Genève : l’intransigeance iranienne et les leçons de la guerre de Kippour

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L’Iran veut faire de la reconnaissance du diktat de la “Fatwa” de Khamenei supposée interdire le développement d’armes nucléaires”>Article original la base incontournable de toute négociation. Les Etats-Unis évitent de mettre Israël au courant du contenu des pourparlers de Genève, laissant Netanyahu dans le plus grand flou artistique.

Les négociateurs iraniens sont arrivés à Genève, mardi 15 octobre, armés de positions inflexibles, proches du tout-ou-rien, pour ces pourparlers avec les six puissances mondiales, à Genève, concernant leur programme nucléaire. La mesure la plus importante en vue d’un accord, a déclaré le Ministre-adjoint des affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, consiste, à ce que les 6 puissances acceptent la « Fatwa » de 2006, édictée par le Guide Suprême, qui interdirait le développement d’armes nucléaires. Autrement dit, que le monde accepte de croire sur “parole” l’Iran et ses soi-disant bonnes intentions pacifiques.

Les sources iraniennes de Debkafile rappellent que, bien que le Président Barack Obama ait cité cette “Fatwa”, elle n’a été diffusée que comme stratagème s’inscrivant dans une propagande bien rôdée, puisqu’elle est sans valeur d’obligation religieuse. La tactique iranienne consiste à utiliser ce « décret » pour forcer les six puissances (les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité + l’Allemagne) à se plier à l’autorité de l’Ayatollah Ali Khamenei et à lui accorder un statut équivalent à celui d’un dirigeant de grande puissance mondiale.

L’équipe iranienne a débué cette réunion de deux jours par la présentation d’un power-point, mais a ensuite déclaré que les détails de ses propositions exposées restent “confidentiels”.

Les autres délégations ont donné leur accord pour qu’on suive cette procédure, bien que dire qu’elles étaient déçues serait un euphémisme. Elles étaient déconcertées par les quatre arguments avancés par les Iraniens :

1. Les puissances mondiales doivent accepter le droit de l’Iran à enrichir l’uranium sans limitation. Tous les sites d’enrichissement de Fordo, Natanz et le site d’eau lourde en construction d’Arak, pour la production de plutonium resteront en place.

2. Toutes les sanctions imposées à l’économie iranienne, que ce soit par le Conseil de Sécurité de l’ONU, les Etats-Unis ou l’Europe doivent, d’abord et avant tout, être levées.

3. L’Iran garantit d’apporter toute la transparence nécessaire et d’accepter la supervision de l’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA), mais rejette toute inspection-surprise ou hâtive. devant les piètres résultats et le manque de conviction de la veille, l’Iran a, néanmoins, concédé, le lendemain, mercredi, cette ouverture minimale”>Article original.

4. L’acceptation de la vraie-fausse “Fatwa” de Khamenei est la condition sine qua non d’un accord avec les six puissance mondiales.

A la fin du premier jour des discussions, la Haute-Représentante pour les affaires étrangères de l’UE, Catherine Ashton, qui préside la conférence de Genève, a pris à part le négociateur iranien Araghchi et lui a demandé de ramener des propositions plus sérieuses à la table des négociations.

Jusqu’à mardi soir, l’Administration Obama s’est abstenue de relayer le moindre mot émanant du processus de Genève, à l’intention du Premier Ministre Binyamin Netanyahu, qui attendait à Jérusalem cette mise au point promise.

Sa réplique à l’intransigeance arrogante de l’Iran, lors des discussions de Genève et le fait qu’il était laissé dans l’obscurité la plus totale par Washington n’a pas été longue à venir.

S’exprimant devant une session de la Knesset marquant les 40 ans de la Guerre du Kippour, mardi après-midi, le Premier Ministre a déclaré : “La leçon n°1 qu’Israël a retenue de la Guerre de Yom Kippour a été : « ne jamais s’interdire une frappe préventive a priori ». Bien que cette option ne soit pas forcément nécessaire dans toutes les situations, elle mérite une prise en considération sérieuse et minutieuse.

Netanyahu a poursuivi en ajoutant : “La réaction internationale, potentiellement négative, à une telle attaque est de bien moindre conséquence que le prix du sang qu’Israël est apte à payer pour tout « revers stratégique » et à cause de la nécessité impérative de représailles fortes, afin de rétablir sa dissuasion“>Article original ».

Néanmoins, à l’issue de la première journée, la Maison Blanche a fait savoir qu’on ne devait s’attendre à aucune percée spectaculaire, lors de ces pourparlers de Genève, et qu’il n’existait pas encore de projet visant à alléger les sanctions contre l’Iran. Wendy Sherman et Abbas Afaghchi, négociateurs américain et iranien ont mené des discussions bilatérales, jugées “utiles”.

Si jamais une levée des sanctions devait encourager l’Iran à plus de souplesse, elle ne prendrait, dans un premier temps, qu’une portée symbolique. Obama envisagerait une période probatoire de 120 jours, où l’Iran devrait faire “ses preuves de meilleure conduite”.

Cependant, le Président Obama est aux prises avec le Congrès, qui lui donnerait du fil à retordre, s’il envisageait un tel assouplissement, notant qu’une fois que le “pli est pris”, il devient impossible de revenir en arrière et de remettre en place les mesures préalables. Obama est, en outre, entraîné dans une crise intérieure grave autour des questions du Budget et de la dette (“le Shutdown”), qui limite sa marge de manœuvre, sur ce dossier et bien d’autres. Sur le plan extérieur, l’ouverture envers l’Iran, au prix des restrictions envers l’Egypte, qui combat le terrorisme, décrédibilise durablement cette Présidence, aux yeux de la majorité des acteurs impliqués au Moyen-Orient. Il semble qu’un rapprochement des positions, à l’encontre de l’Iran et du Jihadisme, se fasse jour, entre les principaux leaders arabes du Golfe (Arabie Saoudite), l’Egypte et Israël… Il se pourrait bien qu’à ce jeu de dupes, Obama ait plus à perdre qu’à gagner, en matière d’influence.

DEBKAfile Reportage Exclusif 15 octobre 2013, 7:56 PM (IDT)

debka.com Article original

Sadate, en 1973, avait, avec l’appui de la Syrie d’Assad (père), déclenché la guerre pour infliger une première défaite à Israël sur le Sinaï et le Golan, afin de maximiser sa position, en vue d’une re-négociation en situation de force. Ce souvenir reste un traumatisme qui hante tous les échelons décisionnels et du renseignement, en Israël. Il a entraîné une perte de confiance dans les élites et l’effondrement d’un mythe d’invulnérabilité, en cas de freins diplomatiques, notamment américains : les USA fermeraient les yeux sur la présence juive en Judée-Samarie contre la promesse de Golda Méïr de ne plus recourir aux frappes préventives, comme en 1967. On sait ce qu’il en coûta : plus de 3000 morts sur une population de 3 millions d’hbts, environ, à l’époque.

A l’époque, Kissinger menait de premiers contacts avec Sadate, mais ne croyait pas qu’il oserait défier Israël. Le même type de rapports de force peut prévaloir, a priori, vis-à-vis de l’Iran, du Hezbollah et, à un degré moindre, de la Syrie-engluée dans une guerre civile-, aujourd’hui.

Mais, pour réellement parler un autre langage que les échanges de discours diplomatiques au débotté, le gouvernement israélien a voulu lancer un avertissement clair.

Alors même que les discussions, apparemment vaines, à propos du programme nucléaire iranien, débutaient à Genève, Israël a livré un nouveau message à l’Iran, mettant dans la balance les capacités de son armée, dès lundi soir, et rappelant que l’option militaire ne saurait être écartée.

Les forces aériennes de Tsahal ont mené un vaste exercice de nuit, tout à fait inhabituel, au-dessus de la frontière-Nord et de la Mer Méditerranée. Les sources militaires ont confirmé ces manœuvres, mardi matin.

“Récemment, de grands changements ont eu lieu à travers toute la région”, a déclaré un responsable au site d’actualité Walla. “Tsahal se déploie, aussi bien, au plus près de ses frontières que dans le lointain pour affronter ces changements, et l’exercice de la nuit dernière était destiné à signaler les intentions sérieuses de Tsahal de faire face à tout problème et à le déjouer”.

Cet exercice survient, à peine quelques jours, après un communiqué identique, jeudi dernier, disant que les FAI avaient conduit une série d’exercices, lors desquels des avions de combat avaient opéré une frappe simulée sur une cible à très grande distance.

Ces vols comprenaient un ravitaillement en vol, des frappes coordonnées à une distance exceptionnellement longue et des duels aériens avec des défenses ennemies au décollage. La vidéo de l’exercice, diffusée jeudi par les Forces aériennes d’Israël marquait la toute première fois que l’armée mettait un tel clip à disposition du grand public, selon la chaîne 10 d’information.


Par LAZAR BERMAN 15 octobre 2013, 2:22 pm

timesofisrael.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski

1 COMMENT

  1. Attention avec l’Iran !

    C’est comme au échec , ils utilisent certains pions pour l’instant , mais la stratégie est autre !

    C’est juste logique de le comprendre ! La vigilance s’impose ! Ou sinon aille ça risque de faire mal !

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