Iran-Etats-Unis: la tension monte

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Les dirigeants de près de 50 pays ont commencé à arriver dimanche 11 avril à Washington pour un sommet exceptionnel sur la sécurité nucléaire, alors que la tension montait encore d’un cran entre les Etats-Unis et l’Iran

Le secrétaire à la Défense Robert Gates et la secrétaire d’Etat Hillary Clinton sont apparus côte à côte dimanche 11 avril dans une série d’entretiens télévisés, insistant à chaque fois sur la défiance américaine envers Téhéran.

“Toutes les options sont sur la table”

“Toutes les options”, y compris militaires et nucléaires, sont sur la table pour Washington au sujet de l’Iran et de la Corée du Nord, car ces pays ne respectent pas le traité de non-prolifération, a lancé Robert Gates sur CBS.

Mme Clinton a souligné pour sa part que la “patience stratégique” des Etats-Unis avait permis d’obtenir un soutien international à des sanctions contre l’Iran. Une allusion aux espoirs de Washington d’obtenir bientôt l’accord de la Chine à de nouvelles sanctions contre l’Iran à l’ONU.

Le Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, avait violemment dénoncé quelques heures plus tôt “la menace nucléaire déshonorante” posée selon lui par Barack Obama. Si l’Iran sera dans tous les esprits au sommet de Washington, et sans doute au coeur de bien des entretiens bilatéraux, le thème officiel de la réunion est la sécurisation des stocks nucléaires sensibles, afin d’empêcher que des terroristes ne s’en emparent.

Soutien d’ElBaradei

M. Obama doit avoir de premiers entretiens bilatéraux dimanche après-midi, dans une capitale américaine soumise à des mesures de sécurité drastiques. Il rencontrera l’Indien Manmohan Singh, le Kazakh Noursoultan Nazarbaïev, le Sud-Africain Jacob Zuma, le Pakistanais Yousuf Raza Gilani et le Nigérian Goodluck Jonathan.
Le sommet proprement dit commence lundi soir et se poursuivra mardi.

La Maison Blanche a déjà prévenu que le président demanderait à ses homologues de s’engager à atteindre l’objectif de sécuriser les stocks nucléaires sensibles en quatre ans. M. Obama a déjà enregistré le soutien de l’ancien patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei.

“La plus grande menace qui plane sur le monde serait que des extrémistes puissent avoir accès à l’arme atomique”, a estimé l’Egyptien dans une interview au Journal du Dimanche.

“Des sanctions dures sont notre dernier espoir d’éviter une décision très difficile, c’est-à-dire soit une intervention militaire contre l’Iran, soit un monde dans lequel l’Iran a des armes nucléaires”

Le sommet n’est qu’un des volets d’une vaste offensive diplomatique américaine pour relancer le désarmement nucléaire. Il intervient après la signature du nouveau traité START de désarmement nucléaire avec la Russie, le dévoilement d’une nouvelle doctrine nucléaire limitant les cas d’emploi de la bombe, et avant la conférence de révision du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en mai à l’ONU.

Selon le blog The Cable, le vice-président Joseph Biden doit recevoir des chefs d’Etat lundi à sa résidence, afin de préparer ce rendez-vous sur le TNP. A Washington, le sénateur indépendant Joe Lieberman a qualifié le sommet de “bonne idée”. Mais les efforts de Barack Obama seront vains, a-t-il averti, si l’Iran poursuit ses ambitions nucléaires.

“Des sanctions dures sont notre dernier espoir d’éviter une décision très difficile, c’est-à-dire soit une intervention militaire contre l’Iran, soit un monde dans lequel l’Iran a des armes nucléaires”. Dans un cas comme dans l’autre, “tous les efforts que font le président et d’autres seront balayés, que ce soit le traité START (de désarmement nucléaire avec la Russie), ou le sommet nucléaire de cette semaine”, a-t-il affirmé.

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