Bilan « globalement positif » de la visite du Président Hollande en Israël

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L’Etat d’Israël est l’un des rares pays de la planète qui souffre d’une délégitimation haineuse, d’incompréhension et d’un refus systématique à comprendre sa juste cause. Quand alors débarque à Jérusalem un chef d’Etat ami, la passion l’emporte sur la raison, et nous sautons sur l’occasion pour l’accueillir chaleureusement en déroulant notre plus beau tapis rouge.

Le président de la République française a surpris les Israéliens par ses propos, sa modestie et sa gentillesse. Bien que sur le fond rien n’ait changé fondamentalement dans la politique française, nous constatons que l’arrogance, le mépris, et les leçons de morale que nous avions connus de la part de certains dirigeants français ont cette fois-ci cédé la place à la simplicité, la politesse et la franchise. François Hollande diffère sans doute de ses prédécesseurs et dans la conduite des affaires il rappelle des dirigeants socialistes de la IIIe et de la IVe République. Cependant, devant un monde devenu de plus en plus cruel, une Amérique affaiblie et un Moyen-Orient déchiré par des conflits locaux et tribaux, de graves questions se posent : Pourra-t-il gérer les menaces et relever les défis ? La France sera-t-elle capable de combler le vide américain et de prendre la relève dans la région ? Redevenir sincèrement « notre fidèle allié stratégique » ? Nous pouvons bien entendu en douter en analysant les discours à la Knesset et à Ramallah, et en essayant de faire un premier bilan de la visite.

François Hollande a eu raison de rappeler, d’ailleurs avec brio, les jalons de notre Histoire et la grandeur du peuple juif en condamnant avec fermeté le fléau de l’antisémitisme et en s’engageant à le combattre sans merci.

Dans ses discours, il a eu aussi la sagesse de séparer les relations bilatérales du conflit israélo-palestinien. Certains de ses prédécesseurs ont cédé honteusement au boycottage arabe et ont conditionné le renforcement de nos relations par un progrès dans le processus de paix. Lors de cette visite des contrats importants ont été signés. La France, qui traverse une crise économique profonde et souffre d’un chômage croissant, est consciente plus que jamais de nos atouts considérables, en particulier dans le domaine de la recherche scientifique, de la haute technologie et des ordinateurs sophistiqués. Il était donc temps de corriger les lacunes précédentes, d’augmenter nos échanges et de renforcer la coopération dans l’intérêt commun des deux pays. Soulignons que l’Etat juif se trouve en plein boom économique et demeure le seul pays stable de la région qui ne représente pas de risques financiers.

Sur les dossiers politiques les divergences demeurent, en particulier sur la solution du problème palestinien. Comme ses prédécesseurs, François Hollande a rappelé la position traditionnelle de la France et a condamné sévèrement et à plusieurs reprises la « colonisation». Ici, chaque mot à un sens, mais ce terme est déplacé est surtout péjoratif. Il n’y a aucun rapport avec la colonisation française ou britannique. La réalité sur le terrain est tout à fait différente que la façon dont les médias internationaux la décrivent. Nous ne sommes pas des envahisseurs de pays d’outre-mer, ni des colonisateurs ! Nous construisons des logements dans des sites existant depuis des millénaires. Aucun gouvernement israélien n’a annexé à ce jour ce territoire et les implantations n’ont jamais été un obstacle à la paix !

La Cisjordanie d’aujourd’hui ne fait que la moitié de la superficie de l’Ile-de-France, et l’ensemble des « implantations » ne représente que 3% seulement de ce territoire disputé. Les Américains, les Français, comme d’ailleurs les Palestiniens, sont parfaitement conscients que seules des implantations isolées seront démantelées le jour de la signature d’un accord de paix, et les autres –situées en majorité dans les banlieues de Jérusalem – resteront sous souveraineté israélienne dans le cadre d’échanges de territoires.

Dans ce contexte, il est impensable de revenir sur les lignes d’armistice de 1949 et il est aussi clair comme l’eau de roche que Jérusalem demeurera à jamais notre capitale unique ! Pourquoi donc la diviser et l’offrir aux Palestiniens ?! Certes un accord devrait être trouvé pour les résidents musulmans et chrétiens de la Ville sainte mais le partage de souveraineté est hors de tout règlement !

François Hollande n’est pas hélas le seul à ignorer notre attachement inébranlable à Jérusalem et à s’obstiner à installer son ambassade à Tel-Aviv. Il se trompe aussi quand il pense comme d’autres chefs d’Etat étrangers que Jérusalem sera partagée un jour.

Sur le dossier iranien, nous apprécions la position ferme de la France et l’engagement du Président Hollande de ne pas permettre à l’Iran de se doter de l’arme atomique. Toutefois, nous sommes assez sceptiques quant à la détermination française face à l’obstination des Etats-Unis, de la Russie ou de la Chine de conclure, coûte que coûte, un accord avec les Ayatollahs. En dépit de ses faiblesses et de ses maladresses, l’Amérique demeure la plus forte puissance militaire et économique de la planète.

Face aux menaces et aux défis nous devons bien entendu ne compter que sur nous-mêmes car tous les Etats y compris la France sont et demeureront des « monstres froids » mettant toujours en priorité leurs propres intérêts.

Enfin, la visite de François Hollande s’est déroulée dans un climat amical et très constructif et elle fut une belle réussite. Elle a prouvé que la France, au-delà des divergences politiques, partage avec nous les valeurs démocratiques et universelles et demeure toujours notre grande amie.

Freddy Eytan

Bilan positif de la visite du Président Hollande en Israël
Posted by Freddy Eytan on 11/19/13 • Categorized as Editorial

freddy_eytanL’Etat d’Israël est l’un des rares pays de la planète qui souffre d’une délégitimation haineuse, d’incompréhension et d’un refus systématique à comprendre sa juste cause. Quand alors débarque à Jérusalem un chef d’Etat ami, la passion l’emporte sur la raison, et nous sautons sur l’occasion pour l’accueillir chaleureusement en déroulant notre plus beau tapis rouge.

Le président de la République française a surpris les Israéliens par ses propos, sa modestie et sa gentillesse. Bien que sur le fond rien n’ait changé fondamentalement dans la politique française, nous constatons que l’arrogance, le mépris, et les leçons de morale que nous avions connus de la part de certains dirigeants français ont cette fois-ci cédé la place à la simplicité, la politesse et la franchise. François Hollande diffère sans doute de ses prédécesseurs et dans la conduite des affaires il rappelle des dirigeants socialistes de la IIIe et de la IVe République. Cependant, devant un monde devenu de plus en plus cruel, une Amérique affaiblie et un Moyen-Orient déchiré par des conflits locaux et tribaux, de graves questions se posent : Pourra-t-il gérer les menaces et relever les défis ? La France sera-t-elle capable de combler le vide américain et de prendre la relève dans la région ? Redevenir sincèrement « notre fidèle allié stratégique » ? Nous pouvons bien entendu en douter en analysant les discours à la Knesset et à Ramallah, et en essayant de faire un premier bilan de la visite.

François Hollande a eu raison de rappeler, d’ailleurs avec brio, les jalons de notre Histoire et la grandeur du peuple juif en condamnant avec fermeté le fléau de l’antisémitisme et en s’engageant à le combattre sans merci.

Dans ses discours, il a eu aussi la sagesse de séparer les relations bilatérales du conflit israélo-palestinien. Certains de ses prédécesseurs ont cédé honteusement au boycottage arabe et ont conditionné le renforcement de nos relations par un progrès dans le processus de paix. Lors de cette visite des contrats importants ont été signés. La France, qui traverse une crise économique profonde et souffre d’un chômage croissant, est consciente plus que jamais de nos atouts considérables, en particulier dans le domaine de la recherche scientifique, de la haute technologie et des ordinateurs sophistiqués. Il était donc temps de corriger les lacunes précédentes, d’augmenter nos échanges et de renforcer la coopération dans l’intérêt commun des deux pays. Soulignons que l’Etat juif se trouve en plein boom économique et demeure le seul pays stable de la région qui ne représente pas de risques financiers.

Sur les dossiers politiques les divergences demeurent, en particulier sur la solution du problème palestinien. Comme ses prédécesseurs, François Hollande a rappelé la position traditionnelle de la France et a condamné sévèrement et à plusieurs reprises la « colonisation». Ici, chaque mot à un sens, mais ce terme est déplacé est surtout péjoratif. Il n’y a aucun rapport avec la colonisation française ou britannique. La réalité sur le terrain est tout à fait différente que la façon dont les médias internationaux la décrivent. Nous ne sommes pas des envahisseurs de pays d’outre-mer, ni des colonisateurs ! Nous construisons des logements dans des sites existant depuis des millénaires. Aucun gouvernement israélien n’a annexé à ce jour ce territoire et les implantations n’ont jamais été un obstacle à la paix !

La Cisjordanie d’aujourd’hui ne fait que la moitié de la superficie de l’Ile-de-France, et l’ensemble des « implantations » ne représente que 3% seulement de ce territoire disputé. Les Américains, les Français, comme d’ailleurs les Palestiniens, sont parfaitement conscients que seules des implantations isolées seront démantelées le jour de la signature d’un accord de paix, et les autres –situées en majorité dans les banlieues de Jérusalem – resteront sous souveraineté israélienne dans le cadre d’échanges de territoires.

Dans ce contexte, il est impensable de revenir sur les lignes d’armistice de 1949 et il est aussi clair comme l’eau de roche que Jérusalem demeurera à jamais notre capitale unique ! Pourquoi donc la diviser et l’offrir aux Palestiniens ?! Certes un accord devrait être trouvé pour les résidents musulmans et chrétiens de la Ville sainte mais le partage de souveraineté est hors de tout règlement !

François Hollande n’est pas hélas le seul à ignorer notre attachement inébranlable à Jérusalem et à s’obstiner à installer son ambassade à Tel-Aviv. Il se trompe aussi quand il pense comme d’autres chefs d’Etat étrangers que Jérusalem sera partagée un jour.

Sur le dossier iranien, nous apprécions la position ferme de la France et l’engagement du Président Hollande de ne pas permettre à l’Iran de se doter de l’arme atomique. Toutefois, nous sommes assez sceptiques quant à la détermination française face à l’obstination des Etats-Unis, de la Russie ou de la Chine de conclure, coûte que coûte, un accord avec les Ayatollahs. En dépit de ses faiblesses et de ses maladresses, l’Amérique demeure la plus forte puissance militaire et économique de la planète.

Face aux menaces et aux défis nous devons bien entendu ne compter que sur nous-mêmes car tous les Etats y compris la France sont et demeureront des « monstres froids » mettant toujours en priorité leurs propres intérêts.

Enfin, la visite de François Hollande s’est déroulée dans un climat amical et très constructif et elle fut une belle réussite. Elle a prouvé que la France, au-delà des divergences politiques, partage avec nous les valeurs démocratiques et universelles et demeure toujours notre grande amie.

Freddy Eytan

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