Etudiants juifs : qu’avez-vous fait pendant huit ans ?

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La création du Grand Sanhédrin, sous le régime de Napoléon 1er, allait signifier la reconnaissance du judaïsme français par l’Etat et favoriser l’émancipation civique et sociale des juifs.

Il faut attendre ce début du 21ième siècle pour constater que l’incurie de votre gouvernance, Monsieur le Président de tous les Consistoires, conduit nos étudiants dans un tunnel sans fin fait d’exclusion des diplômes, de difficultés d’accès à l’emploi pour des raison de contraintes relatives à la pratique du culte…

Or c’est la mission centrale du consistoire que de les aider. Par décret du 11 novembre 1808, le Consistoire israélite de Paris était fondé et devait organiser le culte dans la Cité.


Depuis huit ans, qu’avez-vous fait pour l’avenir de nos jeunes étudiants en France ?

Il ne faut pas remonter à très loin pour constater la richesse d’une génération pratiquante et très diplômée de Médecins, d’Avocats, de Polytechniciens, d’Enarques…

Certes le contexte est turbulent, fait de chocs de systèmes de valeurs, mais cela n’explique pas tout. Il n’y a pas les mêmes blocages en Angleterre, en Belgique…

Où sont inscrits les jeunes adolescents, étudiants, jeunes professionnels dans les tablettes de votre gouvernance ?

Etre jeune aujourd’hui, c’est être confronté à de nombreux défis, aussi bien matériels que spirituels et identitaires. Dans une époque du toujours plus et toujours mieux, avec les craintes liées à la radicalisation des extrémismes et de la laïcité, les jeunes d’aujourd’hui ont fort à faire et la communauté se doit de les soutenir du mieux possible, à tant que faire se peut.

Si l’on regarde ce qui se fait aujourd’hui, très peu d’initiatives s’adressent à la jeunesse et aux étudiants juifs alors les potentiels sont infinis.

Les adolescents tout d’abord. Au lendemain de leur majorité religieuse, souvent préparée et fêtée en grande pompe, ont besoin de cadre, d’idées et de d’élans pour les aider à se projeter dans l’avenir. On pourrait penser à des rendez-vous réguliers autour de grands thèmes :

– colloque sur « être un jeune juif aujourd’hui en France », et plus généralement des actions pour mieux comprendre le monde autour de nous,
– des ateliers, ou week-end, mêlant réflexion et détente pour que les jeunes se retrouvent et pensent ensemble,
– la mise en place d’action de tsédaka pour les jeunes, pour que donner devienne à la fois ludique et normal (confection de colis, tri de vêtements), troupe de théâtre se produisant dans les maisons de retraites et dans les hôpitaux,
– une ligne, numéro vert, pour ceux qui ont besoin de parler, d’exprimer leurs difficultés dans un cadre communautaire,
– des voyages, des lieux ouverts pour permettre aux jeunes de se rencontrer.
Plus avant et lorsque les adolescents deviennent jeunes adultes et se lancent dans les études, de nouveaux besoins apparaissent, et peuvent faire l’objet d’une implication de la communauté:
– Comment se retrouver dans un cadre communautaire, manger casher lorsqu’on fait ses études loin de chez soi?
– Comment concilier le respect de la thora avec les examens tombant de plus en plus Chabbat?
– Comment répondre aux remarques souvent déplacées sur ce qui se passe en Israël?
Aujourd’hui bien sûr, il existe des solutions, souvent le fruit de l’implication active et efficaces d’un certain nombre de personnes mais une implication systématique des instances communautaires pourrait aider à aller de l’avant.

Enfin, donner la parole aux jeunes, pour leur permettre de s’impliquer, de dire ce dont ils ont besoin et de crée des vocations pour les futurs leaders communautaires est indispensable. C’est une autre déclinaison, porteuse de richesse et d’optimisme, de « Tous ensemble »

Pour le rôle central des jeunes étudiants dans les communautés, il convient de développer les axes suivants :
– Adhésion au Consistoire via les associations d’étudiants ;
– Création de l’observatoire de la démocratie au sein des institutions juives tenu par les associations d’étudiants présentes (cooptées) dans les instances consistoriales et les conseils d’administration des synagogues et des autres institutions ;
– Création d’une mission de diligence auprès des Universités et des Grandes Ecoles sur la communication autour des contraintes des Etudiants pratiquants (Chabbat, fêtes, cacherout) ;
– Création d’une mission « les étudiants soutiens des séniors et vice versa» hébergement des étudiants par les séniors en échange d’accompagnement approprié ;
– Elargissement des compétences du bureau du Chabbat aux stages et contrats par alternance, de professionnalisation…
– Partenariats par profession entre les associations de professionnels installés (médecins, dentistes…) et les associations d’étudiants, pour une reconnaissance des diplômes en Israël.

Moshé Cohen-Sabban

Marc Rouvio

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