‘Hanouka et ses mystères

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L’histoire de ‘Hanouka raconte le miracle d’une fiole d’huile qui brûla pendant huit jours alors qu’elle contenait la quantité d’huile prévue pour un seul jour.
Hanukah 2013 :Du mercredi 27 novembre au soir au jeudi 5 décembre 2013

Ce miracle se situe au IIème siècle avant notre ère, à l’époque du Second Temple, lorsque la famille des Maccabées initia une révolte contre l’oppression grecque. Ainsi une poignée de juifs vainquirent les armées d’Antiochus IV, roi des Séleucides. En – 168, Antiochus IV avait interdit la pratique du judaïsme, pillé le Temple de Jérusalem et l’avait consacré aux dieux grecs. Pour avoir une idée de ce qu’il voulait imposer aux juifs, en décembre – 167, il promulgua un édit qui ordonnait d’offrir des porcs en holocauste et interdisait la circoncision… On le surnomma alors Epimane, (qui signifie l’insensé) : allusion ironique à son nom Antiochus IV, l’Epiphane (l’Illustre). En – 166, ses troupes furent battues par les juifs.

‘Hanouka commémore l’inauguration du Temple après cette victoire militaire miraculeuse. Mais la célébration de cette fête s’effectue sur un mode plus poétique que des parades militaires, puisque l’on allume des «lumières», des Nérot.

Cette année, ‘Hanouka commence le mardi 20 décembre au soir. Le jour même du solstice d’hiver, une demi-heure après le coucher du soleil, nos chaumières vont commencer à s’emplir d’une lumière douce et gourmande…

Nous allumerons une première bougie, puis une supplémentaire le lendemain. Et ce, pendant huit jours. La fiole d’huile brûla pendant huit jours. Pourquoi devons-nous allumer une nouvelle lumière chaque jour ? Pourquoi ne s’agit-il pas d’une seule lumière, allumée le premier jour, qui brûlerait pendant huit jours ? Et pourquoi cette progression de un à huit ? Enfin, autre halakha à questionner, pourquoi est-il interdit de tirer profit des nérot de Hanouka ? On ne doit pas s’en servir pour s’éclairer ou pour allumer une autre flamme.

Souvent nous trouvons différentes explications plus ou moins pertinentes du pourquoi de cette durée de huit jours. Après cette guerre contre les armées d’Antiochus IV, il fallait reconstruire l’autel, rétablir le culte des sacrifices et pour ce faire, préparer de nouveaux ustensiles sacrés. Ce qui n’est pas très compatible avec le «nettoyage» d’un champ de bataille… Les Maccabées trouvèrent cette fameuse fiole d’huile intacte dans le Temple. Elle contenait de quoi brûler pendant un jour. Et ils devaient en attendre huit avant de pouvoir refaire de l’huile «cachère», «conforme» pour brûler dans le Temple. D’où provient cette obligation de respecter ces délais de huit jours ? Après avoir touché des morts, les cadavres des victimes du soulèvement contre les Grecs, les Maccabées devaient attendre sept jours avant de pouvoir se purifier le huitième. Autrement l’huile n’aurait pas été conforme.

Les lumières que nous allumons à Hanouka célèbrent cette flamme qui brûlait dans le Temple. Si nous en faisons usage pour nous éclairer ou allumer une autre flamme, cette lumière devient un outil matériel. Or, ce n’est pas ce qu’elle symbolise. La lumière du Temple symbolise la connaissance de D. qui doit d’ailleurs aller en croissant, de un à huit plutôt que de huit à un… Chaque être doit s’élever, croître spirituellement en progressant dans sa connaissance de D.

Une flamme est quelque chose que l’on peut partager sans perdre une partie de ce que l’on possède. Si nous enseignons quelque chose à notre prochain, il partira avec la même chose que ce que nous possédions et nous n’aurons rien perdu de ce que nous avions. Le feu de la connaissance est donc un partage sans défaut. C’est différent lorsque l’on partage un litre d’eau ou bien un kilo de pommes, ce qui est donné se traduit par une perte. La flamme se transmet sans perte comme la connaissance. Partager, transmettre ce que l’on sait ne nous rend pas plus ignorant, au contraire… La lumière n’est donc pas matériel, tout comme la connaissance. Ce sont des choses absolues. Voilà pourquoi il faut se garder «d’utiliser» la lumière de Hanouka au titre de sa matérialité, pour célébrer un esprit libre comme le vibrato d’une flamme et la force spirituelle des Maccabées qui n’ont rien voulu compromettre de leur foi et de leur conviction.

La fête de ‘Hanouka est aussi un message d’espoir. Autour du solstice d’hiver, cette année le jour même (!) du solstice d’hiver, au moment où le «monde» est plongé dans les ténèbres, où le peuple juif s’est trouvé le plus menacé, il a été possible de revenir vers la lumière, à l’aide d’un miracle… comme un signe de D. Hanouka raconte qu’aucun malheur, même au plus sombre, n’est une fatalité, et que l’espérance de jours plus lumineux doit restée en nous plus vivace que jamais.

Shirel Mignon

JForum.fr

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