Attaque à Nairobi: le Kenya était averti de la menace par Israël

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Trois jours après la fin de l’attaque du centre commercial de Nairobi par les Shebab, des sources sécuritaires kenyanes assurent que le gouvernement avait été prévenu par Israël de la menace terroriste.
Le gouvernement kényan a été averti, notamment par Israël, d’un risque élevé d’attentat peu avant l’attaque le 21 septembre contre le centre commercial Westgate de Nairobi qui a fait au moins 67 morts, affirment samedi les principaux journaux kényans, une information confirmée de source sécuritaire.


Les forces spéciales kényanes combattent encore « un ou deux » assaillants islamistes cachés à l’intérieur du centre commercial Westgate, à Nairobi, ont indiqué des sources de sécurité à une correspondant de l’AFP sur place.
afp.com/Tony Karumba

Des ministres kényans et le chef de l’armée avaient reçu des informations prévenant d’un projet d’attaque de grande ampleur, écrivent samedi le quotidiens nationaux Daily Nation, Star et Standard, citant tous un rapport des services de renseignements kényans.

Selon le Nation, les ministères des Finances, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi que le chef de l’armée, avaient été avertis de ces menaces. « Ils ont été informés d’un risque élevé de terrorisme et de plans visant à lancer des attaques simultanées à Nairobi et Mombasa (sud-est) entre le 13 et le 20 septembre 2013″, indique le rapport des renseignements kényans, cité par le quotidien.

Le rapport ajoute qu’Israël, qui a des liens étroits avec le Kenya, notamment en matière sécuritaire, avait évoqué des projets d’attaques contre des intérêts israéliens en septembre, mois de vacances juives.

Le Westgate cité depuis longtemps comme une cible potentielle

Le Westgate est partiellement détenu par des capitaux israéliens et était depuis longtemps cité par les sociétés de sécurité comme une cible potentielle de groupes liés à Al-Qaïda. « L’ambassade israélienne à Nairobi a fait part de ses inquiétudes au ministère des Affaires étrangères à propos de l’Iran et du Hezbollah libanais, qui ont rassemblé des renseignements opérationnels (…) sur des cibles israéliennes et juives dans le monde, dont le Kenya« , indique encore le rapport cité par les journaux.

Les services israéliens jouent un rôle important dans l’enquête en cours sur l’attaque du Westgate. Le chef des services de renseignements, Michael Giganchi, doit être auditionné lundi par les parlementaires kényans, alors que l’opinion publique critique de plus en plus l’impréparation des autorités kényanes.

Le 21 septembre, un commando armé a attaqué à l’arme automatique et à la grenade le luxueux centre commercial Westgate de Nairobi, tuant des employés et des clients et s’y retranchant avec des otages. Au moins 67 personnes ont péri au cours de l’attaque puis du siège qui a pris fin lundi selon des sources sécuritaires. Les opérations militaires contre les assaillants ont été annoncées officiellement terminées mardi soir. Le carnage a été revendiqué par les insurgés islamistes somaliens shebab, liés à Al-Qaïda, qui l’ont expliqué comme des représailles à la présence militaire du Kenya en Somalie.

Avec AFP

Par LEXPRESS.fr, publié le 28/09/2013 à 11:23

lexpress.fr Article original

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Kenya: les dessous de l’attaque du Westgate à Nairobi

Comment les islamistes shebab ont-ils pu tenir quatre jours sans être à court d’armes? L’attaque du centre commercial était minutieusement préparée, et aurait été en partie facilitée par la corruption de certains employés.


Mardi, les forces armées continuaient à ratisser le centre commercial pour s’assurer qu’aucun assaillant n’y était caché.
Reuters/Noor Khamis

Comment l’attaque du Westgate à Nairobi a-t-elle pu se produire? Dix à quinze islamistes shebab ont en effet terrorisé et tué pendant plusieurs jours les clients et commerçants du centre commercial huppé pris en otage, faisant au moins 67 morts selon un bilan provisoire.

« Le plan a été mis en place des semaines ou des mois avant sur le sol somalien par une unité des opérations extérieures des shebab » affirme une source officielle dans le New York Times. Malgré tout, comment ont-ils pu combattre plus de quatre jours sans manquer d’armes? Pour éclairer cette question, le Financial Times (payant) cite un conseiller du gouvernement kényan: « Ils ont loué un magasin du centre commercial pour y faire entrer leur équipement« . Les armes y ont été amenées un jour ou deux avant l’attaque. Certains auraient même entreposé des vêtements pour fuir en civil, une option que les forces de sécurité n’excluent pas, selon le New York Times.

Corruption

Comme dans les films hollywoodiens, les plans du bâtiment ont été étudiés « jusque dans les conduits d’aération » , explique le quotidien américain. L’équipe d’anglophones a été triée sur le volet et a répété l’attaque avant d’être envoyée au Kenya. Selon des officiels américains cités pas le journal, ils devaient avoir un QG au Kenya pour finaliser l’opération et stocker leurs armes.

Comment traverser la frontière, se fournir en armes lourdes et les faire entrer dans un lieu sécurisé? La corruption pourrait en partie expliquer la réussite de l’attaque. Les gardes-frontières sous-payés ont pu se montrer peu regardants, avance le New York Times. De même, un employé du Westgate a pu se laisser corrompre pour faire entrer les armes dans le local loué.

Dès lundi, le Time pointait du doigt la «  corruption endémique et le manque de professionnalisme des forces de police  » et de la police aux frontières kényanes. Une corruption qui aurait pu permettre aux islamistes de louer ou acheter à des officiers des forces de sécurité les fusils d’assaut G3 utilisés durant l’attaque.

Le HK G3 est un fusil d’assaut développé par Heckler&Koch.
Il peut être considéré comme la Kalaschnikov occidentale. G3 signifie Gewehr 3, autrement dit « Fusil 3 » en allemand. Considéré comme ayant une grande fiabilité, le fusil a connu une grande diffusion dans les forces armées du tiers monde.

La comparaison avec la Kalaschnikov s’arrête là car contrairement à l’AK-47, c’est un fusil lourd et encombrant tirant une munition puissante.
Le G3 a été longuement produit et employé pour de nombreuses armées régulières dont l’Allemagne, l’Arabie saoudite, la Grèce, le Pakistan, l’Iran, la Turquie et le Portugal. Il a été adopté par une cinquantaine de pays pendant une quarantaine d’années. Les raisons de son succès, outre sa fiabilité et sa précision était qu’il était plus simple et moins cher à produire que ses concurrents. Son mécanisme d’action retardée et de verrouillage par galets sera appliqué à de nombreuses autres armes Heckler&Koch. »>Article original

Par LEXPRESS.fr, publié le 25/09/2013 à 12:05

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