Bienvenue en Israël, Monsieur le Président

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L’opposition de Paris à l’accord avec l’Iran fera débuter la visite d’Hollande sous d’heureux auspices

La visite que François Hollande s’apprête à effectuer en Israël du 17 au 19 novembre est, comme c’est toujours le cas, l’occasion d’ausculter l’état des relations entre les deux pays. Elles sont bonnes, sinon sans nuages.Commençons par les nuages. Comme l’ensemble de la communauté internationale, la France s’oppose à la “colonisation” des Territoires, qu’elle qualifie d’« illégale », et soutient la création d’un Etat palestinien dans les frontières d’avant la guerre des Six-Jours, avec des modifications agrées par les parties. Nous sommes évidemment loin du compte avec le gouvernement au pouvoir à Jérusalem, qui n’a par ailleurs pas apprécié que Paris vote l’année dernière aux Nations Unies, puis à l’UNESCO, en faveur de l’admission de la Palestine comme « Etat observateur non membre ».

Dans son discours à la Knesset, en juin 2008, Nicolas Sarkozy, crédité de nourrir les sentiments les plus pro-israéliens de tous les présidents de la Cinquième République, s’était prononcé clairement pour « un arrêt total et immédiat de la colonisation » et n’a pas hésité à souligner la
« vocation » de Jérusalem à devenir « capitale de deux Etats ».

Il sera difficile à Hollande de faire moins, au grand déplaisir de ses hôtes. De même, autre pomme de discorde, on le voit mal se mettre en porte-à-faux par rapport aux « lignes directrices » imposées par l’Union européenne pour ce qui concerne le statut des organismes israéliens actifs au-delà de la Ligne verte, que l’UE entend exclure des avantages du programme scientifique européen Horizon 2020. Aussi, il est peu probable qu’il accepte de reconnaître Israël comme “l’Etat-nation du peuple juif”, une obsession de Benyamin Netanyahou qui est ardemment combattue par les Palestiniens.

Côté nuages, enfin, la faible présence française sur le marché israélien. Avec un peu plus de 2% de parts de marché, bien derrière l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou l’Italie, et un volume d’investissements du même ordre, la deuxième économie de la zone euro et la cinquième mondiale est loin de se tailler ici la place qui devrait être la sienne. On parlera donc beaucoup commerce, innovation et start-ups (pardon, « jeunes pousses »).

Côté ciel bleu, cela fait longtemps que la France a rééquilibré au profit d’Israël sa diplomatie proche-orientale. Victime de la dislocation du monde arabo-musulman et du terrorisme qui a durement frappé la France, la « politique arabe » de la Cinquième République a vécu, et avec elle la « rue arabe » du Quai d’Orsay.

Une succession d’ambassadeurs remarquables a beaucoup fait pour réconcilier avec la France une opinion publique israélienne naguère encore irrémédiablement hostile. François Hollande lui-même arrive auréolé de son action en Libye et au Mali, comme de sa volonté à en découdre en Syrie, et précédé d’une réputation méritée d’ami d’Israël, dans la lignée de la vieille S.F.I.O.

Sa première rencontre avec Netanyahou, à la fin octobre 2012, a été l’occasion d’une telle convergence de vue, de la question du nucléaire iranien à la « reprise sans conditions » des négociations israélo-palestiniennes, que plus d’un sourcil d’est levé dans les chancelleries européennes.

Mais, bien sûr, sa carte maîtresse est sa position en flèche sur le nucléaire iranien. Que la France ait fait capoter à la dernière minute un accord que Netanyahou a qualifié de « mauvais », voilà qui fait débuter la visite de son président sous d’heureux auspices. On a entendu ici et là que les raisons de la position française sont « d’ordre intérieur ». C’est ignorer que Paris est depuis toujours à la pointe du combat contre le nucléaire militaire iranien.

S’y mêlent une hostilité tenace à l’égard de l’idéologie du régime des ayatollahs, des intérêts importants dans le Golfe, où la France a signé un traité de défense avec les Emirats arabes unis, et des souvenirs cuisants d’actes de terrorisme perpétrés, entre autres, en plein Paris, au milieu des années 80 – à l’époque, où, soit-dit en passant, Laurent Fabius était Premier ministre.

Et, surtout, des considérations stratégiques qui concernent la menace de prolifération nucléaire. La France n’empêchera pas la signature d’un accord avec les Iraniens ; mais elle fera en sorte qu’il soit moins « mauvais ».

Au total, une visite qui s’annonce réussie. Gageons que le Président Hollande sera mieux reçu à Jérusalem qu’à Ramallah, et mieux à Ramallah qu’à Paris.

Elie Barnavi est historien et essayiste, Professeur émérite d’histoire moderne à l’Université de Tel-Aviv, et ancien ambassadeur d’Israël en France.


Elie Barnavi/ I 24 NEWS Article original

TAGS : Hollande Netanyahou Diplomatie Iran Protocole

Pétrole Nucléaire Fordo khamenei Sarkozy

1 COMMENT

  1. voilà le double langague de ce leche babouches

    “Jérusalem doit devenir la capitale des 2 Etats si les négociations aboutissent” a dit le président français

    Le président français François Hollande a réclamé lundi à Ramallah l’arrêt “total et définitif” des constructions dans les implantations par Israël, lors d’une conférence de presse commune avec le président palestinien Mahmoud Abbas en Cisjordanie.

    “Pour parvenir à un accord (de paix israélo-palestinien), la France demande l’arrêt total et définitif de la colonisation”, a déclaré le chef de l’Etat français.

    M. Hollande a encore estimé que “la colonisation complique les négociations (de paix) et rend difficile la solution à deux Etats” israélien et palestinien vivant côte à côte. Il a appelé à une “solution réaliste” pour les réfugiés palestiniens, une autre pomme de discorde entre Israël et les Palestiniens.

    “Je témoigne de l’amitié entre la France et la Palestine”, a dit le président français en arabe. La veille, il avait prononcé la même phrase en hébreu à son arrivée à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv

  2. {{Qu’il visite Israël et qu’il ne raconte pas de conneries à son retour pour faire plaisir à son ” Fan Club ” de la Place Tahrir-Bastille ” .
    }}

    {{C’est un bidon complet .}}

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