Hessel indigne encore

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Même format, même couleur grise de la couverture, même typographie, même point d’exclamation. Dans Le vieil homme m’indigne ! Gilles-William Goldnadel, avocat pénaliste et président de l’association France-Israël –

mène une attaque en règle contre Indignez-vous !, le best-seller de Stéphane Hessel, en jouant sur l’apparente similarité des deux ouvrages. Passage en revue de trois lignes de front. 

La vertu de l’iconoclasme

Attention, chute d’idole. Déboulonnage. Blasphème ! Gilles-William Goldnadel signale dès les premières pages de son livre l’audace dont il s’apprête à faire montre. « S’en prendre à Hessel, assure-t-il, relève de la kamikazerie. Lui faire affront revient à se faire hara-kiri avec une plume. Stéphane Hessel, c’est l’abbé Pierre, moins la soutane ». Fichtre. Aussi bien tournée soit-elle, la formule est-elle juste ? Nombreux furent ceux, journalistes et intellectuels, qui montèrent au pinacle le « phénomène » Hessel. Nombreux aussi ceux qui, après le fulgurant succès de ce que ce dernier a coutume d’appeler, avec le sourire bienveillant de l’aïeul, son « petit livre », osèrent en souligner « le simplisme » (Le Magazine littéraire) ou l' »angélisme cacochyme » (Le Figaro). Rien de plus facile, du reste, pour un fascicule qui explique que l’avenir du monde repose sur la non-violence et que les sujets d’indignation sont pléthore. Stéphane Hessel se dit d’ailleurs volontiers estomaqué par son propre succès et, alors que son livre se distribuait à qui mieux mieux sous les sapins de 2010, assurait l’avoir écrit d’une traite comme une sorte de lettre aux générations futures.


L’obsession israélienne

C’est là le nerf de la guerre. Gilles-William Goldnadel dénonce en effet la « focalisation maladive » et la « haine obsessive » de Hessel pour Israël. Il ne connaîtrait en effet qu’un sujet d’indignation : le sort fait aux Palestiniens. Hessel « n’est nullement indigné par le génocide du Sud-Soudan ou du Darfour (…). Stéphane n’appelle pas à la résistance contre le régime despotique de Damas (…). Le livre d’Hessel rebelle, traduit en mandarin, va pouvoir être vendu dans les librairies de Pékin et de Shangai, parce que Stéphane n’est nullement indigné par la situation faite au peuple tibétain ou aux dissidents chinois. »
Indignation sélective, donc ? Hessel prête en effet le flanc aux critiques, en consacrant une majeure partie de son livre à la cause palestinienne . Hessel attire en outre les flèches en affirmant que si le terrorisme ne peut être accepté ni excusé, du moins peut-on le « comprendre » lorsque, comme à Gaza, il vient d’une population occupée, et aux moyens militaires inférieurs à ceux de la puissance occupante – « justification » pure et simple du terrorisme, pour Gilles-William Goldnadel. Plus délicat, l’avocat assure que Stéphane Hessel se drape, pour défendre ces positions, dans des origines juives contestables. Le livre, écrit-il, « omet de préciser que (…) sa mère était la fille d’un banquier prussien protestant et antisémite… ». L’auteur se garde de tirer quelque conclusion de cette allusion ; elle n’est pas sans sous-entendus.

Les habits neufs de l’imposteur

« Antisioniste » et « indigent », Stéphane Hessel serait aussi un « imposteur ». Il n’aurait en effet pas participé, comme il le prétend dans son « soi-disant » livre, à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Gilles-William Goldnadel oppose ainsi les différentes manières dont Hessel a présenté son rôle à cette époque. En 2008, il expliquait avoir été « en contact permanent » avec les rédacteurs de la Déclaration, et en avoir suivi l’élaboration au plus près sans y avoir directement participé. Dans la post-face d’Indignez-vous ! est écrit au contraire, selon Le vieil homme m’indigne !, qu' »on lui doit la rédaction de plusieurs articles ». À ceci près que, comme le relève Rue 89, cette citation s’applique dans le texte d’origine non pas à Hessel, mais à René Cassin, « véritable rédacteur » de la Déclaration… à qui Gilles-William Goldnagel dédie son livre.

source le point .fr Article original

1 COMMENT

  1. Si René Cassin était encore parmi nous aujourd’hui il lui tirerait les oreilles et lui dirait  » Hessel tu n’as pas honte ? » . N’as tu rien appris de 39 à 45 ? Et ces 6 millions ne te suffisent pas ? Ce petit Peuple de retour chez lui aprés 2000 ans ne mérite t il pas enfin de vivre en paix ? Je me demande sincèrement si sa haine ne l’aveugle pas , et si frappé de sénilité , comprend il encore quelque chose ? En tout cas effectivement c’est courageux de votre part Monsieur Goldnadel , aujourd’hui on ne touche pas aux icônes  » hallal  » .

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