Centrafrique : Hollande annonce l’arrivée de 1600 militaires français

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Le chef de l’Etat a affirmé au terme du sommet sur la paix et la sécurité en Afrique que l’intervention française dans son ex-colonie en proie au chaos serait «rapide et efficace».a figure tutélaire de Nelson Mandela et l’ombre de la Centrafrique ont plané jusqu’au bout sur le sommet «paix et sécurité en Afrique» qui s’est achevé samedi à l’Elysée. Interrogé sur la Centrafrique lors de la conférence de presse finale, François Hollande a créé la surprise en annonçant que 1600 militaires français seraient «ce soir» samedi en Centrafrique -soit 400 soldats de plus que les effectifs de 1200 hommes évoqués jusqu’à présent. Une intervention qui sera «rapide et efficace», a affirmé le président de la République sans toutefois en préciser la durée. Il a indiqué que la mission prioritaire serait de «désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations». Plus tard dans la soirée, dans un entretien accordé à RFI-TV5Monde, le chef de l’Etat a précisé que la France ne dépassera pas les 1600 soldats envoyés. «Ça suffira», a estimé le président.

Une autre information livrée samedi par François Hollande concerne le bilan des massacres intervenues jeudi à Bangui, quelques heures avant que ne se déploient les forces françaises et africaines mandatées par l’ONU. «Sur la seule journée de jeudi, les chiffres (sont) effrayants, il y aurait eu 300 morts», a révélé le chef de l’Etat. Depuis, «il y a eu une respiration pour les Centrafricains», a-t-il estimé, indiqué qu’il y a avait eu «peu» de violences samedi. «Dans un délai, je crois court, nous pourrons faire cesser toutes les exactions et les massacres», a dit François Hollande. «On ne peut pas laisser en place un président qui n’a rien pu faire, a laissé faire», a par ailleurs commenté François Hollande, dans un entretien à RFI-TV5Monde, en référence au président Michel Djotodia (issu des rangs de l’ex-Séléka), censé quitter le pouvoir fin 2014 avant l’organisation d’élections.

«Nous en avons parlé avec des Africains qui se mobilisent, avec le premier ministre (Nicolas Tiangaye) et l’idée a été d’aller le plus vite possible vers une élection pour qu’il y ait une autorité légitime», a-t-il poursuivi. Les forces françaises vont «se déployer le plus rapidement possible et partout où il y a des risques pour la population, avec les forces africaines présentes qui sont au nombre de 2.500 soldats», a ajouté le chef de l’Etat.

«Nos troupes sont accueillies avec liesse»

De 600 militaires présent sur place, le contingent français est donc passé à 1000 hommes vendredi et donc à 1600 samedi, – «l’effectif qui demeurera autant que nécessaire pour cette mission», a déclaré François Hollande. Selon l’Etat-major des armées, les renforts sont arrivés du Cameroun et du Gabon mais aussi depuis Toulouse,dans le cadre du dispositif d’alerte Guépard, vendredi soir. Venue par la route du Cameroun, une colonne blindée et quelque 200 militaires français ont franchi la frontière centrafricaine, samedi matin, pour atteindre dans la matinée la ville de Bouar, à 370 kilomètres au nord-ouest de Bangui.
«Nos troupes sont accueillis avec liesse dans les villes et les villages, comme hier par les Maliens parce que nous apportons la paix et la sécurité», s’est félicité François Hollande.

Un «mini-sommet» consacrée à la situation en Centrafrique devait se dérouler samedi en fin d’après-midi à l’Elysée autour du président de la République, en présence notamment du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, du premier ministre centrafricain de transition Nicolas Tiangaye, des chefs des Etats voisins et des dirigeants de l’Union européenne.

Cet ersatz de sommet franco-africain -dont la prochaine édition se tiendra au Mali «fin 2016-début 2017», a annoncé François Hollande- a également a donné lieu à une déclaration finale comportant trois chapitres, sur la sécurité, l’économie et le climat. Les participants ont notamment évoqué la mise sur pied opérationnelle, d’ici 2015, d’une force d’action rapide africaine pour répondre aux crises, car «il a été convenu que l’Afrique devait assurer elle-même sa sécurité», a dit François Hollande. L’idée n’est pas nouvelle et ne sera pas aisée à mettre en place.

La France contribuera au projet de cette force – dotée d’un état-major «projetable» – en mettant à la disposition de l’Union africaine des «cadres militaires» et également en formant 20.000 soldats africains par an.

En matière de partenariat économique, François Hollande a souligné que la France ambitionne de doubler en cinq ans ses échanges commerciaux avec le continent, concédant que des parts de marchés avaient y été perdues au profit des pays émergents, notamment de la Chine. Concernant, la lutte contre le réchauffement climatique, un thème de grande inquiétude pour les Africains, les participants du sommet ont souligné leur «détermination commune» à élaborer lors de la Conférence de Paris en 2015 «un nouvel accord contraignant, applicable à tous, qui devra entrer en vigueur au plus tard en 2020».

Alain Barluet/ Le Figaro.fr Article original

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