EXCLUSIF: Quel candidat républicain pour en finir avec Obama?

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En 2012 on ne votera pas pour élire son président qu’en France, mais aussi aux Etats-Unis. Alors qu’on connaît déjà le candidat démocrate (Barack Obama) la primaire débute, ce mardi, dans l’Iowa, pour désigner le candidat républicain (droite) qui sera opposé à Barack Obama. Mais, comment ça marche la primaire américaine ? Qui est candidat ? Et qui est favori ? Décryptage.

Mitt Romney est, pour l’heure, le favori des sondages pour l’investiture républicaine en 2012.

Primaire mode d’emploi

Bien avant d’être importé en France, le concept d’une primaire citoyenne a été mis en place aux Etats-Unis pour désigner les candidats, à l’élection présidentielle, des deux principaux partis : démocrate et républicain. Pour les démocrates, la question a été vite réglée puisque c’est Barack Obama, l’actuel président, qui sera candidat en 2012. Mais, pour son futur adversaire républicain c’est le début d’une longue route qui débute, mardi, dans l’Iowa.

Concrètement comment ça marche une primaire aux Etats-Unis ? C’est assez simple : des élections sont organisées, tour à tour, dans tous les Etats du pays (50 au total). Petite subtilité, il faut différencier aux Etats-Unis les primaires ouvertes et les « caucus ». Lors des primaires, n’importe quel électeur peut voter. Lors d’un « caucus », les électeurs de chaque parti se réunissent par petits groupes dans des salles de quartier pour débattre pendant quelques heures, avant de se prononcer en faveur d’un candidat.

La course à l’investiture républicaine débute mardi avec le « caucus » de l’Iowa et se poursuivra jusqu’au 26 juin. Petite différence avec la France, les électeurs ne votent pas directement pour les candidats, mais pour des délégués qui les représenteront à la convention du parti (du 27 au 30 août en Floride). Cette convention verra l’investiture du candidat. En gros, celui qui a le plus de délégués gagne. Du coup à la fin de la dernière primaire on connaît déjà l’identité du vainqueur et la convention ne fait qu’entériner ce qu’ont décidé les électeurs.

Iowa une première étape décisive… ou pas

Les experts ont tendance à dire que le premier « caucus » de l’Owa est décisif. Dans les faits, ce n’est pas toujours le cas. En 2008 Barack Obama l’avait emporté dans l’Iowa et avait gagné la primaire par la suite. Mais chez les Républicains, c’est Mick Huckabee qui l’avait emporté, alors que c’est finalement John McCain qui a été désigné candidat.

Une chose est sûre, une victoire lors de ce premier test n’assure pas une victoire finale, mais un mauvais résultat peut définitivement vous plomber une campagne. D’ailleurs les spécificités de l’Iowa, avec un électorat plutôt très conservateur et religieux, fait qu’on ne peut ériger ce premier scrutin en test national. D’ailleurs, jusqu’il y a peu, le favori des sondages (Mitt Romney) avait anticipé sa défaite dans cet Etat. Avant que les «bourdes» de ses adversaires ne le place en tête.

Qui sont les candidats ?

Six candidats principaux s’affrontent : Mitt Romney, Ron Paul, Rick Santorum, Newt Gingrich, Rick Perry, et Michele Bachmann. Petit passage en revue.

Mitt Romney. Il est le favori dans cette course à l’investiture républicaine. Depuis l’officialisation de sa candidature, en juin, il a quasiment fait la course en tête dans tous les sondages (mi-décembre il a un temps été dépassé par Newt Gingrinch). Il a un gros avantage sur tous les autres candidats : il est riche ce qui, pour une campagne aux Etats-Unis, est un sacré atout. Notamment pour se payer des spots publicitaires ou mobiliser ses partisans.

À 64 ans, l’ex-gouverneur du Massachusetts tente à nouveau sa chance, quatre ans après avoir été défait par John McCain lors de la précédente primaire républicaine. Cofondateur du fonds d’investissement Bain Capital, il axe sa campagne sur l’économie et met en avant ses compétences dans le monde des affaires.

Ses handicaps : il est mormon, ce qui pourrait constituer un obstacle pour l’électorat chrétien évangéliste du Sud. Beaucoup se demandent aussi s’il est suffisamment conservateur, dans un Parti républicain qui penche aujourd’hui plus à droite qu’en 2008. Une victoire dans l’Etat très conservateur de l’Iowa permettrait d’essuyer ces doutes. D’autant que si l’on se fie à un sondage du Des Moines Register (principal quotidien de l’Iowa) Romney l’emporterait, mardi, avec 24 % des intentions de vote. Une surprise.

Mitt Romney, s’il est élu à la Maison blanche, adoptera une approche radicalement différente de celle de Barack Obama sur la question du Proche-Orient et réservera à Israël son premier déplacement à l’étranger.

Dans un discours qu’il doit prononcer devant une organisation de républicains juifs, l’ancien gouverneur du Massachusetts affirme : « Moi, j’irai en Israël dès mon premier déplacement à l’étranger. Je réaffirmerai comme étant un intérêt national vital l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif. Je veux que le monde sache que les liens entre Israël et les Etats-Unis sont indéfectibles ».

Il reproche également au président démocrate d’avoir suggéré qu’Israël se replie derrière des « frontières indéfendables » – Barack Obama a pris position en mai dernier pour un retour aux frontières d’avant la Guerre des Six-jours, en 1967, qui a abouti à la conquête par Israël de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. « Ces actes ont renforcé les radicaux palestiniens, qui sont désormais sur le point de former un gouvernement d’unité avec les terroristes du Hamas et estiment qu’ils peuvent court-circuiter Israël à la table des négociations », peut-on lire dans le texte du discours de Romney devant la Republican Jewish Coalition. « Le président Obama a incommensurablement retardé la perspective de la paix au Proche-Orient », affirme encore Mitt Romney.

Le candidat à l’investiture républicaine accuse également le président démocrate d’avoir été « timide et faible face à la menace existentielle d’une guerre nucléaire » que représente, dit-il, Téhéran.

« Les Ayatollahs ne seront pas autorisés à obtenir des armes nucléaires si je suis en charge. Un Iran doté de l’arme nucléaire n’est pas seulement le problème d’Israël, c’est aussi le problème des Etats-Unis et de tous les pays décents de ce monde », poursuit-il.

Pour Gingrinch le peuple palestinien a été inventé.

Newt Gingrinch. En décembre, cet ancien président de la chambre des représentants (l’équivalent de l’Assemblée Nationale) était passé devant Romney dans les sondages. Depuis Gingrich s’est fait rattraper par les «affaires». Il s’est retrouvé accusé d’avoir fait du lobby, quand il était président de la chambre des représentants, pour de grands groupes américains, avec à la clé un million de dollars pour lui. Des accusations qui prennent du relief pour un homme condamné pour manquement à l’éthique en 1994.

Depuis, sa campagne s’est essoufflée et en quelques semaines il a perdu plus de 20 points dans les sondages.

Newt Gingrich, a qualifié les Palestiniens dans leur ensemble de « terroristes » alors qu’il les avait déjà désigné la veille comme « peuple inventé ».

Newt Gingrich, ancien « speaker » de la chambre des représentants, a déclaré lors d’un entretien à la chaîne The Jewish Channel, à propos des Palestiniens, « nous sommes en présence d’un peuple palestinien inventé, qui est en fait un peuple arabe, et qui faisait historiquement partie de la communauté arabe ». Newt Gingrich, ancien étudiant en histoire, spécialiste de l’Europe à l’époque moderne, a ajouté lors de ce même entretien que les Palestiniens « avaient la possibilité d’aller n’importe où. Mais pour un certain nombre de raisons politiques, nous avons entretenu cette guerre contre Israël depuis les années 1940 et je trouve que c’est tragique ». Il a également moqué les efforts pour la paix, pourtant bien timides de l’administration Obama, en déclarant que « être impartial, entre une démocratie qui respecte l’état de droit, et un groupe de terroristes qui lance des missiles tous les jours, ce n’est pas de l’impartialité, cela revient à favoriser les terroristes ».

Rick Perry. Rick Perry est le type même du cliché de l’homme politique américain que se font les Français. Il est Texan, plutôt très conservateur (notamment socialement) et c’est surtout un vrai gaffeur… Ses bourdes à répétitions lors des débats télé entre les différents candidats républicains ont sérieusement fait chuter sa côte de popularité. Lui qui était un des favoris au moment de l’annonce de sa candidature en août, n’est plus considéré comme tel aujourd’hui.

«Les dirigeants palestiniens doivent affirmer publiquement le droit d’Israël d’exister – et d’exister en tant que nation juive, un État juif», a déclaré le gouverneur du Texas Rick Perry lors d’un discours à New York au cours duquel il a reproché à Barack Obama d’accorder le même poids moral aux griefs des Israéliens et des Palestiniens, «y compris les orchestrateurs du terrorisme».

Le prétendant républicain à la Maison-Blanche a également donné une justification théologique à sa position face au conflit israélo-palestinien, selon ce compte rendu de Ben Smith. Je le cite :

«J’ai aussi en tant que chrétien une directive claire de supporter Israël.»

Dans cette première vidéo, il s’exprime devant des étudiants dans le New Hampshire (deuxième Etat à voter après l’Iowa).

À la fin de son intervention il incite les étudiants « qui auront plus de 21 ans le 12 novembre » à voter. Problème, on vote à 18 ans aux Etats-Unis et le scrutin aura lieu le 6 novembre…

Dans cette seconde vidéo, au cours d’un débat avec les autres candidats, il martèle que le gouvernement dépense beaucoup trop et explique que s’il arrive au pouvoir il supprimera trois agences gouvernementales. Problème, il arrive à n’en citer que deux et oublie la troisième. Il conclut son intervention par un désormais célèbre (aux Etats-Unis) : « Oups ! »

Ron Paul. Cet élu texan de la Chambre des représentants, où il milite pour le retrait des contingents américains déployés à l’étranger, a brigué sans succès l’investiture républicaine en 2008. Beaucoup de ses idées ont été reprises par le Tea Party (le parti ultra conservateur américain). Ses propositions en matière de réduction du déficit budgétaire et des dépenses publiques sont désormais largement partagées.

Mais certaines de ses positions ont créé la polémique. Libertarien convaincu, il milite, notamment, pour la légalisation du cannabis ou la sortie des Etats-Unis de l’ONU. Il est aussi suspecté d’être partisan de plusieurs théories du complot, concernant, notamment, l’origine des attentats du 11 septembre. Ce qu’il a nié en bloc. Il n’est crédité que de 8 à 10 % des votes au niveau national, mais est placé en 2e position, selon les derniers sondages, dans le « caucus » de l’Iowa.

Eric Dondero, qui a été son assistant parlementaire durant 12 ans années, a révélé dans son blog « que Ron Paul lui avait à plusieurs reprises confié qu’il aurait mieux valu qu’Israël n’existe pas car ce pays apportait plus de problèmes que d’avantages au contribuable américain ». Dondero a indiqué « que Ron Paul soutenait la volonté des Palestiniens d’éliminer l’Etat d’Israël et de céder toute sa superficie aux Arabes »

Michelle Bachmann. Longtemps dans l’ombre de Sarah Palin, Michele Bachman, âgée de 55 ans, est la nouvelle star de la droite ultra-conservatrice américaine. Elle a fait une entrée fracassante dans la campagne après une prestation remarquée lors du premier débat, en juin, talonnant alors Mitt Romney. Elle est depuis repassée sous la barre des 10 % des intentions de vote.

Cette élue du Minnesota, chef de file du Tea Party à la Chambre des représentants, compte beaucoup sur l’Iowa pour raviver sa campagne en berne. En fin de semaine dernière elle tentait de positiver en annonçant « que mardi soir les gens vont voir un miracle comprendre sa victoire »>Article original ». En attendant elle n’est même plus dans le trio de tête pour la victoire dans l’Iowa. C’est aussi la seule femme de cette primaire.

Après l’obtention de son diplôme, en 1974, à l’Anoka High School, elle part travailler au sein d’un kibboutz en Israël . Lors de l’élection présidentielle de 1976, elle soutient et assiste à l’investiture de Jimmy Carter, qui a la faveur des Chrétiens fondamentalistes . L’année suivante, elle découvre le travail du théologien Francis Schaeffer et s’en trouve fortement influencée. Celui-ci soutient plusieurs positions, en particulier la critique de l’humanisme de la Renaissance et une opposition farouche au droit à l’avortement.

Se disant en faveur de la solution diplomatique dans le cadre des relations entre les États-Unis et l’Iran, elle a toutefois déclaré qu’il ne fallait pas rejeter d’autres options comme des frappes nucléaires. Elle a également déclaré être un « soutien de longue date d’Israël ». certains la traite même de fausse juive.

Rick Santorum. C’est un peu le candidat qui monte. Ancien sénateur de Pennsylvanie, âgé de 53 ans, Rick Santorum a bâti sa réputation autour de son rejet de l’avortement et du mariage homosexuel. Il prône une réforme de la sécurité sociale et a ferraillé contre celle de la santé voulue par le président Barack Obama. Des thèmes qui sont chers aux électeurs très conservateurs de l’Iowa. Résultat, il est remonté, en quelques jours, à 15 % des intentions de vote. Il pourrait créer la surprise dans cet Etat.

Rick Santorum, a comparé M. Obama aux responsables politiques qui ont tenté de négocier avec Adolf Hitler avant la Seconde Guerre mondiale.

«Pour chaque voyou et hooligan, pour chaque islamiste radical, il (Obama) n’a montré qu’appaisement», a dit M. Santorum. «Nous avons vu cela avant la Seconde Guerre mondiale», a-t-il ajouté.

Il estime que M. Obama a mis plus de pression sur Israël –notamment sur la question des colonies– que sur les Palestiniens.

Romain Lecompte & Moshé COHEN-SABBAN de JForum

France Ouest.fr Article original

1 COMMENT

  1. A votre titre « Quel candidat républicain pour en finir avec Obama? », je répondrais : AUCUN!
    Ils sont en effet tous plus nuls les uns que les autres, n’ont aucun niveau ni stature internationale.
    A mon humble avis, Obama peut dormir sur ses deux oreilles, n’ayant rien à craindre de cette bande de polichinelles obsurantistes, illuminés et surtout ignares.

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