Après les bombardements sur le sud du pays, l’échec politique

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L’absence de victimes israéliennes – et de dégâts notables – accroit la frustration des terroristes du Djihad islamique et des Comités de la résistance populaire- PRC – dont le leader a été éliminé vendredi dernier par l’armée israélienne alors qu’il préparait un attentat.

Mais l’échec des tirs massifs sur le sud d’Israël durant ces quatre derniers jours ne sont pas la seule raison de la déconvenue des organisations terroristes.

Cette escalade de la violence n’a fait aucune percée politique dans le monde arabe, ce qui n’est pas le scénario habituel.

Dans le passé, ces groupes ont été habitués à ce que chaque riposte israélienne provoque une réponse et une condamnation immédiates des gouvernements arabes.

Un de « leurs patrons », Bashar al Assad, leur a volé la vedette en focalisant les initiatives diplomatiques arabes sur la situation en Syrie.

Dans les médias arabes, la situation entre Israël et la bande de gaza n’a occupé que la troisième ou quatrième place dans l’actualité des quatre derniers jours, alors que les morts dans les rues de Syrie faisaient « la une », en particulier après les derniers massacres de civils à Homs.

Sur les chaines de télévision les plus suivies du monde arabe, Al-Arabiya et Al Jazeera, les images de ces massacres tournaient en boucle, reléguant tirs de roquettes et ripostes israélienne au rang des informations secondaires.

Pourtant, l’escalade provoquée par les deux organisations terroristes n’avait d’objectifs que politique.

Les Comités de la résistance populaire ont été décapités après l’élimination de leur secrétaire général, Zuhair al-Qaissi, alors que lui-même remplaçait depuis aout seulement, Kamal al-Naireb, également éliminé par Israël.

La décision de ne pas désigner de nouveau secrétaire général n’est pas une manifestation de la pudeur du deuil, mais l’expression d’un vacuum politique; les PRC doivent donc prouver qu’ils continuent d’exister et d’agir; sans leadership, leurs membres les quitteront.

L’affrontement avec Israël tient aussi à la question de l’équilibre des forces en présence dans la bande de Gaza.

Alors que PRC et Hamas agissaient « de concert » par le passé, l’armée israélienne concède que les tirs ont été lancés sans tenir compte de l’avis du Hamas qui –englué dans des problèmes d’alliances et de leadership- a clairement opté pour une « période de calme ».

Il en est de même du Djihad islamique qui a voulu montrer aux palestiniens sa puissance de feu, alors que ses porte-paroles n’ont eu de cesse ces derniers jours de tacler le Hamas qu’il accuse ouvertement d’avoir abandonné « la résistance contre Israël, et la lutte contre l’Ennemi sioniste ».

Si le leadership politique du Hamas a rompu ses liens avec Damas, la direction du Djihad islamique est, elle, toujours bien installée en Syrie où elle apporte un soutien politique sans failles au régime de Bashar Al-Assad.

De même, alors que les liens entre Hamas et Iran se sont distendus, Téhéran a encouragé les leaders du Djihad –notamment Ramadan Shallah son secrétaire général, installé à damas – a intensifier leurs bombardements sur Israël pour détourner l’attention du dossier du nucléaire iranien.

Il est d’ailleurs fort probable que l’organisation terroriste bénéficie désormais du soutien financier et en armes qui abreuvaient jusqu’à il y a peu, le Hamas.

Enfin, et c’est la seule raison qui concernait véritablement Israël, en tentant d’infliger des pertes en vies humaines, en espérant provoquer d’importants dégâts matériels dans le pays, les deux organisations terroristes voulaient que le gouvernement israélien réfléchisse à deux fois avant de poursuivre l’élimination de leurs leaders.

La encore, ils ont probablement échoué.

Gerard Fredj

15-03-2012

http://www.jerusalemplus.tv/index.php?option=com_content&task=view&id=12539&Itemid=218

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