Election sous INFLUENCE du Grand Rabbin de Paris

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Le décès du Grand Rabbin de Paris le 20 novembre 2011 a privé brusquement la Communauté juive parisienne de son guide spirituel et a profondément ému les dirigeants du Consistoire et l’ensemble des fidèles.Mais le temps des chiva passé, il a fallu rapidement pourvoir à l’intérim et préparer l’organisation des élections du futur Grand Rabbin de Paris. Aussi, le 4 janvier dernier, le bureau du consistoire de Paris a demandé aux grands rabbins Alain Goldmann, ancien grand rabbin de Paris et Michel Gugenheim Directeur du Séminaire et Dayan d’assurer l’intérim, et a fixé au 28 mars la date du scrutin pour la désignation du successeur du Grand Rabbin David Messas. (z’l)

Selon l’article 26 des statuts de l’ACIP, le collège électoral chargé de désigner le Grand Rabbin de Paris est composé des administrateurs du Consistoire, de dix présidents de commissions administratives élus par leurs pairs, de trois rabbins désignés en son sein par le Tribunal Rabbinique de Paris et de six autres rabbins désignés par le corps rabbinique dont trois exerçant à Paris et trois exerçant en banlieue.

La désignation des présidents de commissions administratives destinés à faire partie du collège électoral a eu lieu le 23 février 2012.

Sans porter un quelconque jugement sur la qualité et le dévouement des présidents appelés à faire partie du collège électoral, on ne peut qu’être surpris, à tout le moins, par le climat qui a précédé à leur désignation et par le résultat recherché et obtenu.

Dans le « landernau » communautaire, des voix ont fait passer le message qu’un candidat aux fonctions de Grand Rabbin de Paris avait été choisi pour succéder au Grand Rabbin Messas par le Président du (des) Consistoire(s), et que certains présidents devaient être « élus » le 23 février pour parvenir ainsi sans difficulté à l’élection du candidat souhaité par le Président du (des) Consistoires.

Il est vrai que la liste des dix présidents « élus » confirme que ce message a été passé et entendu car on y découvre :

– deux présidents de Communauté très proches du Président du (des) Consistoire(s) et qui n’hésitent pas à se présenter « ubi et orbi » comme faisant partie de ses soutiens inconditionnels,
– le président de la communauté où le Président du (des) Consistoire(s) prie et où a été lui-même président,
– un président dont l’épouse travaille dans le Cabinet d’avocats où exerce l’épouse du Président du (des) Consistoire(s),
– un président d’une communauté de banlieue qui a accueilli le « chabbat des présidents » organisé il y a environ un mois par le Président du (des) Consistoire(s),
– le Président de la Communauté du Rabbin dont l’élection est vivement souhaitée par le Président du (des) Consistoire(s), et, enfin,
– le Président d’une Communauté ayant son siège dans une Ecole dirigée par le même Rabbin candidat, le cousin de ce même président étant par ailleurs vice-président du Consistoire et considéré comme l’un des plus fidèles soutiens du Président du (des) Consistoire(s).

Drôles de coïncidences…
On ne peut que s’inquiéter de telles dérives qui sont contraires tant à l’Esprit qu’à la Lettre du judaïsme et qui devraient donc être étrangères à l’Institution consistoriale. Nos Maîtres ne nous ont-ils pas appris que la Torah est à l’origine même de la notion de « Séparation des pouvoirs » et qu’elle doit nous guider dans la prise de nos décisions pour agir avec justesse et Justice. Chaque fonction a en effet sa spécificité propre et l’on comprend mal les « pressions » faites pour privilégier tel ou tel dans la course à l’investiture pour une si Haute Fonction spirituelle.

Ni le candidat « officiel », ni les autres candidats en lice, ni la Haute Fonction de Grand Rabbin de Paris ne méritaient cela.

En agissant ainsi, c’est aller à l’encontre d’un enseignement tiré de la paracha Choftim que l’on peut appliquer en l’espèce : «Tu ne feras point pencher le jugement » (16-19).

L’Institution Consistoriale serait-elle donc devenue adepte de ce que l’on appelle en Italie la « combinazione », méthode qui a gagné la lassitude des électeurs et qui a conduit à la récente défaite électorale de Silvio Berlusconi ?

L’espoir suscité un temps dans une entente entre Joël Mergui et Moise Cohen, les deux prédécesseurs de Dov Zérah, unis pour assurer la continuité au lendemain de la démission de ce dernier appelé à de hautes fonctions internationales, a vite fait long feu depuis que Joël Mergui a concentré tous les pouvoirs entre ses mains et s’éloigne de plus en plus du modèle consistorial français, c’est-à-dire d’un judaïsme traditionnaliste, ouvert et de juste milieu.

Il est vrai que lorsqu’on voit un administrateur du Consistoire de Paris, occupant de très hautes fonctions au Consistoire Central et président d’une grande Communauté parisienne ainsi qu’élu local, se glorifier sur son blog et sur certains réseaux sociaux de distribuer des tracts politiques le concernant le samedi matin au lieu d’être parmi les Fidèles de sa Communauté, on ne peut que comprendre où l’on en est arrivé.

Comment admettre ensuite qu’un vice-président du Consistoire de Paris, en charge des affaires religieuses, connu pour son rigorisme affiché, puisse participer à de telles pratiques contraires à l’esprit même de la Torah pour la désignation du collège électoral appelé à désigner le Grand-Rabbin de Paris…

Au siècle dernier, avant la deuxième Guerre mondiale, un candidat à la Conférence du Stage des Avocats à la Cour de Paris avait prononcé avec élégance et talent son Discours en ayant à la main une rose et, arrivé à la fin, la huma et la jetant à terre, conclut par ces mots : « Je hais l’odeur des avocats ».

C’est par de tels comportements, que nos responsables communautaires amèneront un jour les adhérents de l’ACIP à jeter leur carte, quitter le Consistoire pour d’autres mouvements, en concluant par : « Je hais l’odeur qui est devenue celle du Consistoire ».

Il convient donc de rompre de toute urgence avec les jeux, les délices et les poisons du système dans lesquels on se complait aujourd’hui.

Et alors pourra fleurir à Paris un nouveau printemps de l’âme juive, de cette âme qui jamais détruite, est toujours prête à renaître, de cette âme juive enfin, qui servante de D. n’est asservie qu’à D.

Jean-Marcel Nataf

Vice-Président de la Commission administrative de la synagogue
ACIP-Neuilly (Ancelle)

1 COMMENT

  1. C’EST PLEIN DE QUESTIONS, C’EST INCROYABLE ! MAIS LA PREMIERE DES QUESTIONS N’APPARAIT NULLE PART. COMMENT 36 ADMINISTRATEURS ET 9 RABBINS PEUVENT ILS ELIRE LE GRAND RABBIN DE PARIS ??? C’EST VERITABLEMENT UNE « FARCE ET ATTRAPE  » LES CHARCUTIERS ELISENT LE PATRON DES PLOMBIERS ? LES AVOCATS LE PRESIDENT DU CONSEIL DE L’ORDRE DES EXPERTS COMPTABLES ET VICE ET VERSA ? LES STATUTS DU CONSISTOIRE A CE POINT DE VUE RESSEMBLENT A UNE » STATUE » IDOLATRE DU MENSONGE ET DE MANIPULATION SCANDALEUSE DE NOTABLES QUI CHERCHENT A CONFISQUER LES POUVOIRS ET LA COMPETENCE DES RABBINS EN SE CACHANT DANS LES COULISSES POUR TIRER ENSUITE LES FICELLES, COMME AVEC GUIGNOL !

  2. Messieurs,

    Je pense que chacun essaie de bien faire dans l’iintérêt de la communauté
    Alors, cessons de polémiquer, faîtes des propositions le débat est ouvert sur le net,{
    {{ { La communauté {{quelle que soit la pratique de chacun}} doit être une.}} }}
    Le consistoire n’a pas besoin d’une nouvelle polémique, si des critiques se font, elles doivent être entendues et défendues. Mais toujours dirigées de manière à orienter vers ce qui nous semble le plus juste.
    sans dénigrement de personne, ni de la fonction qu’il occupe. les choses ne sont pas toujours aussi simple qu’elles ne paraissent.
    Recentrons nous vers l’essentiel le respect et la continuité de la mission que nous ont légués nos parents l’héritage du judaïsme.
    Et la lumière de la Thora.
    Shabbat shalom.
    Corinne.

  3. Au moins sous Staline, on donnait des noms !

    M. Nataf, je viens de lire votre article et il m’a à la fois fait rire et pleurer.
    Rire par sa phraséologie généalogico-conspirationiste: untel est le cousin de untel, la femme de machin était l’amie d’enfance de la belle-soeur de truc.
    Pleurer par l’image que vous donnez de vous qui correspond exactement à celle que vous essayez de dénoncer. Nous voilà revenus à la cour de récréation : c’est celui qui dit qui est.

    Vous dîtes, je cite : « Il convient donc de rompre de toute urgence avec les jeux, les délices et les poisons du système dans lesquels on se complait aujourd’hui. ». Je suis un juif pratiquant, peu impliqué dans la communauté et les instances consistoriales. Mais j’assiste depuis quelques temps à ces échanges de billets de blog qui me désolent. J’ai l’impression que justement vous vous complaisez dans ces jeux-délices-poisons. Vous citez la « Torah » mais votre article c’est du Lachon Hara à l’état pur. Et même d’un point de vue « civil », vous n’apportez que des allégations, des sous-entendus, aucune preuve… Aucune critique constructive sur les actions menées par tel ou tel individu que vous décriez.

    Personnellement je trouve votre procédé assez vil et lâche, juste bon à semer le doute sur une élection et la zizanie. Ayez au moins le courage de donner des noms, de dénoncer les actions nommément, pas d’agir comme l’avocat que vous êtes, vouloir éviter la plainte pour diffamation ? semer le doute dans l’esprit du jury.

    Non, M. Nataf, les juifs n’ont pas d’odeur, ni votre camp, ni celui d’en face. Mais cela commence à sentir mauvais quand l’issue du débat est d’étaler sa rancoeur sur la place publique.

    Chabbat Chalom

  4. Bonsoir cher amis je suis fier qu’il reste encore des gens droit qui veulent le bien de notre communaute
    Effectivement j’ai appris de source sur que les elections ont etaient trucees et j’ajoutrais a la liste le fait qu’il est tout a fait injuste et innacceptable le fait que le « candidat » en question ne ce soit pas retirer de l’interim car il est a l’interieur du consistoire et rencontre les votants tout les jours ce qui lui donne un avantage considerable par rapport au autres candidats
    Ormis le fait qu’il n’a jamais eu aucune experience rabbinique donc a priori ce n’est absolument pas sa place reste a comprendre quel est l’interent des personnes cites plus haut de le soutenir
    J’espere que l’on sera assez fort pour mettre fin a toutes ces injustice est que le candidat qui merite vrement cet place soit elus pour le bien de la communaute et pour l’interet et l’avenir de nous tous!!
    Il est de notre devoir de faire passer l’information
    A tres bientot!

  5. ILest certain que cette election est completement truquée on n’a jamais vu un directeur de l’ecole rabbinique se presenter au grand rabbinat de paris son poste etant hierarchiquement superieur ; que se cache t il derriere cette manipulation? LE PRESIDENT DE LA SYNAGOGUE VAUQUELIN pour ne pas le citer est electeur comme par hasard ET COUSIN de l’autre president que vs citez distribuant des tracts le chabat matin on est vraiment dans la république des coquins! il faut annuler cette election dans ces conditions et attendre ds la serenité la fin de l’annee du grand rabbinMessas zal et choisir des electeurs dignes de ce nom et demander à Mr Bobhot de demissioner de ses fonctions consistoriales car on ne peut pas etre candidat aux legislatives et etre » au consistoire c’est interdit par les statuts

  6. Bonjour,

    Place au débat,

    Merci Jean-Marcel, de nous éclairer et de nous tenir informé.

    Merci Moïse Cohen pour cet apport dans votre article d’éléments pertinents et éclairés

    Personnellement en tant qu’adhérente et attachée à ce que représente le consistoire pour la communauté et le judaïsme ces propos m’interpellent, il est important que ces élections remportent un résultat le plus consensuel. cessons de fragmenter la communauté.

    Le raisonnement est soumis et les responsables du consistoire doivent y prêter attention.

    Dans cette attente, je propose que ces articles paraissent dans les journaux communautaires et qu’ils permettent si possible une {{révision}} de la composition de la commission visant à élire le Grand Rabbin de Paris.

    En attendant le débat est ouvert aux propositions et je fait confiance en la sagesse de ceux qui dirigent notre belle et somme toute fragile institution pour faire place à l’écoute. Comme a écrit Joël Mergui dans sa promesse électorale « mobilisons les compétences, pour un {{réel renouveau}} ».

    Merci

    Bien à vous

    Corinne Lahmi

  7. Toutes ces manœuvres ne sont malheureusement pas nouvelles dans la Communauté…
    Rappelez-vous toutes les manœuvres faites par l’ancien Grand Rabbin de France Joseph SITRUCK… qui avait fait modifier le règlement 2 fois pendant son mandat afin d’être réélu… Il aurait souhaité, bien sûr, qu’il reste Grand Rabbin de France à vie… mais je pense que s’il n’a pas été réélu la dernière fois c’est seulement parce qu’il avait été lâché par certains de ses supporters qui n’y trouvaient plus leur compte…

    Ensuite s’agissant de l’ancien Grand Rabbin de Paris…il n’était un secret pour personne que déjà il avait été élu suite à des « arrangements » au sein du collège électoral…

    Donc qu’on revive aujourd’hui de nouvelles manœuvres visant à faire désigner une personne du « sérail » rien de surprenant…et ce serait le contraire qui me surprendrait.

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