Deux Juifs d’Israël pour saluer leurs Justes de Loos-en-Gohelle

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Myriam Cymbalista, 78 ans, et son frère Norbert, 74 ans, sont revenus d’Israël, hier, pour l’inauguration de la Stèle des Justes parmi les nations de Loos-en-Gohelle. Beaucoup de monde et un défilé qui a traversé le centre-ville. Norbert et Myriam avaient 7 et 3 ans, en 1942, quand la famille Tysiak les cacha, leur évitant la déportation et une mort promise à Auschwitz.

Myriam (au centre avec son frère Norbert) a rendu hommage à trois Loossoises d’aujourd’hui.

Prenant la parole à la salle Varet, Myriam, qui s’appelait Marie en 1942, pense bien sûr à la famille Tysiak, aux parents Joseph et Marianna comme à leurs deux filles Marianna et Johanna. En février 2009, les deux Loossois (lui était mineur, elle gardait des enfants) étaient désignés, à titre posthume, Justes parmi les nations, selon les critères de Yad Vashem, organisme israëlien qui veille sur la mémoire de la Shoah.

Leur première fille, Marianna, recevait alors ce titre de son vivant mais décédait six mois plus tard. Johanna vient à son tour de mourir voici un mois.
Myriam s’émeut : « Je me réjouissais tellement de la revoir, elle était la dernière source de nos souvenirs dans cette famille de Loos-en-Gohelle ». Car de ces enfants d’alors, beaucoup sont déjà morts et ceux qui peuvent témoigner de la vie sous l’occupation seront de plus en plus rares dans les années à venir.

Pourtant « que de vies sauvées ! », s’exclame cette femme qui, comme son frère Norbert, détient la double nationalité de France et d’Israël, pays où ils se sont installés en 1953. « Ils ont permis aux enfants de vivre mais aussi aux enfants des enfants, aux arrière petits-enfants… » Du monde au bout du compte, pour les Cymbalista comme pour toutes les familles de ceux qui sont nés de personnes cachées par les 3 600 Justes de France reconnus à ce jour.

La mémoire, il faut donc l’entretenir, se dire que « rien n’est acquis ».

Myriam salue « trois femmes remarquables qui ont montré une obstination contre vents et marées pour faire lever cette stèle ». Elle parle de Florence Chaumorcel, bibliothécaire de la médiathèque municipale, Sylviane Roszak, enseignante à l’école Basly, et Jacqueline Lucas, bénévole, celle qui a permis de remonter aux deux Israéliens cachés dans une famille résistante en tombant sur un article de la revue Gauhéria consacré au POWM, groupe de résistance polonais en France.

Trois femmes qui ont fait, depuis dix ans, du mois d’avril un mois de réflexion et d’échanges sur la Shoah, la Déportation et la Résistance. Ce travail, encouragé par le maire de Loos-en-Gohelle, a notamment vu la remise d’un prix national aux élèves de troisième du collège Cassin au concours national sur la Résistance. Ce lundi, dernier acte pour 2013 avec le spectacle Naz au foyer Omer-Caron. Où comment le nazisme s’installe dans la tête d’un jeune. À 14 h 30. Entrée gratuite mais priorité aux scolaires. •

PAR PHILIPPE BESSIN – La Voix du Nord Article original

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