Gabi ASHKENAZI LE CHEF D’ETAT MAJOR EN FIN DE MANDAT

0
18

Le ministre de la Défense israélien Ehud Barak a annoncé mardi 6 avril que le mandat du chef d’Etat major Gabi Ashkenazi ne serait pas renouvelé en février 2011. Cette décision provoque en Israël une certaine incompréhension. Après la semi-débâcle de la deuxième guerre du Liban (2006), l’arrivée de Gaby Ashkenazi à la tête de l’armée avait permis à Tsahal de redorer sa réputation et son pouvoir de dissuasion.

Il est une des personnalités les plus populaires d’Israël. Certains affichent même sa photo au dessus de leur bibliothèque. Dans le dernier sondage d’Haaretz, publié à la veille du début des fêtes de Pessah, 74% des Israéliens (marge d’erreur du sondage +/- 4.5%) se déclarent satisfait du travail du lieutenant-colonel Gabi Ashkenazi.

Seul le Président de l’Etat Shimon Peres obtient un score plus favorable. Le Chef d’Etat Major égale même le score du très populaire gouverneur de la banque d’Israël Stanley Fisher. Sur deux ans, le score de Gabi Ashkenazi s’améliore de 14 points. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou ne peut pas en dire autant. Sa cote est au plus bas (42% d’opinions favorables contre 52% d’opinions défavorables).

G.Ashkenazi succède à Haloutz en 2007

Dans un pays où chaque individu (ou presque) doit donner deux à trois ans de sa vie à l’armée, le chef d’Etat major est connu de toutes les familles et se doit nécessairement de dépasser les clivages politiques.

Gabi Ashkenazi a accédé au poste le plus haut gradé de l’armée israélienne en janvier 2007 après la démission de son prédécesseur Dan Haloutz. Celui-ci, ancien commandant de l’armée de l’air a été tenu responsable de la non-victoire contre le Hezbollah à l’été 2006.

Durant le conflit libanais, Gabi Ashkenazi travaille auprès du très inexpérimenté ministre de la Défense Amir Peretz. Selon le site du quotidien Ynet, durant cette période G.Ashkenazi s’est montré “bien plus compétent que son patron”.
Rajeunissement de l’Etat major

En 2008, il est cette fois confronté à l’épreuve du feu de la “guerre contre le terrorisme”. Sur un terrain compliqué (une bande de Gaza exiguë et extrêmement peuplée), il parvient à limiter les pertes militaires. Seuls 13 soldats perdent la vie durant le conflit contre 118 en 2006 pour une durée de conflit à peu près équivalente.

C’est pourquoi la décision de ne pas renouveler le mandat d’Ashkenazi a fait l’effet d’un coup de tonnerre en Israël sur fond de menace iranienne toujours latente.

Pour justifier son choix, le ministre de la défense Ehud Barak a évoqué un rajeunissement de l’Etat major, condition sine qua non d’une bonne gestion des affaires: ” En tant qu’ancien chef d’Etat Major et actuel ministre de la Défense pour la deuxième fois, j’estime que le changement du chef d’Etat Major une fois tous les quatre ans est naturel, important, et même une bonne chose pour l’armée israélienne.”

Timing imparfait

Les proches de Gabi Ashkenazi ont, eux, critiqué le timing d’une telle décision prise uniquement pour “blesser”, voire “humilier” le chef d’Etat major. Pour Amir Peretz, qui avait nommé G.Ashkenazi à la tête de l’armée, “il est clair que tout cela aurait pu être fait différemment.”

Le risque étant de voir Ashkenazi transformé en “canard boiteux”. C’est l’expression qui est utilisée aux Etats-Unis pour désigner la fin de deuxième mandat des présidents américains. Il reste, en effet, encore 9 mois de travail au chef d’Etat major.

A 57 ans, il se murmure qu’Ashkenazi pourrait être tenté par une carrière politique. Il est habituel qu’en Israël les anciens hauts responsables militaires basculent des terrains escarpés de Judée-Samarie aux bancs de la Knesset. L’ironie étant que par cette décision Ehud Barak a pu hâter l’entrée d’Ashkenazi en politique, lui qui a le profil idéal pour succéder un jour à E.Barak au ministère de la Défense…

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here