« Adieu ma France… Tu n’es plus celle que j’ai connue – Général Bigeard

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Alors, la France est elle prête à l’affrontement ? J’ai bien peur que non. Et cela pour plusieurs raisons. La toute première, c’est que la France n’est plus une société homogène et structurée. Le corps social du pays n’est plus sain. Qu’est ce qu’un corps social sain ? Une population qui sait conserver la mémoire du passé et des combats collectifs qui ont été menés. Ce n’est plus le cas de notre pays. La transmission ne se fait plus et les commémorations les plus solennelles font plutôt rire qu’autre chose.
Qu’il s’agisse de la fête nationale, le 14 Juillet, ou du souvenir des deux guerres mondiales, le 11 novembre et le 8 mai, de la guerre d’Indochine, ou de celle d’Algérie, de moins en moins de Français se sentent concernés.

Je souhaite vivre encore dans une société française fière de ses racines et de sa spécificité. Et ce n’est pas une question de couleur de peau. C’est une question d’état d’esprit, d’attitude. Aujourd’hui, défendre l’identité française vous fait souvent suspecter d’être un suppôt du Front national, ce qui n’est absolument pas le cas en ce qui me concerne. J’ai du respect pour un Le Pen, tout comme pour Arlette Laguillier parce que tous deux sont adeptes de ma devise  » Être et durer  » !

La seule protection réellement efficace qui vaille, c’est de sortir la France de son inertie, de sa surdité et de son aveuglement.

Je ne cesse de l’écrire tout au long de ces pages, la France est entrée dans un processus de déliquescence. J’ai l’impression tenace que, si le cours des choses ne change pas radicalement, le pays va à sa perte. Qu’il est en voie de désagrégation et que ce n’est pas son identité seule qui est menacée, mais bel et bien jusqu’à son existence. Et je le répète, sans craindre de lasser le lecteur, la France va traverser une crise très profonde, à la fois politique, économique et surtout, morale.

C’est donc à un réarmement moral du pays que je veux appeler en rédigeant ces pages, afin de conjurer la menace qui risque de nous engloutir corps et biens. Je pourrais, sur les affaires, rédiger des livres entiers. Mais en résumé, que faut il retenir de ce constat ? Tout simplement que, pour sortir la France de sa torpeur, l’une des toutes premières conditions est de restaurer la morale publique dans le pays.

Morale publique sans laquelle rien ne peut être fait de durable, car les Français n’ont plus confiance dans les hommes qui les gouvernent actuellement. Ils les prennent pour des margoulins et croient que ces responsables politiques pensent d’abord à eux, avant de se soucier du bien commun et du sort de leurs concitoyens.

Nos dirigeants doivent être des gens propres, irréprochables, ce ne sera qu’à cette seule condition qu’on pourra au moins les écouter et les prendre au sérieux.

La démission est allée trop loin, dans tous les domaines, pour que la France n’ait pas besoin d’un choc salvateur, susceptible de lui permettre de retrouver sa vraie vocation.

« Nous sommes dans la merde, mais ce n’est pas une raison pour la remuer. » Marcel Bigeard « >Article original

Bigeard toujours … A (re)lire absolument :

J’ai mal à la France

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Immigration

Si un immigré a, bien entendu, des droits, il a aussi des devoirs et l’immigré qui ne veut pas s’intégrer à la culture de son pays d’accueil ne fait que scier la branche sur laquelle, pourtant, il veut s’asseoir. Je reviens sur ma consternation le soir du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002, lorsque j’ai vu une cohorte de jeunes des banlieues, issus de l’immigration maghrébine, brandir et agiter fièrement, place de la République, devant le couple Chirac, des drapeaux algérien et marocain.

Je reviens sur cet événement car cette image, en quelque sorte, résume tout. L’oubli du patriotisme et la disparition de l’identité française. Le danger que fait peser sur l’avenir de notre pays le refus de s’intégrer de millions d’immigrés, ou de leur progéniture. La perte de prestige moral d’une fonction dont le titulaire devrait pourtant être au dessus de tout soupçon. Et aussi, bien sûr, la confusion des valeurs dans un pays qui va à vau l’eau, que plus rien ne structure de manière cohérente, qui semble ne plus avoir d’avenir en tant que nation.

Je reviens également sur l’ascendant que prend, chaque jour un peu plus, l’islam dans notre pays, mais surtout l’islamisme. Qui aurait pu prévoir cela dans ma jeunesse ? Qui aurait imaginé le bouleversement de notre nation ? La nation est, pour moi, une idée essentielle, fondatrice dans la vie en commun d’un pays. On bâtit un État à partir d’un sentiment national, partagé par les habitants du pays considéré.

Terrorisme islamiste

Arrêtons-nous encore sur le problème du terrorisme islamiste : L’Europe, l’Europe des 25, croit être une forteresse imprenable, tellement bien défendue qu’aucun danger ne peut la menacer. Elle est fière de sa puissance économique, de sa richesse, du niveau de vie de ses habitants, de ses institutions politiques, des démocraties qui fonctionnent plutôt bien, même si évidemment beaucoup de choses sont perfectibles.

Eh bien l’Europe, ce colosse aux pieds d’argile, ce « tigre de papier  » comme diraient les Chinois, se trompe. Elle est en guerre, déjà, mais elle ne veut pas le voir, elle ne veut pas le savoir. Elle se croit protégée, prémunie contre toute attaque et refuse de se confronter à la réalité des faits.

Or cette réalité, c’est qu’elle est encerclée, infiltrée. Une guerre sournoise de subversion souterraine s’insinue un peu plus chaque jour. Pour ne pas en être conscient, il faudrait être aveugle ou stupide. Faut il rappeler le nombre de réseaux islamistes qui trouvent en Europe des bases arrière accueillantes et complaisantes ? J’en ai déjà parlé dans certains chapitres précédents. Et si j’aborde à nouveau ce thème en fin de livre, c’est pour bien insister sur l’ampleur de ce danger car j’ai souvent l’impression que les Français ne veulent pas y prêter attention. Un peu la politique de l’autruche : on ne veut pas regarder en face, la menace qui plane.

Repentance

La France est la risée du monde entier. Et parmi nos attitudes, pour le moins discutables, parmi les nombreuses  » repentances « , comme on jargonne aujourd’hui, la plus récente vaut le détour.

C’était à Madagascar, un pays que je connais bien pour y avoir vécu lorsque je commandais les forces françaises de l’océan Indien. En visite officielle dans ce pays, en juillet 2005, Chirac a présenté les excuses de la France pour la répression musclée de l’insurrection de 1947, répression que je me refuse à qualifier de « massacres ». Cela donnait, dans le texte : « Il faut évoquer les pages sombres de notre histoire commune et avoir conscience du caractère inacceptable des répressions engendrées par les dérives du système colonial.  »

Mais pourquoi aller se coucher comme ça, alors que tout le monde sait qu’il s’agissait d’une autre époque ? Pourquoi éprouver le besoin de se repentir, quand les autres ne le font pas, quand les autres, de plus, ne l’exigent pas et comprennent mieux la situation que nous ne la comprenons nous mêmes ?

La réponse du président malgache Ravalomanana en est la meilleure preuve :  » C’est du passé. Je suis né en 1949, et non en 1947. Je pense à l’avenir. Ce n’est pas une source de blocage pour travailler ensemble.  » (…)

« Extrait de la Guerre d’Indochine 1945-1954

A cette époque où, selon mon indicatif radio, je devenais Bruno, je ne savais pas encore que nous vivions les plus belles années de notre vie. Les plus belles parce que les plus dures. Elles étaient aussi les années les plus amicales, les plus orgueilleuses, et les plus solitaires :

Les plus amicales parce que nous étions, à la vie, à la mort, entre camarades ;

Les plus orgueilleuses parce que jamais autant nous n’aurions la fierté de notre tenue et de notre uniforme.

Les plus solitaires enfin, parce que nous menions en des terres lointaines un combat d’idéal, aussi ignoré de la métropole que celui des Croisés de la première croisade, il y a neuf cents ans, quand le moine Bruno, mon saint patron à la guerre, fondait l’ordre des Chartreux.

Oui, les camarades parachutistes, les solitaires parachutistes, les orgueilleux parachutistes étaient alors portés par un destin semblable à celui des Croisés ou à celui des moines, des moines guerriers, des Templiers.

Et j’imagine que, nonobstant l’armure, les chevaliers du Temple n’auraient pas été mécontents de sauter sur Jérusalem en arrivant du ciel, comme nous allions le faire tant de fois, de la RC 4 à la Plaine des Joncs, et de la Rue sans Joie à Ðiên-Biên-Phu.

Je crois que c’est en effet l’esprit – du moins un certain esprit, une certaine idée de nous-mêmes – qui nous permettait de nous manifester ainsi, au plus fort des combats. On sait contre quoi, contre qui nous combattions : Contre un monde opposé à celui de l’esprit. Et puis, il y avait en nous autant de secrète vigueur de venir au feu en tombant du ciel qu’en parcourant des lieues à travers la jungle, la rizière ou la montagne. L’esprit nous animait.

L’esprit, d’abord, du dépassement de soi. J’ai vu combien de garçons de vingt ans, ou même de trente, s’agripper à la carlingue et sauter dans l’inconnu mortel alors que, deux ou trois heures auparavant, ils se trouvaient encore à Hanoï dans l’insouciance ou les plaisirs de quelque lieu de détente ! Et j’en ai vu combien marcher sur la piste jusqu’à l’épuisement ou courir à l’assaut jusqu’à la chute ! Je le dis : une telle vigueur physique n’est pas possible sans une ardeur morale. Jogging, certes, mais jogging avant tout du caractère et du courage.

Aller ainsi jusqu’au bout de soi, cela s’appelle l’abnégation, cela s’appelle l’esprit de sacrifice, et cela signifie que l’on défie la mort en combat singulier, la mort qui est autour de nous tous. Je les salue, mes camarades parachutistes qui l’ont rencontrée sans peur. Leur mort est à jamais notre mérite.

L’esprit d’équipe ensuite, l’esprit de camaraderie. On dira peut-être esprit de caste, de clan, de corps. Soit, si cela veut dire que l’on a la volonté d’être les meilleurs et que cela ne vous est pas donné par quelque grâce d’état ou d’uniforme.

Oui, nous osions espérer être les meilleurs, mais les meilleurs parmi nos égaux, nos frères d’arme. Et, s’il y a caste du combat, clan de guerriers, si le parachutiste veut encore être aujourd’hui ce primus inter pares, c’est surtout à l’Indochine que nous le devons. Après la Bretagne ou la Hollande, avant Suez ou Timimoun, et aussi avant Kolwezi, il y eut l’Indochine : That Khé, Tu Lé ou Ðiên-biên-phu furent les creusets où se forgèrent l’esprit, la geste et la chevalerie parachutistes.

Esprit français enfin. Cet esprit para qui devait jaillir du ciel d’Indochine, comme une corolle, a-t-on remarqué qu’il était particulièrement représentatif de ce que le soldat français a toujours eu de meilleur en comparaison de tous les autres ?

L’astuce et la fougue, l’audace et la furia francese, l’intelligence du combat, le sens du terrain, le flair du danger, le goût de la manœuvre, la souplesse de l’approche, tout cela qui rend le parachutiste français le plus para des aéroportés, là aussi ce primus inter pares parmi nos camarades du monde entier, tout cela naquit de la guerre d’Indochine.

J’ai souvent dit ou écrit, il faut « être et durer » ou encore  » faire un pas… encore un pas  » et savoir repartir à zéro.

Le vieux soldat que je suis devenu essaie de continuer à servir en puisant certes dans son passé, mais en ayant le regard fixé sur ce que pourrait être demain, et où là comme ailleurs les paras qui furent toute ma vie sauront défendre une liberté qui n’a pas de prix.

Marcel BIGEARD

1 COMMENT

  1. Je viens de lire ces lignes émouvantes et, larmes aux yeux, je me lève et…. »Mon Général,je vous salue! »
    Je me souviend de vous, colonel en tréhi et casquète barriolés, à la tête de vos Paras dans les escaliers du cimetière El Quétar dans les hauteurs d’Alger à la recherche de Fellagahs du FLN. J’étais alors un adoslecent et vous était mon Idole. Maintenant, après cette lecture………..vous l’êtes toujours!

  2. Très émouvant, votre appel ne laisse pas indifférent et son ECOUTE ravive le courage car le dilemme pour la plupart d’entre nous sera{{ soit de partir et se battre, soit de rester et se battre}}.
    Aussi votre appel à la force morale sera surement relayé .

    Outre les excuses inutiles, et insultantes pour ceux qui ont été envoyés sur le front Algérien, depuis les généraux jusqu’aux aux appelés et engagés volontaires aux ordres de la France, ce déni de colonialisation, a servi de prétexte à un déni de conscription, et finalement une capitulation.
    C’est là l’irréparable qui conduit aujourd’hui la jeunesse en mal d’idéal, à passivement s’ automutiler en « Insurgé » de la rue.
    Je comprends donc la déception qui se lit dans votre titre, mais je me prends à espérer,que nous connaîtrons une France en sursaut, si elle sait , à temps, relire aussi le préambule du projet constitutionnel Européen, dans ses principes.
    Car si certains  » jeunes » savent bien utiliser à leur profit nos Textes les plus magnanimes, nos enfants trouveraient dans ce préambule une bouée de sauvetage, puissent les enseignants le leur faire aimer ! afin qu’ils aient envie de construire leurs voies de Liberté à travers votre récit poétique et épique.

  3. Ne m’appellez plus jamais France. Appelez moi Mohammad ou Ahmed. La France elle nous a laisse tombe. Pour que les Juifs se refugie en Israel.

    Adieu Adieu la France Adieu Adieu Marianne. Il est temps de pleurer de rire de pleurer de rire.Tu n’es plus celle que j’ai connue .
    J’aimais tant vivre en France. Mais tu me faisais tant oublier. J’oubliais de prier pour les anges. Et les anges oubliaient de prier pour nous

    Adieu Adieu la France Adieu Adieu Marianne. Il est temps de pleurer de rire de pleurer de rire. Tu n’es plus celle que j’ai connue.

  4. Voilà ce que j’écrivais quelques mois avant mon Alyah (en Novembre 2004) :

    {France je vais partir

    France je vais partir, pourtant si tu savais

    Comme j’aime tes parcs, tes villes, tes villages,

    La verdure des champs et l’odeur de tes prés,

    Chacun de tes trésors en tous tes paysages.

    .

    France je t’ai aimée, au delà des parcours,

    Comme on aime une femme et respecte sa mère,

    Pourtant je vais partir, en profonds désamours ;

    Face à l’indifférence en nos cris de colère.

    .

    Terre de liberté où l’on vient agresser,

    Quand on porte à son cou six branches d’une étoile ;

    Et la fraternité ? Quand on vient insulter

    Un gosse en son école, en respectant le voile.

    .

    Ma France je m’en vais, pourtant j’écris en vers

    Et j’ai fait du théâtre en langue de Molière,

    Tu le sais en ton cœur, ta toile d’univers,

    Je t’ai peinte en mes mots et gravée sur ma pierre.

    .

    France je vais partir, et toi tu le sais bien

    Comme j’aime Paris que j’ai mis en mes lignes,

    En chaque coin de rue j’y ai tissé un lien,

    Ses places, monuments , Montmartre et ses vignes.

    .

    Et si je vais partir, oubliant notre exil,

    Car c’est bien le dernier, vers ma Terre Promise,

    Tu sais, ne t’en fais pas je garderai ce fil,

    Qui reste au fond de soi quand on se dépayse.}

    .

    23 Avril 2004

    © Charly Lellouche

  5. je suis surpris de lire enfin , un article vraiement serieux . Écrit et pensÉ , par un vraie citoyen , qui veut rendre À la douce France sa raison d’Étre ! sa raison d’Éxister pour les jeunes francais d’aujourd’hui .
    je ne suis pas citoyen francais , mais citoyen de cœur , pour la langue et culture francaise , qui ont ÉduquÉ tous ces colonisÉs de jadis . Certe , la france À colonisÉ et fais beaucoup de bÉtises . Mais la france a ÉduquÉ aussi et par cela , a fait sortir , ces indigÉnes de l’ignorance et avancer vers le monde moderne . Aujourd’ui ,la merveilleuse France , se laisse colonisÉr par ceux qui viennent demander ASILE a cette mÉre patrie . l’europe sans la france des valeurs ,ira a la dÉrive …
    Aussi faut-il penser , faire un retour aux idÉes , aux valeurs , de la LibertÉ , ÉgalitÉ , FraternitÉ … Il y a « tsunamie » de l’Islam en europe !
    Ce n’est pas du printemps arabe ,qui va donner le printemps de la LibertÉ chÉrie , que toute personne normale voudra pour l’avenir de ses enfants !
    Pour cela ,il faudra faire respecter les lois de la contitution de la republique . Arretez de fermer les yeux de ce qui ce passe en metropole ! tout simplement ,realiser la loi pure et simple .Il faudra lutter ,comme a la guere ,avec courage et perseverance . PUISQU’IL nous font cette guere sournoise sans la declarer !

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