Comment la Turquie d’Erdogan séduit l’Afrique du Nord

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«Nous voulons l’Erdogan arabe», pouvait-on entendre parmi les slogans d’accueil du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lors de sa visite en Egypte en septembre 2011. Le journal algérien El Watan analyse l’image de modèle du régime turc qui n’en finit pas de séduire en Afrique du Nord.

On ne compte plus les articles de presse décrivant une «opinion arabe pro-turque». Le quotidien explique combien la Turquie «islamisée» dirigée par le Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdogan et d’Abdullah Gül (le chef d’Etat turc) est «un exemple à suivre» pour son «authenticité et sa modernité» et son «développement économique» pour beaucoup, et en particulier pour les élites égyptiennes (dont certaines sont proches du mouvement islamiste des Frères musulmans).

Sur le plan de la politique internationale, d’abord, la position ferme d’Ankara vis-à-vis d’Israël est très appréciée. Dès 1973, rappelle El-Watan, la Turquie a interdit l’accès à ses bases par l’armée américaine qui voulait soutenir Israël après la guerre d’Octobre. En 1975, elle a très vite reconnu la légitimité de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), en tant que représentant de l’Autorité palestinienne.

Cependant, le lien qui lie la Turquie au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord semble surtout être économique. Le succès de l’économie turque qui enregistre une croissance de 9% en 2010, et prévoit une croissance de 6% pour l’année 2011, tient à son taux élevé d’exportations. Lors du premier Sommet du partenariat turco-africain réunissant 52 pays africains, le 16 décembre 2011, le ministre des Affaires étrangères turc a affirmé que «le montant des échanges entre la Turquie et l’Afrique devait atteindre 17 milliards de dollars en 2011, contre 14 milliards de dollars en 2010».

Mais le journal algérien nuance ces liens entre la Turquie et l’Afrique en expliquant que «les islamistes turcs se sont toujours peu souciés de ce que pouvaient penser les peuples du monde arabe des régimes qui les gouvernent». Il fait en particulier référence à «l’acceptation par Erdogan du « Prix Kadhafi des droits de l’homme » le 1er décembre 2010, deux mois et demi seulement avant les premières manifestations contre le pouvoir du despote libyen.»

Enfin les liens géopolitiques et économiques qui lient la Turquie à l’Otan d’une part (après un accueil froid de l’intervention en Libye, le gouvernement turc avait donné son accord pour participer à la surveillance des côtes libyennes), et l’Union Européenne d’autre part, permet de relativiser ceux qui pensent que la Turquie va orienter tous ces intérêts vers le monde arabe.

Lu sur El Watan

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