Deux frères, arabes musulmans et soldats de Tsahal pour défendre leur pays

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Milad et Mohammed sont frères, arabes et musulmans. Quand ils rentrent le weekend dans leur village, ils font attention de ne pas trop montrer leur uniformes de Tsahal pour éviter de s’attirer les foudres de leurs voisins. Malgré les difficultés rencontrées, ils tentent de convaincre leurs cousins de marcher dans leurs pas. D’après eux, tout le monde doit servir dans l’armée. “Je voulais m’engager afin de défendre mon village, mon pays”, raconte Milad.

“Pourquoi nous, musulmans, ne nous engageons pas ?”
Mohammed Altrash, combattant dans le Brigade de Golani, a prêté serment cette semaine, mais sa relation particulière avec Tsahal a commencé il y a un an et demi, quand son frère aîné, Milad, a choisi de s’enrôler.

“Quand j’étais au lycée, j’avais demandé à ma famille pourquoi nous, musulmans, n’avions pas à nous engager”, se rappelle Milad. “Pourquoi les Juifs, les Druzes et les Bédouins le font et nous non. Ils m’ont expliqué que les Juifs s’enrôlent parce que c’est leur pays mais que chez les Musulmans il y a beaucoup de mouvements contre l’enrôlement”, dit-il. “Je leur ai répondu que ça ne m’intéressait pas, que je voulais m’engager afin de défendre mon village, mon pays.”

La décision de s’engager et d’être le premier de la famille à enfiler l’uniforme n’a pas été facile. Milad et sa famille ne connaissaient pas l’armée ni les postes où il pouvait s’engager. Son père l’a donc envoyé voir le maire du village, le seul juif qu’il connaissait, et celui-ci l’a emmené au bureau de recrutement de Tibériade. “C’était la première fois de ma vie que je quittais mon village”, révèle-t-il. “Je ne connaissais rien de l’armée. J’étais persuadé que tout les soldats étaient combattants.”

Cinq mois plus tard, Milad s’enrôle et arrive à la base militaire de Nitsanim dans le sud du pays. “Comme je ne connaissais pas le fonctionnement de l’armée, j’avais préparé un sac pour 4 mois”, dit en souriant Milad. “Quand, après 4 jours, ma commandante m’a dit que je rentrais à la maison, je ne l’ai pas crue. Je pensais que j’allais à la base pour longtemps.”

Milad, après avoir fini ses premières classes, n’était pas au bout de ses surprises. Bien qu’il voulait devenir combattant, il est envoyé au bureau de recrutement. Il décide de rester malgré tout pour remplir son rôle actuel : responsable administratif des minorités. Aujourd’hui, Milad s’apprête à commencer le cours d’officier et son ambition est d’évoluer dans l’armée.

“J’ai réalisé qu’expliquer et enseigner aux gens le fonctionnement de l’armée est un rôle très important”, explique Milad. “Je ne veux pas m’en tenir à ça, je veux apprendre à connaître davantage l’armée, parce que j’aime ce système.”

Il s’avère que ce ressenti ne se manifeste pas seulement chez Milad. Il est présent chez d’autres membres de sa famille et plus particulièrement chez son frère cadet Mohammed. Quand Mohammed a passé son bac avec mention, il envisageait d’aller étudier à l’université, jusqu’à ce que son frère aîné le convainque de porter l’uniforme de Tsahal.

“Il m’a dit que l’armée pouvait organiser ma vie”, raconte Mohammed. “Après de longues discussions, j’ai réalisé que c’est ce que je voulais : m’engager, contribuer à mon pays”.

“Avant de m’enrôler, je n’étais sûr que d’une chose : je voulais servir dans une unité combattante. Deux mois avant mon entrée, j’ai passé tous les tests et seulement deux semaines après les avoir passés, j’ai reçu une réponse positive : je serai combattant dans l’unité Golani”, sourit Mohammed.

Le jour venu, Mohammed arrive tôt à la base de recrutement de Tibériade, accompagné de son frère Milad. Il n’avait vu que deux Juifs avant ce jour là et son hébreu était assez pauvre.

“Pendant mes deux premières semaines, je ne comprenais rien”, se rappelle-t-il. “Je ne comprenais pas les ordres, je ne comprenais pas ce que les autres soldats disaient. J’avais un seul ami, Moussa, lui aussi étant arabe, et on était tout le temps ensemble”.

Après la formation de base, Moussa a été affilié au Bataillon 13, et Mohammed au Bataillon 51. Son meilleur ami partait, le laissant seul avec les difficultés de la langue. “Les premières semaines, je n’ai parlé à personne. A l’école, on avait apprit a écrire et lire l’hébreu, pas à le parler. C’était très dur. Je suis parti de zéro, mais petit a petit, j’ai tout appris”, raconte-t-il.

Lorsque pendant son service, Mohammed prête serment, il se trouve face au monument le plus sain de la religion juive, le Kotel, entouré de soldats qui vont jurer sur la Bible. Quelques mètres plus loin se dresse la mosquée Al-Aqsa, lieu saint de l’Islam, sa religion. “La vérité est que je ne pensais pas à ça. Je ne suis pas une personne religieuse donc cet endroit ne me procure aucune sensation particulière”, admet Mohammed en souriant, juste avant la cérémonie. “Je voulais surtout me concentrer sur cette expérience, parce que c’est ma première fois à Jérusalem.”

Mohammed tient à souligner que son frère et lui n’ont jamais souffert de racisme. Cependant, les soldats Atrash racontent que le retour au village n’est pas évident. “Les gens parlent dans notre dos, et quand ma mère lave nos uniformes, elle le fait a l’intérieur de la maison pour éviter qu’on nous les vole. Nous n’avons pas peur qu’ils voient nos uniformes”, raconte-t-il, “mais nous ne voulons pas énerver les voisins. Malgré tout, je retourne au village en uniforme”, ajoute Mohammed. “Si les gens me regardent trop, je les ignore. Ça me va.”

Les gens du village ne voient pas l’enrôlement des Atrash d’un très bon oeil. Une bonne partie de leurs amis se sont éloignés d’eux depuis qu’ils se sont engagés.

“Je n’ai plus d’amis au village depuis que j’ai rejoint l’armée. Mais ce n’est pas grave. Je n’ai pas besoin d’eux, je me fais de nouveaux amis ici, à l’armée.”

“Maman avait peur au début”, continue Milad, “car elle ne connaît pas l’armée, mais elle a vu que ça me rendait heureux alors elle l’est aussi. Et désormais, elle incite mes autres frères à s’engager dans l’armée. Comme Mohammed et moi sommes les premiers à s’être enrôlés dans le village, nous essayons aussi de convaincre mes cousins, petit à petit”, il sourit. “J’espère réussir à pousser toute la famille et tout le village à servir dans l’armée, afin que la société musulmane commence à s’ouvrir”.

On pense déjà au service militaire de nos petits frères

Vendredi dernier, Mohammed a accepté de rester à la base pour Shabat, alors que le reste de ses amis soldats rentraient chez eux. L’atmosphère militaire aurait pu sembler difficile mais, au contraire, il l’a beaucoup appréciée.

“Je me sens vraiment bien ici. Le fait de rester à la base avec des amis me plaît aussi, à la maison je m’ennuie. Quand je rentre chez moi, je me repose et de temps en temps je vais faire un peu de sport. Mais je n’attends qu’une seule chose : retourner à la base”, raconte-t-il.

Malgré la situation financière compliquée de la famille, Milad et Mohammed ont insisté pour faire leur service militaire. “Je refuse qu’un seul de mes petits frères aillent travailler à la place de faire leur service militaire”, explique Milad. “Mohammed ne s’est pas enrôlé à cause de l’argent, mais pour donner du sien au pays – nous n’attendons rien en retour”.

Mohammed et Milad sont des perles rares.

Contrairement à la majorité, les deux frères sont contre l’exemption des Musulmans à faire le service militaire : “si le pays obligeait les Musulmans à servir dans l’armée, ils se sentiraient alors plus impliqués, plus concernés”, raconte Milad. “Tout le monde doit servir le pays et donner du sien à l’Etat, les Juifs et les Arabes”, ajoute Mohammed. “Peu importe là où tu fais ton service, l’important est de donner. Moi, par exemple, ça m’importe peu de servir en Judée et Samarie ou à Gaza et être confronté aux Musulmans de l’autre côté de la frontière. Nous veillons sur notre pays, nous devons le protéger, et peu importe qui se trouve de l’autre côté – arabes ou non – musulmans ou non. Au final, tout le monde protège sa propre famille.”

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TAGS: Tsahal Atrash Golani Juifs Musulmans Service Miltaire

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