Flux migratoires : Sarkozy veut revoir les accords de Schengen

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Dimanche, lors de son grand meeting de Villepinte, le chef de l’Etat a tenté de réinsufler l’esprit et l’élan de 2007.

Ce n’était plus «J’ai changé», comme le 14 janvier 2007, porte de Versailles, mais «J’ai appris». «J’ai appris que le président de la République est plus attaqué, caricaturé, critiqué que n’importe qui d’autre et qu’il fallait l’accepter et surtout, tenir», a lancé Nicolas Sarkozy, devant plusieurs dizaines de milliers de militants

(50.000, selon un ministre, 60.000 selon l’Agence France-Presse, 80.000 selon l’UMP) rassemblés parc des expositions, à Villepinte.Seul sur une scène immaculée, devant une nouvelle version de son affiche de campagne, le président, qui s’est vu critiqué pour son style et sa gouvernance, a longuement parlé de son expérience de chef d’Etat.

Il a dit avoir «compris» que le président «était comptable des joies et des peines des Français».

«J’ai appris qu’il y avait autant une obligation d’engagement que de résultats» et que les Français attendaient que «nous tentions l’impossible chaque jour», a-t-il souligné, sous les vivats des militants UMP qui scandaient des «Sarkozy président!» ou des «On va gagner!».

«J’ai compris devant les cercueils couverts du drapeau tricolore, alignés dans la cour des Invalides, que la responsabilité du président ne ressemble à aucune autre, a-t-il ajouté, grave.

Il m’est même arrivé ce jour de penser qu’elle était inhumaine».

Toujours donné largement battu par les sondages, le président-candidat a tenté de réinsuffler l’esprit et l’élan de 2007.

Après son meeting de la porte de Versailles, le 14 janvier, il avait pris la tête des sondages, et n’avait plus perdu cette place jusqu’à la victoire, avec plus de 53% des suffrages.

Dimanche, tout au long de son discours, qui a duré une heure, Sarkozy a assuré vouloir parler «au nom du peuple de France».

«Ce n’est pas un camp qui voudrait opposer sa volonté à un autre, c’est le peuple de France qui veut être entendu, qui en assez qu’on parle tellement mal en son nom!».

Et d’ajouter: «Je veux parler directement au peuple français, je sais qu’il ne veut laisser à personne le soin d’écrire l’histoire à sa place.»

Le chef de l’Etat a créé la surprise en proposant de renégocier les accords de Schengen:

«L’Europe doit reprendre son destin en main sinon elle risque la dislocation. (…) Les accords de Schengen ne permettent plus de répondre à la gravité de la situation, ils doivent être révisés.»

Il a ainsi plaidé pour une plus grande maitrise des flux migratoires et une convergence renforcée en matière de droit des étrangers et de droit d’asile.

Il a plaidé aussi pour un «gouvernement politique de Schengen comme il y a désormais un gouvernement de la zone euro».

«Il faut pouvoir sanctionner, suspendre ou exclure de Schengen un Etat défaillant comme on peut sanctionner un Etat de la zone euro qui ne remplirait pas ses obligations», a-t-il indiqué. Sarkozy, qui s’est projeté dans les douze mois qui viennent, a assuré que la France remettrait en cause sa participation aux accords de Schengen, si la renégociation de l’accord n’aboutissait pas rapidement.

«Le libre-échange, oui! La concurrence déloyale non.»

Il a aussi proposé que l’Europe se dote d’un Buy European Act, sur le modèle du Buy Amercican Act, pour que les entreprises qui produisent en Europe bénéficient de l’argent public européen.

«Je veux m’engager totalement dans ce combat, car il est juste», a-t-il expliqué en lançant: «Le libre-échange, oui! La concurrence déloyale non.»

Là encore, il a lancé un ultimatum, menaçant d’appliquer unilatéralement cette règle, jusqu’à ce que les négociations aboutissent.

«L’Europe a ouvert tous ses marchés publics, quand d’autres n’en ouvrent aucun, a-t-il expliqué, réfutant cette «Europe passoire».

Invoquant l’exemple des États-Unis, Sarkozy veut aussi que les PME européennes disposent d’une part des marchés publics.

«C’est parce que je suis un Européen convaincu que je veux faire changer l’Europe», a-t-il justifié.

De la même manière, a-t-il ajouté, «si au bout d’un an nous n’avons pas progressé (sur ce point), la France appliquera unilatéralement sa propre charte des PME jusqu’à ce que les négociations aboutissent».

Et d’asséner: «Si rien ne change, les peuples d’Europe ne supporteront pas longtemps les conséquences d’un laissez-faire dévastateur».

Plus généralement, le président candidat a plaidé pour la nécessité de la réforme, seule garante – selon lui – de la préservation du modèle social français:
«l’affaiblir c’est, par lâcheté, renoncer aux réformes qui seules aujourd’hui lui ont évité la faillite», a-t-il lancé, critiquant entre les lignes François Hollande qui veut revenir sur un certain nombre de réformes accomplies depuis 2007, notamment celle des retraites.

En employant des mots forts, Sarkozy a réaffirmé le nécessaire équilibre entre les droits et les devoirs: «Que celui qui n’a jamais travaillé et jamais cotisé ne gagne pas davantage que celui qui a travaillé et cotisé toute sa vie, que le profiteur, le tricheur, le fraudeur soit puni parce qu’il vole l’argent des Français, parce qu’il prend à ceux qui ont vraiment besoin de la solidarité nationale».

«En ordre dispersé, l’euro aurait disparu»

Le président s’est également montré offensif contre la gauche et son candidat, qu’il n’a pourtant jamais cité.

«Que propose ceux qui s’opposent?

Rien. Comme si dans cette campagne, la bonne stratégie serait: je ne vois rien, je ne pense rien, je ne dis rien, car au final, je ne crois en rien.»

Nicolas Sarkozy a accusé la gauche d’avoir «abandonné les quartiers» et d’avoir «voulu la paupérisation et le communautarisme dans ces quartiers»,.

«Je n’ai aucune leçon à recevoir d’une gauche qui a laissé les banlieues dans un état lamentable à la fin des années 90», a lancé le président, qui veut passer à la deuxième étape de la rénovation des quartiers.

Tout au long de son discours, il a vanté son action face la crise: «Si la France était restée en retrait, l’Europe aurait répondu à la crise financière en ordre dispersé et elle se serait disloquée, il n’y aurait pas eu d’accord pour sauver la Grèce, l’euro aurait disparu, les Français auraient perdu leur épargne.

Voilà ce à quoi nous avons échappé.»

Sarkozy a assuré qu’il avait fait de son mieux pour «protéger les Français» pendant cinq ans et qu’il n’avait pas perdu le «gout d’agir»:

«Je me suis engagé comme jamais je ne l’avais fait avant dans ma vie.

Pendant cinq ans, j’ai tout donné à la France, parce que c’est l’idée que je me faisais de mon devoir de président.»

Il a terminé son discours par un vibrant appel:

«Aidez moi, aidez moi.

Nous avons deux mois pour bâtir la plus formidable aventure, pour faire basculer les certitudes, pour tout renverser, et faire triompher la vérité. J’ai besoin de vous.»

Charles Jaigu, Solenn de Royer

Dimanche 11/03/2012

Le Figaro.fr

http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/03/11/01039-20120311ARTFIG00142-sarkozy-tente-de-reinsuffler-l-esprit-et-l-elan-de-2007.php

1 COMMENT

  1. quel candidat choisir pour l’échéance 2012 ?
    Sarkozy est loin d’être l’ami idéal d’Israël, mais les idées qu’il défend pour la France sont à mes yeux crédibles.

    Quelle pourrait être l’alternative ?
    – une gauche pro-palestinienne qui ne pense qu’à alourdir nos impôts pour les redistribuer à ceux auxquels elle va attribuer le droit de vote ? une gauche qui comme elle le faisait dans les années 60 utilise la générosité des français pour asseoir sa position, en niant la vérité sur la démocratie dans les pays communistes ? une gauche qui n’a pas d’idées pour nous sortir de la crise que celle d’épuiser ceux qui travaillent sous de nouveaux impôts ? une gauche qui fait équipe avec des anti-Israeliens notoires tels que les verts?
    – un FN qui se pare d’habits d’honorabilité mais qui au fond sent le soufre ?

    {{Réveillez vous mes frères, ne vous laissez plus abuser par des hypocrites :

    Je voterai soit pour N.Sarkozy (n’en déplaise aux journalistes qui ont perdu leur honneur) ou pour F.Bayrou.}}

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