Belgacom : comment l’Etat Belge collabore avec l’Iran

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BELGACOM SA (Groupe BELGACOM) développe ses activités internationales de « carrier » sous la marque BICS (Belgacom International Carrier Services) opérée par une filiale de Belgacom dont l’actionnariat est assuré par BELGACOM (57,6% – actionnaire majoritaire), SWISSCOM (22,4%) et MTN (20%). MTN est une société multinationale sud-africaine de télécommunications mobiles qui est actionnaire à hauteur de 49% dans MTN IRANCEL, aux côtés de IRAN ELECTRONIC DEVELOPMENT COMPANY (IEDC) (51%). IEDC est détenu par deux actionnaires, la Fondation MOSTAZAFAN et Iran Electronics Industries.

La Fondation MOSTAZAFAN est étroitement liée au Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (PASDARAN), organisation paramilitaire iranienne placée sur la liste des organisations terroristes.

MTN a été accusée (REUTERS) de fournir de la technologie de télécommunications à l’Iran via sa participation à MTN IRANCEL, malgré l’embargo international contre l’Iran.

MTN est accusé par un concurrent (TURKCEL : procédure judiciaire US en cours), d’avoir obtenu une licence télécom en Iran contre la promesse faite au gouvernement iranien de l’aider au développement de son programme nucléaire.

MTN est également accusé par les ONG de défense des Droits de l’homme d’avoir mis à disposition du gouvernement iranien sa technologie permettant de suivre et de localiser les utilisateurs de GSM et ce pendant les révoltes populaires contre le régime.

BELGACOM SA (dont l’Etat belge est actionnaire majoritaire avec 53,5% des parts) a donc fait entrer dans le capital d’une de ses filiales, un partenaire (MTN) collaborant avec une société liée aux Gardiens de la Révolution, et accusée d’avoir enfreint l’embargo international contre l’Iran ; a aidé ce pays à développer son industrie nucléaire et permis la répression d’opposants.

Le groupe MTN est une société multinationale sud-africaine basée à Johannesbourg œuvrant dans le domaine des télécommunications mobiles en Afrique, Europe et Moyen-Orient.

Dans le cadre de ses activités au Moyen-Orient, MTN a pénétré le domaine des télécommunications iraniennes en entrant dans le capital de MTN IRANCEL. MTN IRANCEL est sur le marché iranien la deuxième société de télécommunications mobiles.

Les actionnaires de MTN IRANCEL sont : Iran Electronic Development Company (IEDC) pour 51% et MTN International (Ile Maurice) Ltd pour 49%. IEDC compte deux actionnaires : la Fondation MOSTAZAFAN et Iran Electronics Industries appelée aussi SAIRAN, société d’état ayant accès aux contrats militaires. La Fondation MOSTAZAFAN OF ISLAMIC REVOLUTION est une fondation appartenant au corps des Gardiens de la Révolution Islamique qui compte 200.000 employés et 350 filiales.

Cette fondation est étroitement imbriquée dans le complexe militaro-industriel et participe activement au développement du programme nucléaire iranien et particulièrement, à la conception et à la production de missiles sol-sol porteurs d’ogives. C’est le corps des Gardiens de la Révolution Islamique qui fourni ses cadres supérieurs comme par exemple, l’ex-ministre de la Garde Révolutionnaire, Mohsen Rafighdoost, qui a dirigé la Fondation de 1989 à 1999 (aussi ancien chef de la sécurité de Khomeini en 1979).


Mohsen Rafighdoost

(Le corps des Gardiens de la révolution islamique (en persan : سپاه پاسداران انقلاب اسلامى, Sepah-e Pasdaran-e Enghelāb-e Eslami), souvent appelé Gardiens de la Révolution (abrégé GRI) ou Sepah-e Pasdaran – fréquemment abrégé en Pasdaran – est une organisation paramilitaire de la République islamique d’Iran dépendant directement du Guide de la révolution, le chef de l’état iranien. L’organisation est placée sur la liste des organisations terroristes. Ce corps pille l’économie iranienne depuis la chute du Shah. (4&5).

MTN est poursuivi en justice (US) par TURKCEL (Turquie) qui accuse MTN d’avoir, contre une promesse au gouvernement d’aide au développement du nucléaire, obtenu illégalement une licence télécom en Iran. L’action judiciaire est toujours en cours.

On peut lire sur le site de BELGACOM : « Belgacom a regroupé sous la marque BICS ses activités internationales de carrier. Cette coentreprise de Belgacom, Swisscom et MTN a récemment déployé ses réseaux de nouvelle génération qui lui permettent une flexibilité sans précédent. » Cet accord a été passé en décembre 2009 : « Belgacom a clôturé la transaction concernant l’association de ses International Carrier Services (BICS) avec les services internationaux de carrier de MTN. L’accord avait été annoncé fin juin. BICS intégrera progressivement MTN ICS, la filiale de fourniture de services de télécommunications internationales de MTN, et fonctionnera comme le prestataire de services officiel. Belgacom détiendra 57,6 % des actions de BICS, Swisscom 22,4 % et MTN 20 %, avec une représentation au conseil. » La participation de MTN au capital de la filiale BICS de BELGACOM n’est donc pas insignifiante.

MTN a été critiqué pour ses activités dans le secteur des télécommuni-cations iraniennes. L’ONG US UANI (United Against Nuclear Iran) et plusieurs ONG de défense des Droits de l’homme accusent MTN de mettre à disposition du gouvernement iranien sa technologie ce qui permet à celui-ci de tracer et localiser les GSM des utilisateurs iraniens et donc de réduire au silence les opposants.

Selon le Wall Street Journal, durant les manifestations de masse contre le pouvoir en place à l’occasion des élections iraniennes de 2009, la société chinoise HUAWEI a exécuté les ordres du gouvernement iranien au nom de son client MTN IRANCEL pour interrompre l’envoi de SMS et l’utilisation de SKYPE. Dans le même temps, les protestations ne diminuant pas, MTN IRANCEL a acquis des services technologiques permettant au gouvernement iranien de tracer et localiser les utilisateurs.

En août 2009, la société britannique CREATIVITY SOFTWARE, partenaire de HUAWEI a annoncé qu’elle avait remporté le contrat permettant de fournir à MTN IRANCEL la possibilité technique de pister les mobiles. En juin 2012, Reuters et la BBC ont rapporté les allégations de Chris KILOWAN, l’ancien CEO de la compagnie en Iran, selon qui le groupe MTN aurait obtenu la technologie de sécurisation des télécommunications de Sun Microsystems d’Hewlett-Packard et de CISCO SYSTEMS pour le compte de MTN IRANCEL, en violation des lois mettant l’Iran sous embargo. Ces allégations ont été démenties par HP et Sun Microsystems . Le groupe MTN a rejeté ces accusations sans pour autant produire des éléments permettant de les infirmer.

REUTER a cependant pu se procurer un document de 89 pages de MTN IRANCELL datant de 2008, qui montre sans ambigüité l’intérêt de l’opérateur de télécommunications iranien pour l’acquisition de technologie télécom sous embargo. Ce document énumère les services adjugés à HUAWEI TECHNOLOGIES Co au profit de MTN IRANCEL avec la mention : « This should include embargo items ».

Note : L’enquête de REUTERS (Ref 11) démontre, documents à l’appui, l’acquisition de technologies de télécommunications par MTN IRANCEL, technologies mises sous embargo par les Etats-Unis.

express.be Article original

bbc.co.uk Article original

moneyweb.co.za Article original

uk.reuters.com Article original

Centre d’étude de la Droite, Belgique.

1 COMMENT

  1. {{Le monde entier se gratte , il est envahi de ” puces ” .}}

    {{Tout çà , la faute à qui ?.}}

    {{Encore un de chez nous : Moreno .}}

    {{Même les belges n’y ont pas échappés .}}

    {{Ils peuvent toujours se consoler en mangeant des frites accompagnées d’une bonne bière des trappistes .}}

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