DSK entendu dans l’affaire du Carlton : que risque-t-il ?

0
9

Prévue mercredi, l’audition de DSK en vue d’une mise en examen est en cours au palais de justice de Lille.Cet inattendu changement de calendrier a-t-il pour objectif d’éviter la cohue de journalistes constatée lors de la garde à vue de DSK, le mois dernier, à Lille, dans le cadre de l’affaire dite du Carlton ? La raison est-elle tout autre ? Si on l’ignore pour l’instant, ce qui est certain, en revanche, c’est que l’audition de DSK prévue mercredi 28 mars par les juges lillois dans le cadre de cette affaire en vue d’une probable mise en examen a lieu lundi 26 mars en fin d’après-midi au palais de justice de Lille.

DSK lors de garde à vue à Lille mardi 21 février 2012 (Pierre Le Masson / Max PPP)

A l’issue de deux jours de garde à vue mardi 21 et mercredi 22 février dernier, l’ex-patron du FMI était reparti avec une convocation aux fins de mise en examen pour « complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée » et « recel d’abus de biens sociaux ».

Les magistrats cherchaient notamment à déterminer si DSK savait, ou non, que les jeunes femmes qui prenaient part aux parties fines auxquelles il participait également étaient spécialement recrutées et rémunérées pour l’occasion.

Mis en examen pour « complicité de proxénétisme » et « recel d’abus de biens sociaux » ?

La « complicité de proxénétisme », qui pourrait être caractérisée s’il est prouvé que DSK savait que les jeunes femmes étaient des prostituées spécialement recrutées, et qu’il a participé aux soirées, est passible de 7 ans de prison et 150.000 euros d’amende.

Si elle est retenue, la « complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée » est quant à elle passible d’une peine allant jusqu’à 20 ans de prison et 3 millions d’euros d’amende. La notion de bande organisée correspond au fait que plusieurs personnes s’entendent pour commettre une infraction, quand bien même celle-ci n’est pas commise.

Quant au recel d’abus de biens sociaux, qui pourrait être caractérisé s’il est prouvé que DSK a bénéficié de faveurs de prostituées payées avec l’argent de sociétés, il est passible d’une peine de 5 ans de prison et 375.000 euros d’amende.

Deux call-grils affirment qu’il ne pouvait pas ne pas savoir

A l’instar de ce qu’avait affirmé sa défense en décembre dernier, DSK aurait nié, lors de garde à vue, avoir su que les jeunes femmes étaient des prostituées susceptibles d’être payées, qui plus est par des sociétés. Il aurait aussi affirmé de ne pas se mêler de l’organisation des rencontres. Fin février, une call-girl prénommée Mounia avait pourtant affirmé que « l’ensemble des personnes présentes ne pouvaient pas ignorer que (sa) prestation serait rémunérée ».

Lundi 26 mars, « Le Point » publie également le témoignage d’une autre call-girl qui se fait appeler Juliette et affirme à son tour que, « à moins d’être un grand naïf », il n’était selon elle pas possible que DSK ignore qu’elle était prostituée et payée pour cela. Celle qui explique avoir rencontré DSK et les deux entrepreneurs Fabrice Paszkowski et David Roquet affirme également avoir participé à deux soirées avec DSK : en novembre 2010 à Bruxelles et le mois suivant à Washington. Elle évoque un rapport « brutal » lors de cette deuxième rencontre et précise que « DSK n’a pas été correct », sans toutefois avoir souhaité porter plainte.

La mise en examen n’est pas automatique

Si elle est probable, la mise en examen de DSK n’est toutefois pas absolument inéluctable, car pas automatique. Les juges peuvent avoir décidé d’entendre l’ex patron du FMI sous le statut de témoin assisté, comme cela avait été le cas pour l’ancien directeur départemental de la sécurité publique du Nord Jean-Claude Menault.

Contactés par « Le Nouvel Observateur », les avocats de DSK, Henri Leclerc et Frédérique Beaulieu n’étaient pas disponibles pour l’instant.

Par Celine Rastello – Nouvel Obs Article original
journaliste

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here