Après la levée de l’embargo: réflexions, par A.Nahum

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L’union Européenne a donc décidé après moult hésitations de lever l’embargo sur les armes à destination des insurgés syriens.

Ceux-ci sont actuelement en grande difficulté et l’armée de Bachar Al Assad appuyée par les miliciens les plus aguerris du Hezbollah ne cesse de marquer des points.La bataille de Qusseir qui aurait déjà couté près de 150 morts au Hezbollah n’est pas encore terminée mais tourne à leur avantager

Une victoire du « parti de Dieu » mettrait son étoile au zenith.

Sa defaite sonnerait probablement le glas de l’axe chiite qu’il constitue avec l’Iran et la Syrie

Ce qui explique la décision de Bruxelles à laquelle les Russes n’ont pas tardé à répondre en confirmant la livraison à l’armée syrienne des redoutables missiles sol-air qu’elle lui avait commandés.

Mais quand l’Europe décide la levée de l’embargo, est-ce seulement pour rétablir un certain équilibre ou pour fournir à la rébellion un matériel offensif en qualité et en quantité aptes à retourner la situation en sa faveur?

Ce qu’elle ne pourrait faire que lorsque sera levée l’hypothèque salafiste et qu’on sera certain que ces armes ne se retourneront pas un jour contre elle ou contre ses alliés.

C’est-à-dire lorsque les rebelles auront mis de l‘ordre dans leurs rangs et balayé devant leur porte..

Il est évident que l’Occident et ses alliés arabes ont tout interet à renverser Assad, mais si c’est au prix de l’installation à Damas d’un régime salafiste djihadiste, l’opération serait desastreuse.

Les images vues hier à la télé de la ville d’Alep devenue fief islamiste donnent à réfléchir et font peur.

Pour être logique, il faudrait fournir en armes sophistiquées les rebelles qui affrontent le Hezbollah puis les inciter à prendre leurs distances avec les mouvements salafistes djihadistes dont apparemment même les gouvernements islamistes ne veulent plus..

L’Egypte et surtout la Tunisie, viennent de donner l’exemple en s’attaquant violemment à ces dangereux fous de Dieu.

Confrontés à la réalité du pouvoir, ils ont pris leurs distances avec ces alliés encombrants.

Pour que les Occidentaux s’engagent en force à leurs cotés, les insurgés devront combattre sur deux fronts, c’est à dire dans le même temps contre l’armée syrienne et le Hezbollah et se débarrasser des djihadistes accourus du monde entier, pour gagner leur place au paradis.

C’est à ce prix seulement et s’ils s’organisent en une structure crédible qu’ils pourront forcer la main des Occidentaux, et espérer la victoire.

Mission, impossible ?

Peut-être.

Mais les Nations occidentales n’ont plus droit à l’erreur.

Mercredi 29 Mai 2013

André Nahum

TAGS : Syrie Hezbollah Embargo Armes UE Salafistes Alep

Qusseir

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