que les missiles que ce bras armé déploierait seraient surmontés d’ogives chimiques meurtrières. Cette décision résulte donc directement de la volonté américaine de s’aliéner un maximum de forces arabes pour combattre Saddam Hussein.

L’investissement en missiles était fondé sur l’hypothèse présentée par Assad, lors de ces réunions, disant que l’armée de l’air syrienne serait incapable de pénétrer les défenses anti-aériennes israéliennes, mais que des pluies de missiles dotés d’ogives chimiques pourraient y parvenir.

En 1998, le Mossad a eu connaissance des détails de certaines de ces transactions. Le Premier Ministre Ehud Barak a tenté d’en alerter les têtes dirigeantes à Moscou, au cours des rencontres qu’ils a eu avec elles, en 1999, mais en vain.

Il semblait que Yelstine ne pouvait pas, ou ne voulait pas intervenir. Quand les Israéliens ont constaté que leurs pressions étaient inutiles, on a demandé à des agents du Mossad, en Europe de se faire passer pour des chercheurs indépendants travaillant en coulisse pour tourner un film documentaire sur la guerre chimique.

Ils ont contacté, de façon répétée, des responsables de haut-rang au Kremlin et dans l’armée russe, pour leur dire que, d’après leurs informations, le Général Anatoly Kuntsevich Article original vendait du matériel utilisé dans le cadre de la guerre chimique à la Syrie. Le but de l’opération était d’effrayer Moscou à l’idée que cette information était sur le point d’être rendue publique, par la diffusion d’un tel film. Malheureusement, ça n’a pas marché, non plus, et au-delà d’une sévère mise en garde, rien n’a été entrepris pour faire plier le général russe.

Le 3 avril 2002, Kuntsevich a trouvé mystérieusement la mort, alors qu’il était à bord d’un vol de Damas à Moscou. Toute aussi mystérieuse est l’inscription apposée sur sa pierre tombale à Moscou, qui déclare la date de sa mort comme remontant au 29 mars. Les renseignements syriens sont convaincus que le Mossad se trouve derrière les motifs réels de sa disparition. Les responsables israéliens n’ont jamais commenté de telles allégations. Le Général Yuri Ivanov, directeur-adjoint du GRU, les renseignements militaires russes, a connu le même sort, le 16 août 2010, disparu, alors qu’il était en route pour une rencontre avec les chefs des renseignements syriens.


Le Général russe Youri Ivanov, resté éternellement en vacances sur des rivages turcs.

Le 25 juillet, dans le principal centre chimique de Syrie, à Al Safir, une horrible réaction en chaîne Article original s’est produite, sur la ligne des composants des ogives de VX (fourni par les Russes), un plan de travail construit par les Syriens et les Nord Coréens. L’un des canaux alimentant la ligne d’assemblage avec ces substances a explosé et, en quelques secondes, la chaîne toute entière s’est transformée en un brasier infernal. L’explosion a été si puissante que les portes blindées ont été projetées à l’extérieur du bâtiment et que les gaz toxiques se sont échappés et propagés à travers toutes les installations d’Al Safir.

La première explosion a tué 15 Syriens et, selon des rapports parvenus au Mossad, 10 ingénieurs iraniens présents sur le site. Un nombre inconnu de personnes a été sérieusement blessé et on estime que 200 sont restées infectées. Les secours et forces de première urgence, stationnées en permanence sur le site, ont été incapables d’en sortir toutes les victimes et les autorités ont dû faire appel à des combattants du feu et autres services de secours extérieurs, enfreignant ainsi leur règle fondamntale de maintenir secrète au maximum l’existence d’un tel endroit.

Les investigations réalisées ultérieurement par une équipe spéciale designée par le Président syrien sont parvenus à la conclusion sans équivoque qu’il s’agissait d’un acte intentionnel et prémédité de sabotage, bien qu’à ce jour, les indices devant mener à ses auteurs n’aient jamais pu être réunis. Un Ministre important du cabinet israélien, s’entretenant avec moi sous couvert d’anonymat, n’a pas fait directement référence à l’explosion d’Al Safir, mais m’a simplement suggéré par une allusion qu’il s’agissait d’un « merveilleux accident bienvenu »>Article original ».

Le fils d’Hafez, Bachar lui succédant, a nommé le Général Mohamed Suleiman comme dirigeant des projets dits spéciaux, en lui confiant, notamment, la gestion de l’arsenal d’armes chimiques, supervisée depuis le palais présidentiel.


L’imputation de départ, par un site amateur iranien, est presque amusante.

Assad et Suleiman ont exploité la relation déjà existante avec la Corée du Nord, pour conclure l’accord de livraison d’un réacteur nucléaire, en vue de la production d’armes nucléaires.

Assad et Suleiman sont parvenus à cacher totalement aux Israéliens l’existence de ce site. Ils y sont arrivés, principalement en ordonnant de ne transmettre aucune information électronique sur le projet et, effectivement, « en sont revenus », comme l’a déclaré une enquête conduite par les renseignements militaires israéliens, aux vieux principes de la version papier, envoyée vers ses destinataires par des messagers chevauchant des motocyclettes. Lorsque les Israéliens ont commencé à identifier le réseau construit sous leur nez, au bout d’un délai assez long, on l’a surnommé, au sein des renseignements, comme l « ’armée des ombres du Général Suleiman ».

Sans l’avoir mis en relation directe avec un tel projet, dont les Israéliens ont tout ignoré durant 5 ans, des agents du Mossad ont réussi à tracer la piste d’un responsable syrien de haut-rang, en voyage d’affaires à Londres, en janvier 2007. Alors qu’un agent féminin de l’unité « Arc-en-Ciel » du Mossad l’occupait au Bar de l’hôtel, sa chambre était entièrement retournée Article original de fond en comble, et des copies étaient faites à partir de deux clés USB, abandonnées à côté de son ordinateur portable.


Unité suggestive « Rainbow »…

On a découvert que le matériel volé contenait les photos du réacteur en construction. Les Israéliens ont sursauté devant ces découvertes, et le Premier Ministre Ehud Olmert les a transmises d’urgence au Président américain George W. Bush.

La CIA et la NSA ont conduit leurs propres investigations et sont arrivées à la conclusion que l’information était exacte Article original. Olmert a demandé à Bush de bombarder le site, et lorsqu’il s’est vu retourner une réponse négative, il a donné l’ordre à l’armée de l’air israélienne de le détruite en septembre 2007.


Opération Orchard, 6 septembre 2007.

Suleiman, avant d’être assassiné par les forces des opérations spéciales israéliennes, en août 2008, encourageait aussi Assad à fortement intensifier ses liens avec le groupe terroriste du Hezbollah Article original. Cette collaboration transitait essentiellement par l’intermédiaire de Suleiman et d’Imad Mughniyeh, le n°1 de la branche extérieure du Hezbollah, victime d’une « sortie de route », lors d’une autre opération du Mossad, le 12 février 2008, en plein centre de Damas.

Actuellement, Israël est tout-à-fait au courant de l’affaiblissement de l’armée syrienne. Des renseignements top-secrets réunis par les agences d’espionnage israéliennes, au cours de la dernière année, concernant les transferts d’armes, dont des pièces de Scud et des missiles avancés russes de type Yakhont (SS-N-26) , ont été interprétés sans la moindre hésitation , par le Premier Ministre Netanyahou. Chaque fois qu’une cargaison a pu être identifiée, elle a été détruite par des missiles de précision. Israël n’a pas reconnu officiellement qu’il était derrière les six attaques de ce genre, qui ont eu lieu jusqu’à présent, mais des sources des renseignements américains et les annonces syriennes ont tenu à rendre explicite que l’armée de l’air israélienne avait bel et bien frappé ces stocks de missiles.

Par RONEN BERGMAN | 19 septembre 2013

foreignpolicy.com Article original
Adaptation : Marc Brzustowski

3 COMMENTS

  1. J’suis fier de toi ISRAEL;on va leur faire tous la peau,a tous ces dégénérés d’arabes islamistes et leur putain d’alliés russes,chinois et coréens,et si il ya aussi des européens à leur côté,ils passeront aussi à la casserole.TON DIEU EST LE PLUS FORT….COURAGE

  2. Oui bientôt iran et vite , car ils st en train d’enfumer le crétin de la maison blanche…
    Il faut frapper , il ;n’y a plus le choix et frapper tres tres fort!…on ne pourra compter que sur ns meme…
    et Achem.

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