Fabius copieusement insulté par les internautes iraniens

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La position ferme de la France sur le nucléaire iranien a été violemment commentée sur les réseaux sociaux par les Iraniens – hommes politiques ou simples citoyens. Certains commentaires se sont focalisés sur les origines juives du ministre des Affaires étrangères français.
Les ministres des Affaires étrangères iranien et français Mohammad Javad Zarif et Laurent Fabius (photo publiée sur la page Facebook du ministre iranien) Les ministres des Affaires étrangères iranien et français Mohammad Javad Zarif et Laurent Fabius (photo publiée sur la page Facebook du ministre iranien) Droits réservés

Des millions d’Iraniens, y compris de la diaspora, et même certaines personnes éprises de paix partout dans le monde ont veillé tard, la nuit du 9 au 10 novembre, dans l’attente d’une solution à l’un des problèmes internationaux les plus épineux de ces dernières années : le nucléaire iranien.

La dernière série de négociations marathon entre l’Iran et ce qu’on appelle le groupe des 5+1 (les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, plus l’Allemagne) a pris fin, le dimanche 10 novembre à Genève, sans réelle avancée.

Mais le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, était optimiste, plein d’espoir, malgré les heures de pourparlers intensifs. Dans le même temps, les médias rappelaient que les deux parties avaient eu d’autant plus de mal à trouver un accord que la France y avait mis des obstacles. D’où des accès de colère contre la France sur la blogosphère, dirigés en particulier contre le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius – bien que, ensuite, Zarif ait déclaré que la France avait joué un rôle constructif.

Mohammad-Ali Abtahi, ancien vice-président sous la présidence de Mohammad Khatami, écrit sur son compte Facebook : « Aujourd’hui, la seule chose qui manque dans le concert de louanges de la presse israélienne et des journaux conservateurs iraniens opposés à un accord »>Article original, c’est un poster en couleur et en une du président Hollande. »

Sadegh Kharazi, ancien ambassadeur d’Iran en France et à l’ONU a aussi écrit sur Facebook : « Fabius est d’origine juive et il est un membre politiquement très actif de cette communauté. Fondamentalement, il n’y a pas de différence entre lui et le ministère des Affaires étrangères d’Israël. Bien entendu, Fabius a des adversaires dans son parti, à l’Elysée, au gouvernement et au ministère des Affaires étrangères. Mais trois groupes spécifiques soutiennent Fabius : les sionistes, les francs-maçons et les gays, ces derniers étant désormais influents dans la vie politique française. Fabius va être très contesté. A terme, il devra quitter le gouvernement. »

Sur certaines pages Facebook, on pouvait lire : « Et voilà que les Français se réveillent ! Allez plutôt vendre vos baguettes ! » Cette formule a eu beaucoup de succès. « Qu’attendre d’un pays dont les principales exportations sont le French kiss et le vin ? » écrivait un autre commentateur. Certaines plaisanteries rappelaient le temps où les « French fries » sont devenues les « Freedom fries » aux Etats-Unis quand les Français ont refusé de se lancer dans l’aventure irakienne.

En outre, des Iraniens se sont mis à multiplier les commentaires sur la page Facebook de Laurent Fabius, principalement en persan. Certains contenaient des insultes racistes et des attaques personnelles, et il a fallu parfois que les modérateurs du site interviennent par des mises en garde. Des commentaires se moquaient aussi du peu d’abonnés (6 000) à la page Facebook du ministre français, en comparaison de la page du ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif (600 000 fans).

Certains commentateurs iraniens sont allés plus loin, évoquant le rôle de Fabius dans l’affaire du sang contaminé et affirmant que des hémophiles iraniens avaient contracté le sida après avoir subi des transfusions avec les produits sanguins concernés. Par ailleurs, un journal iranien notait que le constructeur automobile français Peugeot avait orchestré une fraude sur les contrats en Iran.

Un journal économique a appelé à une enquête plus approfondie sur les causes de la position française et ajouté que, parmi les six pays participant aux négociations, la France était celui qui avait le plus souffert des sanctions contre l’Iran (du fait du départ d’Iran de ses sociétés pétrolière, automobile et aéronautique). Il a souligné que les échanges entre Zarif et Fabius, quelques jours avant la dernière série de négociations du groupe des 5+1, laissaient espérer que la France ne ferait pas capoter les pourparlers.

ROOZ | BEHROUZ SAMADBEIGHI
14 NOVEMBRE 2013|

courrierinternational.com Article original

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