Des missiles russes déployés contre l’Europe.

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Les Etats-Unis, la Pologne et les pays baltes, très inquiets, évoquent une « déstabilisation » de la région. A noter que la même opération, cette fois, en Syrie, certes, d’engins identiques mais moins perfectionnés, n’ont soulevé aucune objection de la part des Etats-Unis ni de l’Europe.

Alexander Nemenov (AFP/File)

Les Etats-Unis ont exprimé auprès de la Russie leur « inquiétude » quant au risque de « déstabilisation » de la région de Kaliningrad, à la suite des informations sur le déploiement de missiles russes de courte portée, a dit lundi 16 décembre le département d’Etat.

« Nous avons exhorté la Russie à ne prendre aucune mesure qui déstabilise la région », a indiqué la porte-parole adjointe du ministère, Marie Harf, précisant que Washington en avait directement parlé avec Moscou.

« Nous avons partagé avec la Russie les inquiétudes qu’a la région. … »>Article original Nous savons bien sûr que les pays de la région ont fait part de leurs préoccupations, et nous ne cessons d’en parler avec eux », a ajouté la responsable américaine, en allusion à Varsovie et aux trois pays baltes, membres de l’OTAN et de l’UE, qui ont aussi mal accueilli l’annonce du déploiement de missiles dans l’enclave de Kaliningrad, entre la Pologne et la Lituanie.

Lundi, le ministère russe de la Défense a confirmé que Moscou avait bien déployé des batteries de missiles de courte portée Iskander-M dans sa région occidentale, qui jouxte l’UE. Le ministère était interrogé après des informations du journal allemand Bild.

Les récentes ententes sur le dossier nucléaire iranien ne pousseront pas les Etats-Unis à renoncer au projet d’ABM européen, a déclaré de son côté lundi soir le chef du Pentagone Chuck Hagel.

« Le secrétaire Hagel a fait savoir que le plan d’action du groupe des Six n’excluait pas la nécessité pour les Etats-Unis et leurs alliés européens de poursuivre la mise en œuvre des projets de défense antimissile en Europe », a rapporté le Pentagone dans un communiqué de presse.

« M.Hagel a souligné que les efforts antimissiles déployés par les Etats-Unis et l’Otan ne constituaient pas une menace pour la Russie. Il a en outre appelé les deux parties à poursuivre les consultations en la matière », lit-on dans le document.


La Pologne et les pays baltes inquiets Ilmars Znotins (AFP/File)

Varsovie et les trois pays baltes ont fait part lundi de leur inquiétude à la suite des informations sur le déploiement de batteries de missiles de courte portée russes.

« Des projets de déploiement des missiles Iskander-M dans la région de Kaliningrad inquiètent. La Pologne l’a dit à de multiples reprises », a indiqué le service de presse du ministère polonais des affaires étrangères cité par l’agence PAP.

Les pays baltes, anciennes républiques soviétiques, qui ont rejoint l’UE et l’OTAN en 2004, ont également fait part de leur inquiétude.

« Il est clair que c’est une nouvelle alarmante, car il s’agit d’un argument modifiant l’équilibre des forces dans notre région. Il ne change pas l’équilibre des forces entre l’OTAN et la Russie mais celui des forces dans la région. Il menace des villes baltes et des infrastructures dans la région de la Baltique. Bien sûr, il nous faut penser comment défendre la région plus efficacement dans le cas d’une crise hypothétique parce qu’il est clair qu’il s’agit d’armes dangereuses », a souligné le ministre letton de la Défense Artis Pabriks, cité par l’agence balte BNS.

Une réponse au bouclier antimissile de l’OTAN en Europe

Le Kremlin avait averti en 2011 que la Russie pourrait installer dans la région de Kaliningrad des batteries de missiles Iskander afin de répondre aux « menaces »représentées par le projet de « bouclier antimissile » de l’OTAN en Europe.

Le projet de bouclier prévoit le déploiement, d’ici à 2018, de 24 missiles intercepteurs SM3-IIA en Pologne, et autant en Roumanie notamment.
Ce « bouclier » est depuis plusieurs années le principal sujet de discorde entre l’OTAN et la Russie.

L’Alliance atlantique le présente comme étant destiné à protéger les pays européens membres de l’OTAN d’une éventuelle menace balistique iranienne, mais la Russie le perçoit comme mettant en danger sa propre sécurité.

i24news.tv Article original

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