Faut-il, comme Hollande, avoir peur du mot « race » ?

0
7

François Hollande a trouvé la solution : pour supprimer un problème, il suffit de supprimer le mot. Pour lutter contre le racisme, éliminer le mot race, et hop !A dire vrai, ce truc de prestidigitateur est déjà utilisé par le langage officiel, qui déploie des trésors d’imagination pour ne pas appeler un chat un chat mais, par exemple, un voyou un jeune ou une cité en insurrection une banlieue sensible.

Cette fois, le candidat du PS a annoncé, samedi, vouloir faire disparaître le mot race de l’article 1 de la Constitution qui stipule:

« La France (…) assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion (…). »

Pour Hollande, « il n’y a qu’une seule race, qu’une seule famille, la famille humaine (…) Il n’y a pas de place dans la République pour la race ».

A ceux qui doutaient de l’enlisement de la gauche dans le politiquement correct et sa peur des mots, la proposition du candidat à la présidentielle vient rappeler à quel point l’idéologie des bons sentiments et son déni des réalités imprègnent le parti socialiste qui se caricature ici dans l’angélisme niais.

Non seulement la proposition de Hollande ne réglera évidemment pas le racisme, mais l’article de la Constitution entend justement dénoncer ce mal.

Supprimer le mot race (qui est aussi employé dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948) revient à nier une réalité anthropologique qui fait qu’il y a, en effet, des blancs, des noirs, des jaunes, ainsi désignés d’ailleurs par ceux-là mêmes qui se réclament de leur « visibilité » tout en se disant victimes de racisme.

S’il faut supprimer le mot, l’antiracisme n’a plus de sens (on ne lutte pas contre quelque chose qui n’existe pas), et l’éloge du métissage non plus puisque cet aboutissement espéré de l’homme parfait est le produit du mélange de races.

A passage, il faudrait s’interroger sur cet éloge du métis qui ressemble beaucoup à l’éloge du mythe aryen tel que l’entendait Gobineau.

Traquer des mots, c’est porter atteinte à l’intelligence.

C’est pourquoi cette proposition est idiote.

Ivan Rioufol le 12 mars 2012

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2012/03/francois-hollande-a-trouve-la.html

1 COMMENT

  1. Il ne faut pas « avoir peur » du mot race, mais admettre l’idée établie depuis un certain temps que les races n’existent pas au sein de l’espèce humaine.
    C’est une idée établie au XIX° siècle et qui est au fondement du racisme.
    Relire ou lire Levi-Strauss « Race et histoire » serait nécessaire à M. Rioufol qui fait des jeux de mots faciles, répétant notre président, sur le fait que supprimer un mot de la constitution ne fera pas disparaître le racisme, ce qui est une évidence.

    Mais cela pourrait rappeler utilement l’inexistence des races, ce qui est un point fort dans la lutte contre le racisme.

    Il est dramatique que les Juifs s’abreuvent de ce genre de prose qui est le lot et fait le lit de l’extrême-droite, soit la part des idéologies qui leur est la plus néfaste et la plus nocive. celle dont ils devraient le plus se méfier et à la quelle ils devraient être le plus étrangers. car derrière tout racisme il y a l’antisémitisme qui progresse.

  2. Cette fraise des bois dit « Hollande » est un bon à rien ! Il ne fait que parader! Il ferait mieux de respecter la douleur des familles ! Et le looser de Bayrou itou!

  3. DEPUIS QUAND L’ISLAM EST UNE RACE?…PUISQUE C’EST DE CELA QU’IL S’AGIT. LE NAZISME A ETE ERADIQUE, POUR L’ISLAM C’EST UNE AUTRE PAIRE DE MANCHES, ON LE SOUFFLE A L’OREILLE DES NOUVEAUX-NES, QUI L’ERADIQUERA?…IL SERA ERADIQUE  » Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort je ne crains aucun mal car, Eternel, tu es avec moi » (psaume de David)

  4. Je profite de cette occasion pour exprimer ma sympathie à Monsieur Rioufol . Il possède une qualité qui devient rare de nos jours en France : Le courage . Il est aussi très compétent et je partage toujours ses analyses qui sont accompagnées d’un excellent français .

    PS : Monsieur Rioufol intervient souvent dans l’émission d’Yves Calvi  » C à dire  » .

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here