Hollande un candidat à la hauteur de ses ambitions?

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Deux aspect du candidat PS à la Présidentielle 2012 :

-Pourquoi Hollande renonce à ses voyages à l ‘étranger.

-Rost : « Si Hollande est élu, il peut y avoir de nouvelles émeutes »François Hollande aurait-il le mal des transports?

Depuis qu’il a été désigné en octobre, le candidat PS n’a effectué aucun déplacement hors des frontières européennes.

Au début de sa campagne, ses proches évoquaient pourtant des visites aux Etats-Unis, au Brésil ou en Afrique… Las.

Le passeport du député de Corrèze restera vierge.

Lui qui parcourt la France de fond en comble a fait le choix d’envoyer ses émissaires à l’étranger.

Laurent Fabius s’est déjà rendu au Proche-Orient.

Il a été au Japon, après avoir écourté sa visite en Chine.

Martine Aubry ira, elle, au Maroc à la mi-mars, puis elle se rendra en Algérie et en Tunisie, avant de s’envoler pour la Russie.

Quant aux Etats-Unis, c’est Pierre Moscovici, le directeur de campagne, qui s’en chargera, le mois prochain.

Il devrait y rencontrer notamment la secrétaire d’Etat Hillary Clinton et le vice-président, Joe Biden.

Impossibilité de rencontrer des dirigeants de haut rang

Pourquoi Hollande refuse-t-il donc de passer les frontières?

Il confie qu’il préfère ne pas « trop s’éloigner de France », craignant d’être absent quand surviendrait un gros événement ou une polémique.

L’entrée en campagne de Sarkozy le conforte dans cette idée.

« L’intuition de François Hollande, c’est que la campagne se joue en France auprès des Français », confirme Moscovici.

Mais Hollande se heurte aussi à l’impossibilité de rencontrer des dirigeants de haut niveau à l’étranger.

Difficile de concurrencer sur ce terrain le président sortant qui joue à fond de sa stature internationale : une interview commune avec Obama en novembre, une autre avec Merkel qui l’assure de son soutien le 6 février, une conférence de presse avec Cameron, le Premier ministre britannique, lui souhaitant « bonne chance » vendredi dernier…

Jamais Hollande ne pourra avoir de photos aussi belles.

En décembre dernier, un voyage avait été calé aux Etats-Unis pour rencontrer Hillary Clinton.

La formule envisagée prévoyait même qu’Obama pourrait y passer une tête, sans caméras.

Mais le socialiste a finalement choisi d’y renoncer. « Obama ne pouvait pas s’afficher avec lui, il est lui-même en campagne et poser avec un socialiste français ne plairait pas à ses électeurs », plaide un proche de Hollande.

Le candidat se contente donc de l’Europe.

Mais même là, rien n’est facile.

Après Rome et Madrid, il envisageait de se rendre de nouveau à Berlin pour rencontrer Merkel.

« La proposition lui a été faite, c’est à elle de se manifester maintenant », confie-t-il, sans trop y croire.

La semaine dernière, il a été à Londres, mais sans voir Cameron alors que son entourage assurait il y a plusieurs semaines qu’il verrait le Premier ministre anglais.

« Il y a sans doute eu des pressions de la part de la diplomatie française », lâche un socialiste.

Hollande fait bonne figure et assure presque que ces défections l’arrangent :

« Après ça, difficile de dire que c’est moi le candidat du système! »

Rosalie Lucas

le 22.02.2012

Le Parisien

http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/candidats/pourquoi-hollande-renonce-a-ses-voyages-a-l-etranger-22-02-2012-1872427.php

Compagnon de route de François Hollande depuis 2008, le rappeur Rost serait-il le premier déçu du hollandisme ?

Rost : « Si Hollande est élu, il peut y avoir de nouvelles émeutes »

Le rappeur soutien du candidat PS à la présidentielle fustige le mépris de son équipe de campagne pour les quartiers populaires.

Compagnon de route de François Hollande depuis 2008, le rappeur Rost dénonce le mépris de l’équipe de campagne du candidat PS à la présidentielle pour les quartiers populaires.

Rost, premier déçu du hollandisme ?

Le Point.fr : « L’avenir, c’est nous », l’une de vos chansons, ouvrait il y a peu encore les meetings de François Hollande. Aujourd’hui, c’est la rupture. Que s’est-il passé ?

Rost : Une conférence de presse était programmée cette semaine pour annoncer les initiatives de François Hollande en faveur de l’implication des quartiers populaires dans sa campagne.

Elle n’a pas eu lieu.

Pourquoi a-t-elle été annulée ?

Le flou règne dans son équipe sur ces questions.

Depuis 2008 et la sortie de mon livre Enfants des lieux bannis, dans lequel je mettais en cause le PS et sa frilosité sur les questions de diversité et la gestion de la question des banlieues, je discute avec François Hollande.

C’est quelqu’un d’humain qui est attentif à l’avis des autres. J’ai rencontré beaucoup d’hommes politiques à la science infuse, lui il est simple.

En même temps, il écoute beaucoup et il ne décide rien…

Durant les primaires, on s’était mis d’accord pour mettre en place une petite équipe destinée à aller vers les électeurs des quartiers pour les convaincre de voter pour Hollande. Elle était censée travailler en collaboration avec le staff de campagne.

Après de multiples tergiversations, où chacun des membres influents de sa garde rapprochée s’est renvoyé la balle, rien n’a été décidé.

On parle pourtant d’un « Grenelle » des banlieues pour la fin mars.

C’est une initiative personnelle qui n’a reçu l’aval ni du candidat ni de son équipe.

En plus, le terme « Grenelle » est totalement démonétisé. Je comprends que Hollande ne veuille pas s’associer à ça.

À quoi attribuez-vous ce flou ?

Comme aucune des idées dont j’avais parlé avec François Hollande, Pierre Moscovici ou Stéphane Le Foll ne se concrétisait, j’ai fini par adresser un mail à François Hollande pour lui faire part de ma lassitude.

Il m’a alors renvoyé sur Faouzi Lamdaoui.

Ça n’a fait qu’empirer le problème.

En fait, je me suis rendu compte que certains membres de son équipe pensent que François Hollande a déjà gagné, que les électeurs des banlieues leur sont déjà acquis et qu’il n’y a pas besoin de faire campagne.

On se retrouve dans la même configuration qu’en 2002.

Sauf que la situation a beaucoup changé dans l’électorat naturel du PS. Dans les quartiers, on n’en peut plus du paternalisme.

Le PS a gardé un état d’esprit colonial.

Il n’a pas compris qu’au XXIe siècle, tout le monde aspire à être coproducteur des décisions qui les touchent, dans les banlieues comme ailleurs.

Il existe pourtant une équipe qui travaille sur ces thèmes autour de Claude Dillain, le maire de Clichy-sous-Bois.

Il y a très peu de gens de terrain dans son équipe.

Au PS, il y a une prime aux apparatchiks sur les hommes et les femmes qui connaissent les sujets dont ils parlent.

Je précise que je ne recherche aucune place pour moi.

Vous craignez le pire pour les quartiers dans les années à venir ?

Si François Hollande l’emporte et qu’il ne s’entoure pas mieux, qu’il ne rompt pas avec la vision paternaliste de son entourage, il y aura de nouvelles émeutes.

Et je souhaite qu’il gagne, malgré tout.

En 2004, j’ai sorti mon premier album solo, La voix du peuple.

Dans un des titres, « Rêve solution », je disais aux politiques : attention, les jeunes dans les quartiers sont de plus en plus sous tension, si les choses ne changent pas maintenant, ça va péter.

La chanson est entrée en programmation sur les radios et a été retirée au bout de deux jours.

J’avais expliqué à l’époque que casser le thermomètre ne soignerait pas le mal.

Et ça a explosé, quelques mois après.

AZIZ ZEMOURI

Le Point.fr

Le 03/03/2012

http://www.lepoint.fr/politique/election-presidentielle-2012/rost-si-hollande-est-elu-il-peut-y-avoir-de-nouvelles-emeutes-03-03-2012-1437443_324.php

1 COMMENT

  1. Oscar du meilleur acteur : Sarkozy . Oscar du meilleur second rôle : Hollande . La seule perdante : La France .

  2. Pour ma part, j’ai réalisé un aspect du décalage entre les deux candidats en regardant les vidéos de L Gerra sur RTL.
    Hollande ne semble pas du tout à l’aise, Sarkozy, lui montre au moins de l’humour …
    A ne pas manquer

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